Réflexion sur ce qu'il ne faut pas faire en Bourse

Publié le 08/03/2019 à 15:01

Réflexion sur ce qu'il ne faut pas faire en Bourse

Publié le 08/03/2019 à 15:01

Un homme qui tente de prendre un billet vert au milieu d'un piège à ours.

(Photo: 123rf.com)

BLOGUE INVITÉ. En investissement, les gens se demandent souvent comment procéder. Quel titre est bon à acheter? Quel est le moment idéal pour vendre? La question qu’on entend rarement est: «Qu'est-ce que je devrais éviter de faire». Cette question n’est pas très excitante et ne promet pas une richesse rapide. Cela encourage plutôt l'inaction à un moment où notre société louange la productivité. Lorsque nous réfléchissons à ce qu’il ne faut pas faire, nous observons deux cas en particulier: l’utilisation de l’endettement excessif et les ventes à découvert.

Le fait d'emprunter excessivement pour investir permet d’augmenter le rendement, mais comporte des risques majeurs. Pendant la crise financière, les personnes ou entités fortement endettées n’ont pas réussi à passer au travers en un seul morceau. Lehman Brothers, la banque d’investissement, a commencé l’année 2008 avec environ 30 dollars de passif pour chaque dollar de capitaux propres. Le résultat: la faillite! Quant aux particuliers qui avaient emprunté pour acheter des actions, ils ont été nombreux à recevoir de leurs courtiers des appels de marge. Pire encore, dans certains cas, leurs comptes ont été liquidés pour rembourser la dette.

La vente à découvert se résume à emprunter un titre pour le vendre immédiatement. L'idée étant que l’investisseur pourra le racheter lors d’une baisse, et le retourner au prêteur à un prix plus bas pour empocher un profit. Le principal problème de cette stratégie est que le rendement maximal est de 100% (si les actions vont à zéro), mais les pertes sont théoriquement illimitées, car les actions peuvent monter continuellement. Bien que l'on puisse trouver des exemples isolés de ventes à découvert réussies, nous constatons que, sur un cycle de marché complet, cette stratégie s'avère souvent très difficile et risquée.

David Einhorn, un célèbre gestionnaire de fonds new-yorkais, vit actuellement les dangers de la vente à découvert. Il y a quelques années, son fonds a commencé à parier contre un panier de sociétés technologiques telles que Netflix, Amazon et Tesla. Ces entreprises étaient en forte croissance, mais leur rentabilité future était loin d’être certaine. M. Einhorn pourrait soutenir que c’est toujours le cas. Ce qui est certain toutefois, c’est que ces sociétés ont continué à croître et que leurs actions continuent de grimper. En 2014, Netflix comptait 57 millions d’abonnés, Amazon avait un chiffre d'affaires de 89 milliards de dollars et Tesla avait livré 57 000 voitures. En 2018, Netflix comptait 139 millions d'abonnés, Amazon avait un chiffre d'affaires de 232 milliards de dollars et Tesla avait livré 245 000 voitures.

D'autre part, le rendement annualisé du fonds de Einhorn, depuis sa création en mai 1996, est passé de 18,9% à la fin de 2014 à 12,6% à la fin de 2018, en partie à cause des positions à découvert. Son exemple est une mise en garde pour chaque investisseur sur l’utilisation de la vente à découvert sur des sociétés en croissance possédant des gestionnaires déterminés dont les fondamentaux économiques ne sont peut-être pas encore bien établis.

Pour conclure, afin de réussir sur le marché boursier, il est important, d’abord, de comprendre ce qui peut ruiner un portefeuille. Comme Charlie Munger, le partenaire d’affaire de Warren Buffett, dit souvent: «Tout ce que je veux savoir, c’est où je vais mourir afin que je n’y aille jamais».

Patrick Thénière, CIM, Associé Barrage Capital

 

 

 

À propos de ce blogue

Patrick Thénière et Rémy Morel sont associés et gestionnaires de portefeuille chez Barrage Capital, une firme montréalaise de gestion d'actifs. www.barragecapital.com

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