Laisser toute sa place à l'audace


Édition du 15 Juin 2022

Laisser toute sa place à l'audace


Édition du 15 Juin 2022

Les premières années d'une jeune pousse s’apparentent à une longue traversée du désert avec bien peu d’oasis sur le chemin. (Photo: Pierre Saladin pour Unsplash)

BILLET. «Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait.» Rien n’incarne mieux l’esprit entrepreneurial que cette magnifique citation de Mark Twain. Il est vrai qu’il faut être incroyablement audacieux, voire un peu idéaliste, pour oser lancer sa propre entreprise. Après tout, les défis, tout comme les risques, sont immenses. À l’inverse, les sirènes sécurisantes du salariat n’ont jamais été aussi attirantes, car la pénurie de main-d’œuvre assure actuellement des conditions de travail et un salaire concurrentiels, voire exceptionnels.

Notre blogueur Dominic Gagnon a même récemment titré: «Ne devenez pas entrepreneur !», énumérant dans son texte les conditions difficiles liées au fait d’être son propre patron. Le fondateur de Connect&Go est allé jusqu’à affirmer qu’il fallait être «complètement fou pour faire ce choix». 

Pourtant, de nombreux téméraires se laissent tenter par l’aventure chaque année… et malheureusement s’y cassent les dents. Lors de leur première tentative, du moins. Le constat est sans appel : 35 % des jeunes pousses ne souffleront pas leur cinquième bougie. La période charnière entre le démarrage et la rentabilité commerciale, mieux connue dans le milieu sous le surnom de « vallée de la mort », leur est souvent fatale. Notre manchette donne la parole à des entrepreneurs qui l’ont traversée et à d’autres qui n’y ont pas survécu. Tous le confirment : les premières années s’apparentent à une longue traversée du désert avec bien peu d’oasis sur le chemin. 

Cela ne risque pas d’aller en s’améliorant. Malgré un écosystème start-up québécois aussi varié que dynamique et une belle enveloppe de 121,7 millions de dollars annoncée par le gouvernement fin mai pour soutenir l’entrepreneuriat, l’incertitude économique mondiale ne jouera pas en faveur des innovateurs. Le Y Combinator, le plus prestigieux accélérateur de la Silicon Valley, n’a d’ailleurs pas hésité à mettre en garde les start-ups sous son égide: prévoyez le pire, car les prochaines années s’annoncent difficiles, surtout pour les entreprises nées depuis cinq ans.

Il se trouve qu’à Les Affaires, nous aimons particulièrement les gens qui n’ont pas froid aux yeux, ceux qui veulent changer les choses en contribuant à plus grand que soi. Non seulement nous sommes un média orienté vers les solutions, mais nous souhaitons aussi faire partie de la solution.

C’est pourquoi nous nous sommes associés avec le Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec en fusionnant nos initiatives respectives (repose en paix Défi Start-up!), afin de lancer un concours provincial ambitieux : le Défi Croissance Banque Scotia. Il nous permettra aussi bien de promouvoir les jeunes pousses prometteuses que de les accompagner dans leurs préoccupations de croissance. L’appel aux candidatures est officiellement lancé.

Si les paragraphes précédents n’ont pas suffi à vous décourager, osez soumettre votre candidature ici: https://bit.ly/3aJgOt7.

Je vous souhaite un très bel été. Profitez-en pour vous ressourcer, vous montrer audacieux et faire le plein d’idées. On se retrouve à la rentrée !

 

Marine Thomas
Rédactrice en chef, Les Affaires
marine.thomas@groupecontex.ca
@marinethomas

À propos de ce blogue

Marine Thomas est rédactrice en chef de Les Affaires. Elle travaille au sein de la rédaction depuis 2016 à titre de directrice de contenu, Journal et Bulletin privilège. Marine est animée par un désir d’offrir à nos lecteurs des contenus pertinents et de grande qualité, que ce soit sous formes papier ou numérique. Par ailleurs, elle agit au CA du Y des femmes de Montréal – YWCA Montreal depuis 2014. Elle est actuellement vice-présidente du CA. Auparavant, elle été rédactrice en chef à la Revue Gestion – HEC Montréal, rédactrice en chef d'Inspiro Média et rédactrice en chef adjointe de Premières en Affaires. Marine possède une maîtrise en Management de la culture et des médias (Spécialité presse et édition) de Sciences Po (Paris).

Marine Thomas

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