Accession à la propriété: les parents à la rescousse!

Publié le 30/08/2023 à 12:00

Accession à la propriété: les parents à la rescousse!

Publié le 30/08/2023 à 12:00

Plusieurs premiers acheteurs auront besoin de l'aide de leurs parents pour arriver à accéder à la propriété. (Photo: 123RF)

EXPERT INVITÉ. Un des sujets qui me préoccupe le plus concernant l’immobilier est la barrière de l’accessibilité pour les premiers acheteurs, qui est en train de devenir de plus en plus infranchissable.

Je parle à des jeunes de 25 ou 30 ans qui souhaitent devenir propriétaires et je suis consterné de voir que, malgré de bons salaires, ils ne sont pas certains de pouvoir se payer leur propre demeure. Ou que ça représente pour eux un immense défi financier.

Pour cette génération en particulier, on sent qu’ils ont le sentiment d’arriver trop tard au party. 

Le prix élevé des propriétés, la hausse des taux d’intérêt et la mise de fonds minimale constituent un frein majeur à l’achat. D’autant qu’il est difficile d’épargner quand on paye aussi un prix très élevé pour le loyer.

Papa et maman 

J’imagine déjà que lorsque mes propres enfants voudront s’acheter une maison, malgré le RAP et le nouveau CELIAPP, ils auront besoin de mon aide pour y arriver.

C’est déjà une tendance forte, puisque l’an dernier, un sondage de l’Ontario Real Estate Association rapportait que 40% des parents dont les enfants de 18 à 38 ans s’étaient récemment portés acquéreurs d’une première résidence les avaient soutenus financièrement.

Mais avant de donner de l’argent à ses enfants pour leur permettre d’acheter une maison ou un condo, encore faut-il s’assurer de le faire en ne se nuisant pas à soi-même.

J’en ai discuté avec Francis Gosselin, économiste-conseil chez nesto. Il m’a parlé avec empressement de la question de l’héritage avant le décès. «C’est très intéressant, dit-il. Aujourd’hui, on vit beaucoup plus vieux, donc ça a de moins en moins de sens de léguer de grosses sommes à nos enfants quand ils ont 60 ans, et qu’ils n’en ont pas vraiment besoin.»

Conseils

Son premier conseil: si on décide de déduire un montant d’un héritage à venir ou qu’on prête de l’argent à ses enfants, on met tout ça sur papier. Ça évite les malentendus. Et on ne touche pas à son REER: il faudrait alors payer de l’impôt sur la somme que l’on décaisse.

«Les parents peuvent aussi contribuer autrement en payant pour le notaire, des meubles, la taxe de bienvenue… Il y a pas mal de choses qu’on n’imagine pas devoir payer quand on s’achète une maison, surtout si c’est la première.»

Quant au CELIAPP, «qui est vraiment génial», si les parents ne peuvent pas y cotiser pour leurs enfants, ils peuvent leur faire un don destiné à ce nouvel outil de placement, spécialement conçu pour venir en aide aux premiers acheteurs.

 

Situation financière

Sachant qu’un fiscaliste serait beaucoup mieux outillé pour répondre à mes questions et corroborer mes propositions, Francis me dirige vers son ami Yvan Fournier.

Celui-ci reprend la balle au bond en précisant qu’un parent qui veut aider son enfant à faire l’achat d’une propriété devrait s’assurer de faire une bonne analyse de sa propre situation financière. Il a aussi quelques suggestions intéressantes à proposer.

«Les acheteurs plus jeunes n’ont parfois pas un historique d’emploi et de crédit satisfaisant pour les prêteurs, ni de mise fonds suffisante, remarque-t-il. Dans ces cas, la banque ne voudra pas prêter à un jeune parce que le risque est trop important. On peut mettre son chalet ou sa maison en garantie collatérale. Le parent peut aussi se porter en partie acquéreur de la maison de son enfant. Il est donc cosignataire de l’hypothèque. À 0,1%, par exemple. Ça sécurise la banque et améliore le dossier de crédit des enfants.»

 

De l’argent qu’on a

Enfin, si on donne de l’argent, c’est parce qu’on l’a sous la main et qu’on peut en disposer.

«On ne donne pas d’actions, on ne décaisse pas ses placements. Ça peut avoir des conséquences très dommageables sur son avenir financier et c’est, plus généralement, une très mauvaise stratégie fiscale», souligne Yvan Fournier.

Par contre, il trouve plutôt futé d’investir dans l’avenir de ses enfants en les aidant à devenir propriétaires, si on le peut.

«Historiquement, l’immobilier est un bon investissement, avance-t-il. On leur donne un coup de pouce et ils peuvent voir leur bien fructifier. Ça les aide à bien partir dans la vie adulte.»

C’est évidemment une question de capacité financière. Ce n’est pas tout le monde qui a fini de payer sa maison, qui a un chalet à mettre en garantie ou qui peut donner 5 ou 10 000$ à ses enfants pour leur CELIAPP. Mais pour moi, offrir la possibilité à quelqu’un d’acheter sa propriété, c’est un cadeau magnifique. Un héritage dont mes enfants, par exemple, pourront profiter en vivant dedans, et en regardant leur investissement prendre de la valeur. Et moi, j’aurai la chance de voir ça de mon vivant.

Je vous invite à consulter le rapport nesto.

À noter: ce qui précède sont mes opinions et expériences personnelles et non la position de nesto Expert hypothécaire. Je ne suis pas un courtier hypothécaire ou immobilier agréé.

À propos de ce blogue

Président et co-fondateur de nesto, Malik Yacoubi possède une expérience de plus 21 ans en tant qu’entrepreneur et exécutif dans le monde numérique. Avant de fonder nesto, il a lancé et vendu deux entreprises en technologie; l’une en paiement mobile vendue au leader mondial du domaine, l’autre en marketing, vendue à Cossette, où il a également passé huit années comme chef de la direction numérique. En 2018, il co-fonde nesto avec trois autres associés et le fonds d’investissement Diagram. Cette chronique mensuelle se veut non seulement l’occasion de partager sa passion, mais aussi de fournir les meilleurs outils aux lecteurs en quête de leur première… ou de leur huitième maison!

Malik Yacoubi

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