Pétrole: rebond en vue?

Publié le 24/01/2016 à 15:45, mis à jour le 25/01/2016 à 06:31

Pétrole: rebond en vue?

Publié le 24/01/2016 à 15:45, mis à jour le 25/01/2016 à 06:31

Photo: Shutterstock

Si vous lisez les manchettes économiques à propos du prix des matières premières, vous aurez remarqué les importantes divergences dans les prévisions. Tout récemment, Bod Dudley, le chef de la direction de BP (NY, BP), a mentionné qu’il s’avérait possible à court terme que le prix du brut plonge davantage pour atteindre 10$US le baril. Cependant, il entrevoit une remontée d’ici la fin de l’année.

En mars 2008, on entrevoyait chez Goldman Sachs (NY, GS) un baril atteignant jusqu’à 200$US dans un futur pas trop lointain, et cela s’expliquait en partie par un manque de croissance de l’offre. Soulignons que le cours du pétrole a plutôt engagé la voie contraire, et plongé fortement durant la crise financière.

Aujourd’hui, la même firme prévoit la poursuite de l’actuelle débandade, ciblant un prix de 20$US. Harold Hamm, le président de Continental Resources (NY, CLR) a déclaré en novembre 2014 que le baril allait rebondir à court terme pour s’établir entre 85$US et 90$US, alors que le prix à l’époque se situait à 79$US. Nous en avions discuté dans un blogue à la fin de 2014 (cliquer ici pour le visionner). Continental Resources avait liquidé ses contrats de couverture, jugeant qu’il s’avérait préférable d’encaisser le profit plutôt que de demeurer couvert.

En sommes, nous pensons toujours qu’il est fort hasardeux de tenter de prédire le prix d’une ressource à court terme. Trop d’éléments hors de notre contrôle entrent en jeu. Par exemple: un ralentissement de la Chine, une récession aux États-Unis, une croissance mondiale meilleure que prévue, une pénurie soudaine, un changement de stratégie par l’OPEP, etc.

Un incitatif important qui s'accentue

À long terme, c'est cependant une autre histoire. Un important incitatif se renforce chaque fois que le pétrole chute, et plus le temps avance, plus il gagne en puissance. Il s’agit de l’ajustement de l’offre.

Les producteurs doivent composer avec des revenus nettement moins élevés, et bon nombre d’entre eux perdent actuellement de l’argent. Plus ils vendront aux prix actuels, plus ils s’appauvriront. Malheureusement pour eux, les dettes figurant aux bilans ne suivent pas les revenus. Elles doivent être remboursées, et les banquiers deviennent de plus en plus nerveux.

Par conséquent, nous assistons à d’importantes réductions de budgets, ce qui entraînera une réduction de l’offre au fur et à mesure que la production ne sera pas remplacée. Une société pétrolière peut se contenter temporairement de continuer à puiser avec l’équipement qu’elle possède déjà en place. Cependant, elle doit constamment prévoir le développement de nouvelles réserves ou de nouveaux puits afin de maintenir sa production dans le futur.

Le cours du brut actuel rend difficile l’accès au financement à cet égard, et les sociétés du secteur tentent de préserver leurs précieuses liquidités afin d’éviter la catastrophe si jamais les prix ne remontaient pas à court ou moyen terme. Voilà un incitatif important à considérer. À défaut d’assister à l’accroissement de la demande, nous verrons une diminution significative de l’offre. Bien de sociétés dans le monde, privées ou publiques, n’arrivent pas à faire leurs frais dans le contexte actuel.

La situation ne peut pas durer indéfiniment.

Nous voyons actuellement des occasions très intéressantes dans le secteur. Comme toujours, étant donné l’impossibilité de prévoir le court terme, les investisseurs doivent s’assurer de sélectionner des titres qui survivront à la tempête. Il peut s’agir de titres à revenus fixes, qui ont un statut prioritaire face aux actions ordinaires, et dont certains se négocient à fort escompte.

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