Et si la COVID-19 nous forçait à réinventer le monde?

Publié le 31/03/2020 à 10:31

Et si la COVID-19 nous forçait à réinventer le monde?

Publié le 31/03/2020 à 10:31

Des tablettes vides dans une épicerie.

La présente crise montre l'importance des travailleurs des «services essentiels», comme les employés des épiceries. (Photo: 123RF)

BLOGUE INVITÉ. Il y a exactement une semaine, j’écrivais dans ma dernière chronique que nous étions dans une guerre mondiale qui avait déjà fait près de 400 000 victimes dont 20 000 morts. Hélas, le combat fait toujours rage. Sept petits jours plus tard, le bilan a doublé et fait maintenant état de près de 800 000 victimes et 40 000 morts…

Après la Chine et certains pays d’Europe tels l’Italie ou l’Espagne, l’épicentre de la pandémie semble se diriger tout droit vers nos voisins du Sud. Tristement, selon les propres mots du Président Trump et de son conseiller principal, le directeur de l’institut national des maladies infectieuses américain, le Dr. Anthony Fauci, les États-Unis s’attendent maintenant à un véritable carnage pouvant atteindre les 200 000 morts (vous avez bien lu), aux États-Unis seulement!

L’après COVID-19 est déjà dans la tête de plusieurs. Face à cette catastrophe humanitaire, nous sortirons tous de cette expérience avec une vision du monde certainement bien différente de celle que nous avions il y a à peine quelques mois.

L’histoire nous démontre qu’après chaque grande crise majeure mondiale, la vie reprend son fil. Bien que nous sommes encore en plein cœur de la tempête, nous savons déjà que les restaurants, bars et commerces vont rouvrir, que des millions d’entre nous retournerons au bureau, à l’école ou à la garderie et que, finalement, les travailleurs de la santé et des entreprises de services essentiels pourront enfin prendre du repos et ne pas craindre pour leur vie à chaque fois qu’ils se présentent au travail.

La vie reprendra son fil, mais quelle vie? Après quelques mois où le stress d’être infecté par un virus ne sera jamais très loin dans notre pensée, va-t-on recommencer comme si rien ne s’était passé? Allons-nous toujours autant voyager, donner la main, faire la bise, visiter des pays tels la Chine, l’Italie ou même la ville de New York?

Pour ce qui concerne le monde des affaires, je pressens une petite révolution. On ne connait pas encore exactement les dommages de cette crise sur nos entreprises. Cependant, tristement, le cimetière corporatif pourrait se remplir rapidement.

L’industrie de la restauration, déjà réputée pour ses très petites marges; l’industrie du voyage, notamment les croisiéristes; le commerce au détail, déjà mal en point et, surtout, des centaines de milliers de PME auront énormément de problème à sortir, voire à survivre à cette crise.

De l’autre côté, certaines entreprises auront «profité» largement de cette crise... sans même l’avoir cherché. Pensons aux services de livraison à domicile, aux producteurs de désinfectant de toutes sortes, aux plateformes de communication en ligne pour le télétravail. Sans oublier les entreprises de repas préparés qui offrent l’idéal du moment: nourriture et distanciation sociale dans une boîte livrée à la porte de votre domicile sans aucun contact humain.

Les cicatrices financières et psychologiques se feront sentir encore longtemps. Personne ne peut prédire le futur, cependant, mon instinct me dit que celui-ci sera bien différent de notre présent.

Pour ma part, j’espère que ce confinement nous fera réfléchir sur la société de demain. J’espère que nous reconnaîtrons, enfin, à leur juste valeur, les employés de soutien dans le milieu hospitalier tels les préposés à la salubrité, les camionneurs, les caissières d’épiceries, les employés de résidence pour personnes âgées.

La crise montre aussi l’importance d’encourager, avec notre portefeuille, les entreprises d’ici. Pas juste le temps d’une crise, mais pour toujours.

 

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaire sans trop savoir ce que c’était. Je suis devenu un entrepreneur sans aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais. Je suis maintenant le dirigeant d’une entreprise qui a le vent dans les voiles. Après avoir complété mon baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et surtout après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaire (dans l’univers de la restauration), j’ai décidé de me lancer dans la production de vodka… sans trop savoir ce que je faisais ! À travers ce blogue, je vais vous amener dans les coulisses de l’entrepreneuriat, dans l’antichambre du succès. Une réalité partagée par des milliers de jeunes et moins jeunes entrepreneurs, une réalité qui gagnerait à être partagée !

Nicolas Duvernois