Le double effet «Davis»

Publié le 11/01/2015 à 11:36

Le double effet «Davis»

Publié le 11/01/2015 à 11:36

Fait intéressant : M. Davis détenait des actions de l'assureur Crum & Forster à ses débuts, qui fut achetée par Xerox en 1983, et revendue à Fairfax Financial en 1998. Xerox avait payé 1,6G$ pour la société, et elle la céda pour le prix modique de 680M$ quinze ans plus tard. Crum & Forster avait engendré des profits de 145M$ en 1983. Ils se sont évaporés l'année suivante, alors qu'on assista à une perte. En octobre 1985, Xerox annonça qu'elle devra renforcer le capital de la société en injectant 200M$. Voilà le double effet ''Davis'' à l'inverse. D'une part, les profits se sont effondrés. D'autre part, si Xerox avait voulu se défaire de la société, elle aurait probablement obtenu un prix tenant compte de ses déboires et de la fragilité soudaine de son modèle d'affaires. 

À la Bourse, regardons l'exemple du détaillant canadien Le Château (CTU.A-TO). Puisque les profits s'avèrent maintenant négatifs, utilisons plutôt les ventes.  En 5 ans, ces dernières sont passées de 346M$ à 257M$. Quant au ratio du cours sur les ventes, il connut une chute spectaculaire, dégringolant de 1x à 0,1x. Par conséquent, le titre subit une chute encore plus spectaculaire, allant de 14$ à 0,75$. 

Pour conclure, notons que cet effet double convient parfaitement à l'achat de titres avec marge de sécurité. Lorsque les actifs à liquider de la société ne constituent pas un élément important dans la société convoitée, vous devez miser sur une progression des profits ainsi que sur une faible évaluation de ceux-ci au moment de l'achat. Par conséquent, vous bénéficierez d'un rendement accru, tout en assumant moins de risques. 

 

Au sujet des auteurs du blogue : Patrick Thénière et Rémy Morel sont analystes financiers et propriétaires de Barrage Capital, une firme montréalaise de gestion d'actifs. www.barragecapital.com

 

 

Blogues similaires

Encore trop tôt pour sauter dans l’arène

Édition du 14 Juin 2023 | Dominique Beauchamp

ANALYSE. Les banques canadiennes pourraient rester sur le banc des pénalités quelque temps encore.

Bourse: Luc Girard analyse la situation chez Dollarama et BRP

12/04/2024 | Denis Lalonde

BALADO. Les titres de Dollarama et BRP on bien fait récemment, mais la situation peut-elle durer?