IDDPNQL: dévoué au développement durable des Autochtones

Publié le 20/02/2023 à 16:37

IDDPNQL: dévoué au développement durable des Autochtones

Publié le 20/02/2023 à 16:37

«Le message que j’aimerais passer aux entreprises qui envisagent de s’installer près d’une communauté autochtone est de nous considérer comme des alliés, pour que l’on puisse ensemble préserver le territoire pour une économie durable pour les sept prochaines générations, autant pour la population autochtone qu’allochtone.» (Photo: Jeremy Allouche pour Unsplash.com)

BLOGUE INVITÉ. Aujourd’hui, j’ai décidé de vous présenter l’IDDPNQL (Institut de développement durable des Premières Nations du Québec et du Labrador). Les Premières Nations au Québec et au Labrador, sous l’égide de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), détiennent plusieurs organisations pour les soutenir dans leurs efforts d’autonomie et d’autodétermination. L’IDDPNQL est l’une d’entre elles. Cette dernière a pour mission de soutenir les Premières Nations du Québec et du Labrador dans leurs démarches pour la santé du territoire et de ses ressources, le développement de communautés durables, et le respect et la reconnaissance de leurs droits.

Le fait de mettre de l’avant l’une des organisations sous l’APNQL constitue toujours une source de fierté. Comme Richard Desjardins l’a démontré dans son documentaire Le Peuple invisible, les Premières Nations sont souvent invisibles quand il s’agit d’éléments positifs, dont leurs organisations. Quoi de mieux que d’en faire un sujet de blogue pour les rendre visibles? Je me suis demandé quel serait le bon coup à mettre de l’avant, étant donné que dans la dernière année les 45 professionnels qui constituent l’équipe de l’IDDPNQL se sont dévoués dans des sphères tels que l’environnement, la conservation et biodiversité, la gestion des matières résiduelles, les changements climatiques et l’énergie, la consultation et l’accommodement, les ententes sur les répercussions et les avantages, les langues et la culture, et la planification communautaire globale. Que de sujets tout aussi importants et intéressants les uns que les autres. Toutefois, comme ancienne élue qui a supporté la planification communautaire globale (PCG) depuis ses balbutiements au Québec autour de 2006, je vais mettre de l’avant cet enjeu traité par l’IDDPNQL. 

La planification communautaire globale

Le bilan de l’IDDPNQL concernant la PCG est très positif. Selon leur rapport annuel 2021-2022, il y a 15 Premières Nations sur 43 au Québec et au Labrador en PCG. Il est prévu que d’ici 2025 l’ensemble des 43 communautés auront accès à du soutien, du financement, du réseautage, et bien plus encore pour entamer leur processus de planification communautaire. Je vous entends vous poser la question: mais qu’est-ce que la PCG?

En fait, c’est un processus holistique de création de plans qui prend en compte tous les éléments d’une communauté. Ce processus a débuté dans les années 80 chez les Premières Nations de la Colombie-Britannique. Possiblement mal préparée à cette époque, la PCG a été tablettée. Vers la fin des années 1990 et début des années 2000, il y a eu un regain de la PCG. Habituellement mis sur pied par le Conseil de la Première Nation, ce processus doit être dirigé par des individus de la communauté. Non pas que le niveau politique ne peut être impliqué, mais il doit sans contredit le supporter. L’adoption du plan final passe par la communauté.

Le but est d’avoir une bonne participation citoyenne dans la mise en place de la vision globale de développement de la communauté, car le but ultime est de construire notre projet de société en tant que Première Nation. La PCG doit prendre en compte tous les éléments de la communauté, à savoir la gouvernance, les terres et ressources, la santé, l’infrastructure, la culture, les questions sociales, et l’économie.

Comme l’économie est une facette importante de ce processus, il est important aussi de s’y attarder. Tout peuple veut tendre vers la prospérité économique. En effet, nous souhaitons tous être indépendants et autonomes, une volonté qui n’échappe pas aux Premières Nations. Toutefois, en général chez les Premières Nations, nous voulons une économie durable et circulaire.

En tant que peuples ayant la mission d’être gardiens du territoire, la PCG est directement en lien avec l’aménagement de celui-ci. Un concept très important en économie durable, car c’est par le territoire que nous assurons notre subsistance en tant que Nation. C’est pour cette raison que nous basons nos décisions sur le Principe des sept générations: nous évaluons les impacts qu’elles auront sur les sept prochaines générations. Il est donc important pour tout projet et développement de tenir compte de ce principe. C’est aussi pour cela que lorsqu’il y a un développement sur un territoire qui touche directement une Première Nation, il est important d’entamer un dialogue.

En terminant, le message que j’aimerais passer aux entreprises qui envisagent de s’installer près d’une communauté autochtone est de nous considérer comme des alliés, pour que l’on puisse ensemble préserver le territoire pour une économie durable pour les sept prochaines générations, autant pour la population autochtone qu’allochtone.

 

Comme ce blogue se nomme Perspectives Autochtones, je veux m’assurer que nous ayons tous la même définition du mot Autochtone. Au Canada, les Peuples autochtones comprennent les Premières Nations, les Métis et les Inuist. Dans mon texte, je fais parfois référence aux Autochtones et parfois aux Premières Nations.

À propos de ce blogue

Manon Jeannotte est directrice de l’École des dirigeants des Premières Nations, propulsée par l’École des dirigeants HEC Montréal, dont elle est également co-initiatrice. Elle possède plus de 20 ans d’expérience professionnelle auprès des Premières Nations, tant sur les plans de la politique, de la gouvernance et de la défense des droits de ses pairs. Administratrice de sociétés certifiée et titulaire d’un EMBA, elle a été élue pendant 12 ans à titre de conseillère puis de cheffe au sein de sa communauté (la Nation Micmac de Gespeg). Elle a reçu la première bourse pour gestionnaire d’origine autochtone de l’EMBA McGill – HEC Montréal, une bourse du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et une distinction pour sa contribution à la commémoration de l’histoire des Premières Nations et des Inuit au Québec.

Manon Jeannotte

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