De la vodka au désinfectant en quelques jours

Publié le 21/04/2020 à 11:41

De la vodka au désinfectant en quelques jours

Publié le 21/04/2020 à 11:41

Une bouteille de désinfectant à mains de Pur Vodka.

(Photo: courtoisie)

BLOGUE INVITÉ. Comme plusieurs d’entre vous le savez, mon parcours d’entrepreneur a entrepris un virage assez drastique ces dernières semaines! C’est au tout début de la crise, il y a environ cinq semaines, que j’ai décidé de me lancer dans un autre type d’alcool... du désinfectant à mains!

En effet, c’est après deux discussions, l’une avec un ami qui travaille à la SAQ et l’autre avec une amie de longue date qui est urgentologue à l’Hôpital Sainte-Justine, que cette idée m’est venue comme une évidence.

Les deux me parlaient de leurs difficultés à se procurer du désinfectant à mains, produit pourtant essentiel en pleine pandémie. Immédiatement, ma tête fut inondée d’idées de toutes sortes! Il fallait agir, il fallait que je fonce! Je ne pouvais rester sur les lignes de côté face à cette crise, il fallait bouger.

C’est à ce moment bien précis que j’ai décidé de modifier une partie de ma production de spiritueux pour créer ce liquide devenu si rare et important. Grâce à mon partenaire de toujours, Michel Jodoin, et à son équipe, grâce à mon équipe et, surtout, à mon chef des finances et production Pier-Alexandre et mon précieux associé Marc, nous avons été en mesure de répondre à la demande quelques jours plus tard.

Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas senti en mission comme en ce moment. Bâtir une nouvelle entreprise de toutes pièces dans un univers totalement inconnu, en plein milieu d’une crise de santé publique, en télétravail et en confinement obligatoire est, disons-le, tout un défi... mais aussi toute une expérience. 

Ces cinq dernières semaines m’ont appris plus que les cinq dernières années. Le sentiment d’urgence, l’obligation d’aller vite, les yeux fermés sans savoir où aller, les mille courriels, textos, appels par jour, les enfants qui entrent et sortent de mon bureau, leurs demandes de toutes sortes, leurs bisous, leurs «papa, regarde ma robe» ou «papa je veux dessiner»... Tout cela me fait réaliser que peu importe la situation dans laquelle on se trouve, rien n’arrête une équipe en mission. Pour tout vous dire, sans cette folle urgence qui coule en ce moment dans mes veines, je n’aurais jamais pu réaliser cette idée folle.

En ce temps de crise, si on peut trouver un avantage, c’est que la normalité n’existe plus. L’objectif est de survivre coûte que coûte. Que ce soit la survie d’une entreprise, d’une relation amoureuse, ou d’une personne atteinte de la Covid-19, nous faisons tous, collectivement, ce qui est en notre pouvoir afin de sortir indemnes de ce cauchemar. Ce «chaos organisé» est une source de créativité sans fin qui pousse des milliers d’entre nous à innover, à agir, à se réinventer.

Je ressens beaucoup de fierté quand je vois les efforts surhumains d’Anne Marcotte, qui supporte de toutes ses forces au quotidien nos entrepreneurs d’Adopte inc qui, pour certains, se sont totalement transformés afin de contribuer à cet effort de guerre! 

Que ce soit les masques de Bigarade, le t-shirt supportant les employés du réseau de la santé de Poches et Fils, les dons de sauce BBQ à la Tablée des chefs de Firebarns, du militantisme pour l’achat local de 1642 sodas ou de l’immense générosité de Judith Fetzer et de sa super entreprise Cook it envers la grande famille de la restauration et des bars.

Il suffisait que l’on se retrouve le dos au mur et les pieds dans le vide pour découvrir que c’est dans l’adversité que l’on réalise la force intérieure que l’on a et qui nous oblige, en quelque sorte, à nous réinventer.

 

PS: Un immense merci à tous ceux qui contribuent, d’une manière ou d’une autre à ce combat. Cette solidarité est la meilleure preuve que tous ensemble nous sommes milles fois plus forts.

 

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaire sans trop savoir ce que c’était. Je suis devenu un entrepreneur sans aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais. Je suis maintenant le dirigeant d’une entreprise qui a le vent dans les voiles. Après avoir complété mon baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et surtout après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaire (dans l’univers de la restauration), j’ai décidé de me lancer dans la production de vodka… sans trop savoir ce que je faisais ! À travers ce blogue, je vais vous amener dans les coulisses de l’entrepreneuriat, dans l’antichambre du succès. Une réalité partagée par des milliers de jeunes et moins jeunes entrepreneurs, une réalité qui gagnerait à être partagée !

Nicolas Duvernois

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