Et si j'étais une femme entrepreneure?

Publié le 04/02/2020 à 12:23

Et si j'étais une femme entrepreneure?

Publié le 04/02/2020 à 12:23

Deux femmes devant un écran d'ordinateur.

(Photo: 123RF)

BLOGUE INVITÉ. La semaine dernière, j’ai participé à deux évènements portant sur l’entrepreneuriat féminin. Le premier était la toute première journée entièrement consacrée sur le sujet organisée par le Gouvernement du Québec. Pour le deuxième, nous avons été invités, mon épouse Karolyne et moi, à un dîner-conférence organisé par le Réseau des mères en affaires afin de partager notre parcours entrepreneurial. 

Le sujet me tient particulièrement à cœur. Ayant fondé mon entreprise avec ma femme et étant papa de deux jeunes filles, j’étais honoré d’être parmi les trois hommes invités lors de l’évènement organisé par le Ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec. En présence de plus de 70 femmes d’affaires et entrepreneures ainsi que de quatre ministres, nous avons échangé sans détours et sans tabous sur les différents défis propres à l’entrepreneuriat féminin.

Défis lors de la maternité, manque de financement pour les entrepreneures sociales ou pour les entrepreneures de plus de 50 ans, inéquité encore présente des chances dans l’univers corporatif, financier et dans le capital de risque… Bref, sans langue de bois, cette première journée fut parfaite afin d’amorcer une réelle réflexion.

Comme je le dis souvent, malheureusement en affaires, les hommes et les femmes jouent le même sport, mais pas avec les mêmes règles. 

Le dîner-conférence fut tout aussi intéressant, mais ô combien différent! Moins formel et protocolaire, la discussion pris une autre tangente extrêmement intéressante, celle de la charge mentale et surtout du rôle des hommes envers les femmes entrepreneures.

Encore en 2020, certaines de ces femmes d’affaires vivent au quotidien de la discrimination en raison de leur genre. L’une d’entre elles, pas plus tard que la semaine dernière, s’était fait demander par son directeur de compte si son mari allait se joindre à la rencontre. Une autre s’était fait dire à ses débuts, par son propre mari, qu’elle devrait plutôt essayer de se trouver «une vraie job» plutôt que de se lancer en affaires!

Je me rappelle d’une fois en particulier où j’ai ressenti cette fameuse discrimination entrepreneuriale. Nous étions dans un évènement lorsque lors d’une discussion anodine, une personne a dit, à la blague, que mon épouse Karolyne n’était avec moi que pour mon argent!

Sans mots, ni moi, ni Karo n’avons su quoi dire. J’ai eu seul l’idée de me lancer dans la vodka, mais Karolyne, du haut de ses 21 ans, a sauté dans l’aventure dès la première seconde. Nous étions ensemble depuis à peine quelques semaines quand elle a fait ce choix. À mes yeux, Karo est autant entrepreneure que moi.

Lors des quatre années suivantes, c’est grâce à Karo que j’ai pu survivre. Je travaillais à l’hôpital pour financer notre projet, alors qu’elle travaillait dans la restauration pour nous faire vivre. Elle a suivi en parallèle des cours en gestion d’entreprise et en sommellerie afin de nous aider à réussir en affaires. Karo était là pour tout sauf pour mon argent, je n’en avais tout simplement pas.

Si j’étais une femme entrepreneure, je me battrais au quotidien afin de me faire respecter. Respecter mes droits, mes différences, mon statut. Vu que je ne vivrai jamais cette réalité, c’est en tant que fils d’une mère qui a toujours cru en moi, frère d’une sœur qui m’a tout donné, mari d’une entrepreneure exceptionnelle et, surtout, papa de deux filles, que je vais tout faire afin de me battre, à leurs côtés, pour cette égalité des chances.

Le sujet est intéressant, l’avenir est prometteur, maintenant c’est le temps d’agir !

 

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaire sans trop savoir ce que c’était. Je suis devenu un entrepreneur sans aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais. Je suis maintenant le dirigeant d’une entreprise qui a le vent dans les voiles. Après avoir complété mon baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et surtout après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaire (dans l’univers de la restauration), j’ai décidé de me lancer dans la production de vodka… sans trop savoir ce que je faisais ! À travers ce blogue, je vais vous amener dans les coulisses de l’entrepreneuriat, dans l’antichambre du succès. Une réalité partagée par des milliers de jeunes et moins jeunes entrepreneurs, une réalité qui gagnerait à être partagée !

Nicolas Duvernois