Attention au «Lifestyle-entrepreneur»

Publié le 23/07/2019 à 12:45

Attention au «Lifestyle-entrepreneur»

Publié le 23/07/2019 à 12:45

(Photo: Austin Distel pour Unsplash)

BLOGUE INVITÉ. On le sait tous, se lancer en affaires est certainement le plus grand risque que l’on peut prendre. Vivre de son entreprise est définitivement le rêve de tout entrepreneur qui se lance dans le vide, mais c’est aussi un objectif extrêmement difficile à atteindre.

Les risques à prendre et les sacrifices à faire sont nombreux et le simple fait de pouvoir, un jour, se donner un salaire raisonnable est déjà une grande victoire ! Je me souviens de mon premier chèque de paye venant de ma propre entreprise, c’était presque irréel. J’avais lancé Pur Vodka cinq ans auparavant et, afin de croître, j’avais décidé dès le départ avec Karo de tout réinjecter dans l’entreprise. Pour vivre, on se contentait de nos jobs d’étudiants, moi à l’hôpital et Karo dans un resto. On croyait tellement en notre projet que nous savions, qu’un jour ou l’autre, nous allions pouvoir en vivre.

Confucius disait qu’une petite impatience ruine un grand projet. Nous voulions nous donner toutes les chances de réussir et chaque dollar que nous faisions était plus rentable à payer une graphiste ou à acheter des bouchons que de me le mettre dans les poches.

Je ne sais pas si c’est la surmédiatisation de l’entrepreneuriat ou si c’est une question générationnelle, mais aujourd’hui, cette réflexion ne semble plus être de mise. C’est hallucinant la quantité d’entrepreneurs que je rencontre qui vivent de leur entreprise plutôt que de vivre pour leur entreprise !

J’aurais adoré que les réseaux sociaux existent à mes débuts en affaires afin que je montre que mes étés je ne les passais pas au Portugal ou d’un festival à l’autre et que rares sont les hivers où je pouvais me permettre quelques jours au soleil. Mes étés je les passais à l’hôpital à « gosser » mon supérieur afin de faire du temps supplémentaire et mes hivers, je les trouvais bien longs à faire du porte-à-porte dans les restaurants afin de vendre des bouteilles de vodka.

Je me pose bien souvent la question : « Est-ce que certains se lancent en affaires que pour être des “Lifestyle-entrepreneurs” ? » Car être un entrepreneur en 2019 c’est comme être un chef cuisinier en 2009, c’est la mode. Je les comprends, l’image publique totalement erronée de ce qu’est un entrepreneur pousse beaucoup à vouloir un devenir un.

Avoir un bureau dans un espace de co-working où les discussions autour de la machine à café ou du barbier hipster sont plus longues que les heures totales travaillées. Choisir son horaire, son rythme. Prendre une bonne heure afin d’avoir la photo Instagram parfaite ou courir les 5@7 trendy et s’inscrire à des évènements entrepreneuriaux de toutes sortes font partie du kit parfait du « Lifestyle-entrepreneur ». Cependant, le risque de jouer l’entrepreneur est immense.

Rapidement, on réalise que la vraie vie d’entrepreneur est beaucoup moins glamour que l’on pense. J’ai la chance d’être entouré d’entrepreneurs à succès démesurés. Multinationales, cotées en bourse, milliers d’employés. Ils ont tous une chose en commun : ils travaillent encore tous comme des acharnés. Comme si leur entreprise allait fermer demain, comme s’ils venaient tout juste de se lancer en affaire.

Le mot «travail» est le mot le plus sous-estimé du dictionnaire. Tous veulent le succès, mais peu sont prêts à mettre les efforts nécessaires pour l’atteindre. Ce qu’ils ne comprennent pas, c’est que c’est avec le travail que l’on a le plus de chance d’atteindre le succès !

Bâtir une entreprise pour être cool c’est facile. Bâtir une entreprise pour pouvoir vivre de sa passion, s’accomplir, s’entourer d’une équipe géniale et faire découvrir ses produits aux quatre coins du monde est la chose la plus difficile qui soit. Bien que «risque» et «sacrifice» ne soient pas des mots que l’on aime entendre, c’est une des seules manières d’atteindre ses objectifs.

 

 

 

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaire sans trop savoir ce que c’était. Je suis devenu un entrepreneur sans aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais. Je suis maintenant le dirigeant d’une entreprise qui a le vent dans les voiles. Après avoir complété mon baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et surtout après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaire (dans l’univers de la restauration), j’ai décidé de me lancer dans la production de vodka… sans trop savoir ce que je faisais ! À travers ce blogue, je vais vous amener dans les coulisses de l’entrepreneuriat, dans l’antichambre du succès. Une réalité partagée par des milliers de jeunes et moins jeunes entrepreneurs, une réalité qui gagnerait à être partagée !

Nicolas Duvernois