Sommes-nous Canadiens ou ne le sommes-nous pas?

Publié le 14/11/2021 à 16:22

Sommes-nous Canadiens ou ne le sommes-nous pas?

Publié le 14/11/2021 à 16:22

(Photo: Caio Silva pour Unsplash)

Un texte du porte-parole de l’opposition officielle en matière d’économie, de PME, d’emploi, de travail et de recherche et innovation, Monsef Derraji (Parti libéral du Québec)

 

COURRIER DES LECTEURS. Il y a quelques jours, j’ai été convié à la 21e édition du Forum de Banff, un rassemblement d’intervenants publics et privés, hyperspécialisés dans leurs différents secteurs d’activités, tous réunis cette année autour de la question de l’État de la fédération canadienne. Dans un contexte où il faut réfléchir de manière pressante à des solutions pour contrer les effets de la pandémie, comment ne pas penser à nos PME et nos entrepreneurs qui ont vécu des moments plus que difficiles ?

Combien de fois avons-nous entendu le premier ministre François Legault jouer sur la fibre nationaliste en comparant constamment le Québec à l’Ontario ? Il est vrai que dans sa vision un peu simpliste d’une économie nationaliste, tous les problèmes économiques, y compris celui de la main-d’œuvre, se règlent par un simple coup de baguette magique. Comment, me direz-vous? En augmentant les salaires, bien sûr!

Le premier ministre caquiste aime beaucoup se comparer avec l’Ontario. Je lui ferais remarquer qu’en termes d’exportation de biens et services, notre voisine fait plus du double de ce que fait le Québec à l’international, soit 304,3 milliards de dollars (G$), comparativement à seulement 132,8 G$ chez nous, selon les comptes économiques provinciaux et territoriaux en 2019. Et sur le plan interprovincial, les exportations de l’Ontario s’élèvent à 145,1 G$ alors que nous exportons seulement l’équivalent de 80,6 milliards en bien et services vers les autres provinces canadiennes. La différence est énorme, voire gênante!

D’après une récente étude de l’Institut économique de Montréal (IEDM), les Canadiens seraient majoritairement en faveur du modèle «Un Canada, un marché». Neuf Canadiens sur dix considèrent que le libre-échange interprovincial est important; 4 Canadiens sur 5 sont en faveur d’une harmonisation nationale de la réglementation applicable aux camionneurs, et la grande majorité, 84 %, pense qu’il devrait être possible de faire l’échange de biens et de services sans restriction. Voilà qui ne déplairait donc pas à notre premier ministre.

Depuis 2018, la Table de conciliation et de coopération en matière de réglementation (TCR) a permis d’identifier et d’harmoniser quelques réglementations dans plusieurs secteurs économiques, mais ce n’est pas assez. En ce point, je suis du même avis que la Chambre de commerce du Canada.

Dans un contexte post-pandémique où les comportements protectionnistes s’amplifient partout dans le monde et le besoin de trouver des marchés pour nos PME est salutaire, qu’est-ce qui empêche le gouvernement du Québec de profiter d’une occasion qui nous est acquise de notre appartenance à la Fédération canadienne?

À ce jour, je déplore l’absence de vision, de programmes, et de plan d’action du gouvernement caquiste au niveau économique que ce soit tant sur le plan interne que sur le plan externe. Toutes les études sont unanimes, les barrières au commerce intérieur nuisent à la productivité et à la croissance. Qui saurait nous dire quels efforts ont été consentis pour défendre les intérêts de nos PME pour qu’elles puissent tirer profit d’être canadiennes?

C’est une question de volonté! Lorsque l’urgence d’agir s’est fait ressentir, le premier ministre caquiste a su se rallier à ses homologues des autres provinces pour demander des transferts en santé. La volonté politique était là, nous dit-on. Eh bien, j’annonce que l’urgence d’agir pour les PME a sonné depuis longtemps. Nous souhaiterions le voir agir avec la même verve pour défendre et soutenir les PME québécoises qui elles aussi ont besoin d’oxygène pour vivre!

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