Est-ce que l'entrepreneuriat s'apprend à l'école?

Publié le 13/04/2016 à 15:31

Est-ce que l'entrepreneuriat s'apprend à l'école?

Publié le 13/04/2016 à 15:31

«As-tu étudié pour devenir entrepreneur ?» Ça doit être l’une des questions que l’on me pose le plus souvent. La question est simple, mais la réponse, beaucoup moins.

Pour la petite histoire, j’ai découvert l’entrepreneuriat en étudiant à l’Université de Montréal… en science politique ! C’est drôle à dire, mais je n’avais jamais pensé à me lancer en affaires avant. Mon père était lui-même entrepreneur au début des années 1980 avant de changer de carrière, mais je n’avais jamais songé à l’imiter. Au secondaire, il fallait choisir un métier : avocat, ingénieur (le rêve de ma mère !), historien, philosophe,… bref tout, sauf entrepreneur.

Au cégep, j’étais dans un programme sport-étude. Ma concentration était davantage portée vers le sport que sur les études. C’est donc à l’université, en lisant des articles sur des histoires entrepreneuriales, que j’ai eu le coup de foudre. Le fait de pouvoir bâtir une entreprise avec une simple idée me semblait magique.

Dès ma première année de baccalauréat, je savais que j’allais devenir entrepreneur. En 2005, vouloir être entrepreneur n’était pas à la mode comme aujourd’hui. Je devais bien être le seul dans mon cercle élargi à rêver de me lancer en affaires.

En finissant mes études, je me suis dit que je devrais aller chercher quelques connaissances avant de faire le saut. Je me suis inscrit au diplôme d’études supérieures en gestion (DESS) aux HEC afin d’acquérir une base sur le monde des affaires. Je ne savais pas ce qu’était un plan d’affaires, ni des états financiers ! Mais j’ai été refusé à cause des mes notes en science po.

J’ai donc décidé de foncer sans plus attendre.

La langue française est complexe, mais ce que je préfère le plus est que chaque mot explique à merveille ce qu’il veut dire. «Se lancer en affaires.» Y a-t-il un résultat moins certain que lorsqu’on lance quelque chose ? Eh bien, disons que j’ai manqué la cible la première fois. Je me suis aventuré dans une industrie que je ne connaissais pas, alors l’expérience s’est terminée de manière catastrophique.

À ma deuxième tentative, le résultat a été très différent, mais le chemin pour l’atteindre s’est avéré complexe. Durant les quatre années de développement, où je travaillais à l’hôpital Ste-Justine pour financer mon rêve, j’ai essayé à trois reprises, dans trois universités différentes, d’être admis à la maîtrise en administration des affaires (MBA) afin de parfaire mes connaissances en affaires.

Il n’y avait rien à faire. Malgré les succès que connaissait ma compagnie, malgré les lettres de recommandation de gens d’affaires importants du Québec, ma fameuse moyenne obtenue en sciences politiques des années auparavant me bloquait toutes les portes !

C’est ironique. Tout ce que je voulais, c’était parfaire mes connaissances afin de devenir un meilleur entrepreneur. Et à cause de notes insatisfaisantes obtenues des années plus tôt lors de cours de géographie d’Asie du Sud-est ou de démographie du Cameroun, on me refusait ce savoir !

Cette histoire, c’est également l’histoire de nombreux entrepreneurs qui se sont vu refuser l'accès savoir pour une raison ou une autre. Je ne sais pas si un DESS ou un MBA leur aurait permis d’être de meilleurs entrepreneurs, mais ce qui me rassure, c’est que cela ne les a pas empêchés de réussir à réaliser leurs rêves.

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaire sans trop savoir ce que c’était. Je suis devenu un entrepreneur sans aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais. Je suis maintenant le dirigeant d’une entreprise qui a le vent dans les voiles. Après avoir complété mon baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et surtout après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaire (dans l’univers de la restauration), j’ai décidé de me lancer dans la production de vodka… sans trop savoir ce que je faisais ! À travers ce blogue, je vais vous amener dans les coulisses de l’entrepreneuriat, dans l’antichambre du succès. Une réalité partagée par des milliers de jeunes et moins jeunes entrepreneurs, une réalité qui gagnerait à être partagée !

Nicolas Duvernois

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