Cent millions de dollars pour un employé?

Publié le 18/09/2009 à 09:57

Cent millions de dollars pour un employé?

Publié le 18/09/2009 à 09:57

On a récemment posé la question au chef de la direction de Citigroup, Vikram Pandit, à savoir s'il pensait que 100M$ constituait un trop gros salaire pour un employé. Dans le secteur de la négociation boursière, certains employés peuvent gagner gros lorsqu'ils rapportent gros. En effectuant des paris stratégiques sur l'énergie ou d'autres commodités, on peut arriver à dégager de gros gains en utilisant l'argent de la compagnie.

Citigroup constitue une banque d'envergure, avec ses 1.8 billon d'actifs. Qui plus est, la banque a récemment généré beaucoup plus de revenus par ses activités autres que celles reliées à ses prêts. Comme on le sait, la plupart des banques génèrent leurs profits par le biais d'emprunts. Elles recueillent les dépôts des clients et prêtent ensuite l'argent à d'autres gens. La différence entre les intérêts gagnés et payés constituent leurs revenus. Mais les banques peuvent également gagner gros en investissant à la bourse ou en participant à d'importantes émissions d'actions d'autres entreprises.

Les revenus nets d'intérêt se sont élevés à 12.8G$ pour Citigroup au dernier trimestre, comparativement à 17G$ pour les autres sources de revenus. Certes, cette dernière catégorie s'avère de loin plus volatile, mais on peut comprendre pourquoi la banque compte beaucoup sur ce type d'activité pour survivre en temps de crise et pour prospérer lorsque l'économie va bien.

C'est pourquoi elle paie grâcement ses négociateurs lorsqu'ils réussissent leurs coups. La banque justifie le salaire de cette façon. Prenons un exemple au hasard. Si un de ses employés arrive à produire un gain de 1G$, elle n'a rien à perdre à lui verser un généreux bonus de 300M$. Sans cet employé, elle n'aurait jamais engendré ce superbe gain.

Mais qu'arrive-t-il si l'employé manque son coup? S'il fait perdre quelques milliards à la banque, ou même, juste quelques millions, qui sera le plus affecté des deux? L'employé ou la banque? Nous nous retrouvons dans une situation où l'employé à tout à gagner à risquer gros, puisque s'il se trompe, il ne perd que son poste.

Vous vous dites peut-être que c'est la castatrophe pour bien des gens de perdre leur travail, mais si vous aviez la possibilité de gagner 100M$, prendriez-vous ce risque? Bref, d'importantes réformes devront être prodiguées afin d'éviter ce type de problème à l'avenir.

Mais ne soyons pas naïfs! Cette histoire nous dit simplement que l'humain est humain, et qu'il le restera pour toujours. En temps que dirigeant d'entreprise, vous devez faire un choix : être conservateur ou prendre d'importants risques. Ce genre de culture ne se retrouvera jamais chez Berkshire Hathaway. Pourtant, ce dernier a tout ce qu'il faut pour favoriser un tel environnement : de gros portefeuilles boursiers à gérer, des compagnies d'assurance pour assumer des risques peu orthodoxes, des compagnies de financement pour financer des risques utilisant l'effet levier, etc.

En conclusion, il faut savoir reconnaître cette réalité en tant qu'investisseur, afin de pouvoir bien évaluer les risques de toute entreprise. La culture des compagnies constitue un élément important que l'on doit considérer. Et même si le gouvernement réussissait à enrayer une partie du problème par un contrôle serré, ce ne serait qu'une question de temps avant que ce type de culture refasse surface.

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