Il avait prédit la crise, et maintenant...

Publié le 30/09/2009 à 09:27

Il avait prédit la crise, et maintenant...

Publié le 30/09/2009 à 09:27

Il faisait partie du camp des ''bears'' depuis longtemps. En 2005, il dénonçait l'endettement excessif des ménages et du gouvernement ainsi que le taux d'épargne personnel qui était très bas. Il entrevoyait donc une correction boursière.

Il s'agit de James Grant, qui a récemment changé de camp. On pourrait penser à première vue qu'après un rebond de 50% des marchés, il est facile de changer d'avis. Qui plus est, nous accordons habituellement peu d'importance aux propos des optimistes et pessimistes qui ne se réfèrent qu' à des faits déjà connus de tous, comme la hausse récente des marchés (pour les optimistes), et l'endettement du gouvernement américain (pour les pessimistes).

L'argumentation de M. Grant par contre est très étayée. Il fait souvent référence aux crises passées, dont celle de la Grande Dépression des années 30. Par exemple, la réponse du gouvernement américain de l'époque était fort bien différente de celle d'aujourd'hui. C'est pourquoi des résultats très différents sont engendrés.

En gros, M. Grant met en garde les investisseurs qui seraient devenus trop pessimistes. Si l'histoire se répète, la reprise pourrait être surprenante. Plus l'économie se détériore vite, meilleures sont ses chances de rebondir rapidement. L'article qui suit donne plusieurs exemples (en anglais) :

http://online.wsj.com/article/SB10001424052970204518504574420811475582956.html

Cette façon de voir les choses fait contraste avec ce que l'on entend un peu partout, à l'effet que la reprise sera longue et lente. Bref, il est impossible de prédire l'avenir, mais c'est souvent lorsque tout le monde s'attend à quelque chose en particulier qu'un scénario différent se produit.

Aussi, un point intéressant a attiré notre attention. M. Grant mentionne la réflexivité pour expliquer la reprise. Il s'agit d'un concept étayé par Georges Soros, le célèbre milliardaire. La réflexivité explique comment les investisseurs sont influencés par le marché boursier, et comment ce dernier est influencé à son tour par les investisseurs. Et nous pensons nous aussi que ce phénomène survient actuellement dans les marchés. Les nombreuses émissions d'actions et de dettes à long terme pour repayer les dettes dûes agissent comme catalystes pour améliorer la situation financière des entreprises en général. C'est ce qui fait que les risques d'une rechute économique sévère sont plus limités.

Qu'en est-il de la bourse? Quelle influence ont eu les investisseurs sur celles-ci? Pour bien comprendre notre point, prenons des chiffres au hasard. Nous savons que le S&P 500 avait atteint un creux de 666 au mois de mars. Et bien, avec toutes émissions d'actions récentes, peut-être que le point correspondant aujourd'hui serait de 800. Autrement dit, le marché a changé, et continue de changer. Et pour que les marchés boursiers atteignent un nouveau creux boursier, il faudrait encore bien plus de mauvaises nouvelles que nous n'en avions au mois de mars dernier.

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