Le poker et la bourse

Publié le 22/03/2010 à 09:53

Le poker et la bourse

Publié le 22/03/2010 à 09:53

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En fin de semaine dernière, nous avons eu l'occasion de discuter avec un joueur de poker, que nous nommerons Benoît. Il joue depuis bien des années, mais ce n'est que depuis quelques mois qu'il a décidé de délaisser son travail pour en faire une profession.

À première vue, le poker peut sembler être un jeu spéculatif. Mais Benoît le voit tout autrement : ''Au poker, le facteur chance compte pour 20 à 30% du jeu. Parfois je perds, mais la loi de la moyenne finit toujours par me donner raison. L'important, c'est de bien connaître les probabilités statistiques pour chaque main''.

 Pour s'améliorer, Benoît lit de nombreux livres sur le poker, afin d'apprendre des meilleurs. Cela lui permet de déceler rapidement ses erreurs. ''Je sais lorsque j'ai perdu par orgueuil, ou que je me suis mis à jouer stupidement après un gros gain (excès de confiance)''.

Il peut être étonnant de faire un rapprochement entre le poker et la bourse. Benoît doit maîtriser ses émotions, et ses principaux gains proviennent de gens inexpérimentés pour qui les pertes ne constituent pas un problème. ''Je joue au casino, et mes gains proviennent principalement des touristes. Je reconnais les habitués de la place,qui tout comme moi, sont là pour gagner leur vie. Je suis très prudent avec eux, et eux avec moi. Nous savons entre nous que nous visons les touristes sur une même table, qui souvent représentent 70% de la clientèle''.

On peut observer le même phénomène à la bourse. S'il est possible de cueillir des aubaines incroyables parfois, c'est que bien des investisseurs ne font pas leurs devoirs. Contrairement au poker, l'investisseur ne voit pas son adversaire. Cependant, il est bien conscient qu'il profite de la mauvaise décision d'un autre.

Quant au temps requis dans les deux domaines, il existe certaines différences. Au poker, Benoît consacre au moins 40 heures par semaine en temps de jeu et de lecture. À la bourse, on peut dédier tout son temps ou seulement quelques heures par semaine, tout dépendamment du rendement recherché.

Et pour celui qui ne cherche qu'à calquer le rendement d'un indice boursier, aucun temps n'est requis, car la bourse donne droit à deux sources de revenus.  Aux cartes, le gain d'un joueur doit nécessairement être contreblancé par des pertes chez un ou plusieurs autres joueurs. Il s'agit donc d'une seule source. À la bourse, nous avons non seulement les autres investisseurs, mais aussi les profits d'entreprises. C'est pourquoi il est possible d'être ''passif'' en bourse, mais pas au poker.

En contrepartie, le poker peut permettre de générer un revenu appréciable sans une mise de fonds trop élevée. ''Mon fonds de roulement n'est que de 10 000$, mais j'ai beaucoup de liquidités investies ailleurs, dont à la bourse! Je me sens beaucoup plus à l'aise sachant que j'ai les moyens de vivre une période creuse sans courir à la catastrophe financièrement.''

 

À propos de ce blogue

Patrick Thénière et Rémy Morel sont associés et gestionnaires de portefeuille chez Barrage Capital, une firme montréalaise de gestion d'actifs. www.barragecapital.com

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