Quand vendre une action à dividende variable?

Publié le 10/02/2010 à 10:46

Quand vendre une action à dividende variable?

Publié le 10/02/2010 à 10:46

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Il y a quelques mois, l'un de nous a acquis des actions de BAM.PR.B. Il s'agit d'une action privilégiée dont le dividende est variable. Ce titre procure en tout temps 70% du taux privilégié que l'on retrouve dans nos grandes banques canadiennes.

En temps en normal, ce titre aurait dû intéresser uniquement les investisseurs recherchant un revenu. Cependant, le prix payé pour un tel titre peut faire toute la différence. Lorsqu'il avait été initialement émis, il y a bien des années, Brookfield avait reçu 25$ par action. Ce montant constitue la valeur initiale et la compagnie peut racheter le titre en tout temps en payant ce prix. C'est pourquoi on le verra difficilement à 40$, car tout investisseur qui paie un prix supérieur à 25$ court le risque de subir une perte en capital (si la compagnie rachète le titre).

Donc, à moins que la compagnie ne soit en danger de disparaître (comme ce fût le cas en 1992), une action privilégiée jugée peu risquée se transige normalement près de la valeur nominale. Comme la crise a suscité de nombreuses craintes par rapport à la solvabilité de bien des entreprises, Brookfield ne fût pas épargnée. Un coup d'oeil sur le comportement du titre en dit long :

 

 Ce graphique provient du site www.globeinvestor.com, et affiche le prix sur les cinq dernières années. Quand nous avons découvert le titre, il se transigeait à un peu plus de 9$. À ce prix, nous étions fortement avantagés par le levier : nous n'obtenions non pas 70% du taux privilégié, mais bien 170%. Donc, à chaque fois que le taux privilégié aurait monté de 1%, nous aurions obtenu l'équivalent de 1,7% de plus. Ce taux magnifié provient simplement du fait que l'on payait 9$ au lieu de 25$ pour avoir droit au même dividende.

Nous n'étions pas attirés par le dividende, mais plutôt par la possibilité que le titre s'apprécie, grâce à l'attrait du dividende! Mais à quel prix faut-il revendre dans ce cas?

Et bien, nous utilisons un peu la même logique. À 17,50$, chaque augmentation de 1% correspond à 1% de plus pour le titre (à 25$, on obtient 70% du taux privilégié, mais à 17,50$, c'est 100%). Donc, le prix de vente logique serait 17,50$ pour l'investisseur opportuniste qui aurait acheté dans le but d'engendrer un gain en capital. Quant à nous, nous avons préféré vendre à 16$, simplement parce que nous étions près de notre objectif et que nous voulions redéployer le capital ailleurs.

Il est possible que le titre atteigne les 24$ ou même 25$, mais entre 17$ et 25$, nous considérons que nous sommes en zone spéculative. L'appréciation du titre sera dictée par l'offre et la demande habituelles, et non par un simple retour à un marché plus ''rationnel''.

À propos de ce blogue

Patrick Thénière et Rémy Morel sont associés et gestionnaires de portefeuille chez Barrage Capital, une firme montréalaise de gestion d'actifs. www.barragecapital.com

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