Ils ont prédit la crise, mais à quel prix?

Publié le 06/09/2019 à 15:35

Ils ont prédit la crise, mais à quel prix?

Publié le 06/09/2019 à 15:35

Boule de cristal avec de l'incertitude financière.

(Photo: 123RF)

BLOGUE INVITÉ. The Big Short, le film hollywoodien sorti en 2015 et basé sur le livre du même nom, est l'histoire de quelques personnes qui ont réussi à prédire puis à tirer profit du krach boursier de 2008. L'acteur Christian Bale y interprète le docteur Michael Burry, neurologue devenu investisseur, et Steve Eisman joue le rôle de Mark Baum, un vendeur à découvert excentrique. Ils sont deux des personnages principaux.

Les deux investisseurs ont profité d'une garantie financière appelée «swap sur défaillance» (CDS). Un CDS est essentiellement une assurance. En payant une prime, l’acheteur peut bénéficier de la baisse de prix d’un panier de titres. Dans ce cas-ci, ce panier était constitué d’hypothèques titrisées et leurs paris ont porté leurs fruits. Eisman a ainsi récolté des dizaines de millions de dollars pour lui-même. M. Burry aurait gagné 100M$ pour lui-même et 725M$ pour ses investisseurs.

Un événement moins connu, cependant, aurait été un CDS similaire présenté avant la crise à Charlie Munger, l'associé de Warren Buffett chez Berkshire Hathaway, par son mentoré, le gestionnaire de fonds spéculatifs Li Lu. M. Munger a sagement averti M. Li sur la transaction pour plusieurs raisons. Premièrement, si l'opération était correcte, cela voudrait dire que certaines grandes institutions financières seraient insolvables et que les frais seraient directement ou indirectement épongés par l'argent des contribuables. Ainsi, Messieurs Munger & Li ne croyaient pas qu'un tel placement était la bonne chose à faire. Charlie Munger a également souligné qu'en raison de la nature humaine, si quelqu’un gagnait de l'argent de cette façon, il essaierait constamment de répéter le même type d’investissement, ce qui pourrait être nuisible pour son portefeuille à long terme.

Dix ans après la crise, les conseils de M. Munger semblent particulièrement judicieux. M. Burry a passé de nombreuses années après la crise à craindre qu'elle se reproduise, investissant dans l’or, les terres agricoles et l’immobilier. Il semble enfin être revenu à la sélection de titres. Son fonds a récemment dévoilé l'achat de participations dans des sociétés dominantes telles Alphabet, société mère de Google.

De son côté, M. Eisman a fait plusieurs paris contre le Canada, notamment dans l’immobilier et les banques. Il aura peut-être raison, mais ses paris ne se sont pas avérés très profitables jusqu’à présent.

M. Li a pour sa part adhéré aux principes d'investissement axés sur la valeur, pratiquant principalement sur les marchés chinois. Son fonds gère plusieurs milliards de dollars et aurait de très bonnes performances.

La citation de Peter Lynch, l’une des légendes de l’investissement, illustre parfaitement cette situation: «Beaucoup plus d’argent a été perdu par les investisseurs qui se préparent pour les corrections que par lesdites corrections». Soyez donc prudent lorsque vous essayez de prédire la prochaine récession à chaque tweet de Donald Trump. Il est beaucoup plus simple d'acheter de bonnes entreprises qui se négocient à rabais et qui sont gérées par des dirigeants exceptionnels.

Patrick Thénière, CIM, Associé Barrage Capital

 

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