Voter pour les voies d'avenir


Édition du 21 Septembre 2022

Voter pour les voies d'avenir


Édition du 21 Septembre 2022

Nous ne savons pas encore quel capitaine sera élu, mais une chose est certaine: il ou elle devra être à l’aise de naviguer en eaux troubles durant les quatre prochaines années, rappelle Marine Thomas. (Photo: 123RF)

BILLET. Nous y revoilà. Déjà de nouvelles élections. Pourtant, même si le monde est résolument différent d’il y a quatre ans, la façon qu’ont les partis de courtiser l’électorat, elle, n’a malheureusement pas changé. Nous assistons aux mêmes petites phrases lâchées dans l’espoir de monopoliser l’attention médiatique de la journée. Nous assistons aux mêmes cafouillages, aussi, comme si aucun d’entre eux n’avait eu le temps de se préparer convenablement. Aux mêmes promesses, enfin, celles de distribuer sans compter l’argent des contribuables afin de séduire leur base d’électeurs. Cette façon de faire de la politique contribue au cynisme de ces derniers sans leur permettre de savoir réellement quel chef est le mieux préparé pour faire face aux grands défis d’aujourd’hui comme de demain. Or, ceux-ci sont nombreux.

Les entrepreneurs, au cœur des turbulences de l’économie, ne le savent que trop bien. Les Affaires est allé à leur rencontre pour connaître leurs préoccupations sur le terrain. Après avoir recueilli leurs questions, nos journalistes sont allés chercher des réponses auprès des différents partis. Nous vous laissons le soin de vous forger une opinion à partir des promesses de chacun d’entre eux. Sans surprise, les sujets de l’immigration, de l’inflation et de la transition énergétique sont au centre des discussions.

Cependant, un sujet reste étonnamment ignoré dans le débat public, comme l’analyse finement François Normand: le commerce international. Il s’agit pourtant d’une question délicate pour le prochain premier ministre du Québec. L’invasion de l’Ukraine a bouleversé l’ordre géopolitique établi et renversé des flux commerciaux en place depuis la guerre froide. Les chaînes d’approvisionnement ne se sont toujours pas complètement remises du chaos provoqué par la pandémie. L’industrie du transport traverse ainsi une grave crise depuis deux ans, qui a grandement contribué à l’augmentation spectaculaire des prix que l’on tente désormais d’endiguer par tous les moyens.

C’est ce dernier secteur, poids lourd de l’économie, que nous avons choisi d’explorer en profondeur tant il est crucial pour l’avenir. Tout d’abord, en explorant une option qui se trouve actuellement sous le radar des entreprises : celle du transport maritime de courte distance comme solution de rechange au transport routier. Ensuite, en l’observant par le prisme de l’investisseur, puisque les entreprises sélectionnées par les gestionnaires de portefeuille révèlent la résilience d’un secteur à une échelle macroéconomique.

Le transport est le premier émetteur de gaz à effet de serre au Québec, mais c’est le secteur routier qui représente 80 % des émissions de celui-ci, alors que le transport maritime ne pèse pour sa part que pour…0,94 %. L’atout écologique que constituent les navires pourrait être décisif à un moment où la pression que subissent les entreprises pour verdir leur chaîne d’approvisionnement se conjugue à une imminente pénurie de chauffeurs sur les routes du Canada, puisque 55 000 d’entre eux manqueront au compteur dès l’année prochaine. Le développement d’une voie maritime forte et les investissements conséquents qui l’accompagnent fait de plus émerger des voies d’avenir pour le Québec, tout en renforçant sa position sur l’échiquier mondial.

Les enjeux sont complexes et pluriels, certes, mais le Québec possède aussi de nombreux atouts pour les relever. Nous ne savons pas encore quel capitaine sera élu, mais une chose est certaine: il ou elle devra être à l’aise de naviguer en eaux troubles durant les quatre prochaines années. Quelles que soient vos convictions, assurez-vous d’aller voter pour les faire entendre.

 

Marine Thomas
Rédactrice en chef, Les Affaires
marine.thomas@groupecontex.ca
@marinethomas

À propos de ce blogue

Marine Thomas est rédactrice en chef de Les Affaires. Elle travaille au sein de la rédaction depuis 2016 à titre de directrice de contenu, Journal et Bulletin privilège. Marine est animée par un désir d’offrir à nos lecteurs des contenus pertinents et de grande qualité, que ce soit sous formes papier ou numérique. Par ailleurs, elle agit au CA du Y des femmes de Montréal – YWCA Montreal depuis 2014. Elle est actuellement vice-présidente du CA. Auparavant, elle été rédactrice en chef à la Revue Gestion – HEC Montréal, rédactrice en chef d'Inspiro Média et rédactrice en chef adjointe de Premières en Affaires. Marine possède une maîtrise en Management de la culture et des médias (Spécialité presse et édition) de Sciences Po (Paris).

Marine Thomas