Ce dont Montréal a (grand) besoin

Publié le 17/11/2020 à 10:06

Ce dont Montréal a (grand) besoin

Publié le 17/11/2020 à 10:06

La mairesse de Montréal, Valérie Plante

La mairesse de Montréal, Valérie Plante (Photo: Martin Flamand)

Dans un an, presque jour pour jour, nous serons tous en train d’analyser la dernière campagne électorale municipale qui déclarera celui ou celle qui aura l’immense défi de redonner ses lettres de noblesse à Montréal.

En effet, le 7 novembre prochain, les Montréalais devront se rendre aux urnes et élire un maire, 18 maires d’arrondissements, 46 conseillers de ville et 38 conseillers d’arrondissements. 

Il y a fort à parier que la pandémie, surtout ses répercussions, ainsi que le bilan de quatre années d’administration Plante seront deux sujets qui monopoliseront la campagne.

Étonnamment, pour une ville de l’envergure de Montréal, il n’y a, à ce jour, qu’une seule et unique personne en course, soit la mairesse actuelle, Valérie Plante. Première femme de l’histoire à la tête de la métropole, elle devra défendre un bilan mitigé dont presque la moitié du mandat aura été fait dans un contexte pandémique.

Bien que la machine à rumeurs se soit déjà mise en marche, les aspirants candidats ne se bousculent pas aux portes afin de se présenter. Des noms qui ressortent, à moins d’un an des élections, la majorité n’ont ni parti, ni expérience (bien que ça peut-être un avantage dans cette course), ni équipe...

Il faut dire que depuis plusieurs années, le poste de maire de Montréal semble maudit. Malversations, corruption quasi systémique, démission, condamnations, abus de confiance et même une peine de prison ferme! Disons que la réputation de cette digne fonction en a pris pour son rhume!

Même Denis Coderre, pourtant expérimenté, rassembleur et sympathique et que plusieurs voyaient à la mairie pour plusieurs mandats, n’a pu survivre aux mécontentements des Montréalais qui ne voulaient absolument plus rien savoir des cônes oranges, des courses de Formule électrique, de baseball et de la «vieille politique». 

D’ailleurs, c’est surtout pour cette raison que Valérie Plante est devenue «l’homme de la situation» comme son brillant slogan de campagne le disait. Inconnue de l’immense majorité des citoyens 30 jours avant le vote, donnée perdante par une écrasante majorité d’experts de toutes sortes, elle s’est faufilée, très habilement, au sommet de la pyramide. 

Dans un an, les Montréalais la jugeront dans l’isoloir. Pandémie ou non, elle devra défendre l’état moribond dans lequel la ville a malheureusement sombré. Certes, la pandémie n’est aucunement de sa faute, mais malheureusement, le citoyen est très souvent impitoyable. 

Les électeurs seront durs, car ils ont besoin de l’être. D’ailleurs, c’est peut-être l’une des raisons qui fait que plusieurs hésitent avant de se lancer dans la course. Montréal va mal, les Montréalais le savent et les candidats qui lèveront la main feront mieux d’être prêts.

Fini les candidats qui se lancent dans la course pour bâtir leur C.V. Les Montréalais veulent de la passion et des nouvelles idées. Ils veulent un candidat aux faits d’armes accomplis, avec une vision claire, une équipe sérieuse, des objectifs ambitieux et le courage de dire la vérité. Ils veulent rêver tout en sachant qu’il faudra trimer dur afin d’y arriver, ils veulent oser tout en sachant que l’échec est possible, mais que la victoire sera grande, ils veulent avoir confiance en ce leader qui leur dira la vérité en toute transparence, qui les écoutera et surtout qui sera maire pour tous les Montréalais et pas seulement pour ceux qui les supportent.

Le défi sera titanesque et effectivement, la pandémie fait mal. Économie en lambeaux, artères commerciales abandonnées, tourisme disparu, congestion routière généralisée, chantiers interminables, restaurateurs et commerçants au bord du gouffre... Montréal a perdu son charme, son unicité, sa raison d’être et même de plus en plus sa langue! À bien y réfléchir, la seule chose qui va bien à Montréal sont les pistes cyclables, véritable vache sacrée de l’administration Plante.

Ceux qui me connaissent savent à quel point je suis exigeant envers nos leaders et à quel point je m’attends à ce que notre ville, province ou pays soit bien géré. J’accepte volontiers que l’on doive renoncer à une promesse, que l’on soit obligé de changer de direction ou que l’on fasse des erreurs ou que l'on subisse des échecs. Cependant, ce que je n’accepte pas, ce sont les «guéguerres» de pouvoir, le gaspillage de fonds publics, le mensonge, l’amateurisme et l’improvisation.

Montréal est une grande ville et elle a besoin d’un grand leader. Que ce soit Valérie Plante ou toute autre personne, j’espère que nous n’assisterons pas à une campagne traditionnelle où les candidats ne feront que s’adresser des reproches. Je souhaite plutôt un débat d’idées nouvelles, innovatrices et rassembleuses qui feront en sorte de rebâtir, dès le lendemain de l’élection, cette ville que j’aime tant!

 

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaires quelques jours après avoir gradué de l’Université de Montréal en science politique. Un peu par hasard, beaucoup par folie, je suis devenu entrepreneur sans trop savoir ce qui m’attendait. Bien que ma première expérience en affaires fut catastrophique, je suis tombé en amour avec l’entrepreneuriat. Aujourd’hui, je suis à la tête d’un des plus grand producteurs de spiritueux et prêt-à-boire en Amérique du Nord et ce ne sont pas les projets qui manquent! Depuis novembre 2015, je partage chaque semaine ici mes idées, mes opinions et ma vision sur le monde des affaires et les sujets de société qui m’interpellent. Bienvenu dans mon monde!

Nicolas Duvernois

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