Entreprendre en français... un désavantage?

Publié le 11/02/2020 à 11:00

Entreprendre en français... un désavantage?

Publié le 11/02/2020 à 11:00

Un chien qui porte un béret, en tenant deux baguettes et une bouteille de vin.

(Photo: 123RF)

BLOGUE INVITÉ. La semaine dernière, j'ai participé à deux évènements entrepreneuriaux très intéressants, mais ô combien différents, à Paris et Calgary!

Lors du premier, j’ai eu le privilège, avec la co-fondatrice d’Adopte inc, Anne Marcotte, d’avoir une magnifique tribune au Salon des entrepreneurs de Paris, l’un des plus grands salons de ce type au monde.

Lors du second, j’étais invité à partager mon parcours lors du Rendez-vous d’Affaires organisé par le Conseil de développement économique de l’Alberta. Deux tribunes portant sur l’entrepreneuriat francophone, deux réalités différentes !

Parmi toutes les discussions que j’ai eues au fil de la semaine, l’une d’entre elle m’a inspiré le sujet de cette chronique. Un des participants du Salon des entrepreneurs est venu me partager son plan d’affaires. L’idée était bonne et répond clairement à une problématique que vivent les Parisiens, la recherche de stationnement.

Cependant, ce n’est pas son projet qui m’est resté en tête, mais bien le fait qu’il m’ait confié être ralenti dans son développement, du fait qu’il ne parle que français. 

L’anglais est devenu la langue d’usage du monde des affaires, mais qu’en est-il de la place de la langue de Molière dans cet univers si complexe?

On dit souvent qu’on a la culture de notre histoire, de notre langue. Ce pourrait-il que notre langue influence aussi notre type d’entrepreneuriat? Se lance-t-on en affaires différemment que l’on parle français, anglais, chinois ou portugais?

Difficile de répondre à cette question. Cependant, après avoir rencontré des centaines d’entrepreneurs francophones des deux côtés de l’Atlantique, je réalise que nous sommes tous d’accord pour dire que se débrouiller en anglais est un important avantage pour manœuvrer dans le monde des affaires à l’international. Cependant, il ne faut pas oublier l’importance de quelques autres langues telles l’espagnol, le mandarin et le français.

Bien que le mandarin ne se pratique qu’en Chine, il est tout de même parlé par près d’un milliard de personnes! L’espagnol permet d’avoir accès à des dizaines de pays et à des centaines de millions d’hispanophones du Mexique, en passant par l’Amérique Centrale, l'Amérique du Sud et l'Espagne.

Le français lui, est l’une des langues les plus sous-estimées du monde des affaires. Du Canada à la France, ainsi que dans une vingtaine de pays en Europe et en Afrique, des centaines de milliers, voire des millions d’entrepreneurs se sont lancés en affaires en français. 

L’anglais n’a pas toujours été la langue universelle du monde des affaires. Au fil des siècles, l’italien, le grec, le français et quelques autres langues se sont échangé la balle. 

Depuis la révolution industrielle en Angleterre et le fulgurant essor économique des États-Unis suivant les deux guerres mondiales, la langue de Shakespeare s’est tout doucement, mais sûrement, imposée.

Étant parfaitement bilingue, je partage mon quotidien d’entrepreneur entre ces deux langues et ne me suis jamais senti ralenti par le fait que je me sois lancé en affaires en français dans une province francophone entourée, tel le village d’Astérix, de centaines de millions d’anglophones.

Tout dépendant du type d’entreprise que vous voulez bâtir, pouvoir communiquer en anglais est, hors de tout doute, un avantage.

J’irais même plus loin. Je crois sincèrement qu’être bilingue, voir trilingue est encore mieux! À mes yeux, manier différentes langues nous permet d’avoir différents points de vue sur une même problématique. En affaires, la langue que l’on choisit de parler ou les mots que l’on décide d’utiliser influencent nos réflexions, nos prises de décisions, j’en suis absolument certain. 

Nous évoluons dans un monde qui devient de plus en plus petit grâce à l’évolution de la technologie et aux multiples accords de libre-échange, sans oublier que le transport de marchandises est de plus en plus rapide et efficace. Cette nouvelle réalité rend la compétition de plus en plus féroce. 

Pour conclure, je répondrais donc au jeune entrepreneur français que de pouvoir connaître plusieurs langues, incluant l’anglais, sera toujours un avantage de plus dans sa boîte à outils entrepreneuriale!

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaire sans trop savoir ce que c’était. Je suis devenu un entrepreneur sans aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais. Je suis maintenant le dirigeant d’une entreprise qui a le vent dans les voiles. Après avoir complété mon baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et surtout après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaire (dans l’univers de la restauration), j’ai décidé de me lancer dans la production de vodka… sans trop savoir ce que je faisais ! À travers ce blogue, je vais vous amener dans les coulisses de l’entrepreneuriat, dans l’antichambre du succès. Une réalité partagée par des milliers de jeunes et moins jeunes entrepreneurs, une réalité qui gagnerait à être partagée !

Nicolas Duvernois