Le double effet «Davis»

Publié le 11/01/2015 à 11:36

Le double effet «Davis»

Publié le 11/01/2015 à 11:36

En 1909, est né un investisseur qui allait connaître beaucoup de succès à la Bourse, en sélectionnant surtout des titres d'assureurs, comme AIG. Il s'agit de Shelby Davis, qui débuta plutôt tardivement à investir, à l'âge de 38 ans. Il démarra avec 50 000$ en 1947 et accumula plus de 800 millions de dollars en 47 ans. 

M. Davis s'intéressa particulièrement au secteur de l'assurance, car il travaillait au département d'assurance de New-York dans les années 40. Il épluchait les états financiers des sociétés, et s'aperçut que les prix demandés en Bourse ne reflétaient pas leurs vraies valeurs. Il quitta alors son emploi, et investit pour son propre compte, principalement dans des titres d'assureurs qu'il connaissait bien. Notons qu'à l'époque, le secteur était boudé en général. Un peu comme aujourd'hui, les portefeuilles de placement des assureurs généraient peu de rendements, étant donné les bas taux d'intérêt. En outre, le caractère ''ennuyeux'' de cette industrie attirait peu d'investisseurs. 

Le double effet ''Davis''

Qu'est-ce que le double effet ''Davis'' (nous avons traduit ce terme de l'anglais ''Davis Double Play'')? Il réfère à l'augmentation des profits jumelée à une hausse de l'évaluation de ces mêmes profits. Lorsqu'une entreprise connaît plusieurs années fastes, le réflexe des investisseurs consiste à attribuer un multiple des profits plus élevé. Supposons un titre générant 2$ de bénéfices par action et se transigeant à un ratio de 10 fois. Le prix initial est donc de 20$. Si les profits augmentent de 15% par an sur une période de 5 ans, ils atteindront 4$ par action en supposant le réinvestissement des bénéfices par la société. Suite à une telle performance, il y a fort à parier que les investisseurs attribueront un ratio cours / bénéfices plus élevé. À 20 fois, le titre touchera les 80$, procurant un rendement hautement magnifié à l'investisseur.

Notons que dans bien des cas, et tout particulièrement pour les secteurs cycliques tel que les financières, on observera ce phénomène en utilisant le ratio cours / valeur au livre. Par exemple, W. R. Berkley (WRB-N) a enregistré une croissance de ses profits au cours des 5 dernières années. Le titre passa de 1x la valeur au livre à 1,4x (sans ajuster les actifs intangibles). D'une part, tout profit retenu par la société accroît la valeur des actions puisque la valeur nette s'est appréciée. D'autre part, les investisseurs paient maintenant un prix plus élevé pour chaque dollar d'actif net. 

Le double effet s'avère tellement simple et répandu qu'on peut difficilement le désigner comme étant une découverte. Cependant, M. Davis le pratiquait à une époque où l'investissement valeur commençait à être popularisé. Rappelons-nous que Benjamin Graham publia son premier ouvrage dans les années 30, et que son deuxième livre ''L'investisseur Intelligent'' vit le jour en 1949. 

Le double effet à l'inverse

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