Retour au bureau: la solution pour avoir des employés engagés?

Publié le 21/11/2023 à 12:00

Retour au bureau: la solution pour avoir des employés engagés?

Publié le 21/11/2023 à 12:00

Il est intéressant de commencer par consulter les employés pour savoir ce qui les motiverait à revenir au bureau et à côtoyer davantage leurs collègues. (Photo: 123RF)

Un texte de Luc Lapointe PhD, fondateur de Scientifyx, et de Eva Milko, fondatrice de Good vibes strategy.

 

COURRIER DES LECTEURS. Le départ en télétravail a engendré bien des tracas pour les entreprises. Entre autres, beaucoup de gestionnaires ont craint que le travail à distance nuise à la culture d’entreprise et à l’engagement du personnel.

Il est vrai que le travail à distance, que ce soit à temps plein ou en mode hybride, est bien différent du travail 100% en présentiel. Une des plus grandes différences réside dans les interactions sociales entre les employés et avec leurs gestionnaires.

Lorsqu’on sait que les relations interpersonnelles saines et positives favorisent l’engagement des employés, il n’est pas surprenant de constater que certaines organisations envisagent de ramener les employés au bureau.

Or, des sondages récents indiquent que la majorité des employés désirent continuer de jouir du travail à distance, ne serait-ce que quelques jours par semaine.

Ainsi, la question à un million de dollars: devons-nous ramener les employés au bureau?

Si oui, à combien de jours par semaine?

Cet article propose d’explorer le lien entre l’engagement du personnel, les relations sociales et le retour au bureau.

 

L’engagement du personnel, la clé pour les organisations!

Avoir des employés engagés c’est avoir la chance de travailler avec des personnes qui ont un état d’esprit positif, qui sont impliquées dans la réalisation de leurs tâches, qui se soucient du bon fonctionnement de leur équipe et de l’organisation en général.

À l’inverse, les employés désengagés ont tendance à prendre moins d’initiatives, à être moins performants, à multiplier les retards ou les absences et à participer à la dégradation du climat de travail.

De plus, le manque d'engagement au travail peut avoir des conséquences psychologiques importantes pour les employés: ennui, sentiment d’inutilité, baisse d’estime de soi, stress, anxiété, dépression, etc.

Or, le rapport Gallup intitulé State of the Global Workplace (2023) suggère que seulement 31% des employés américains et canadiens sont engagés envers leur travail.

Devant cet important manque à gagner, plusieurs organisations tentent de trouver des solutions. Et puisque les relations sociales ont un rôle important à jouer dans l’engagement du personnel, ces organisations peuvent être tentées de rappeler les gens au bureau pour faciliter la socialisation.

 

Lorsque le simple retour au bureau ne suffit pas

Il est vrai que les relations sociales positives au travail qui reposent sur l’entraide, la collaboration et la sécurité psychologique favorisent l’engagement des employés. Ce type de relations réduit également les risques d’isolement, de conflits, de démotivation, de problématiques de santé mentale et de démissions. Et ce serait encore plus vrai pour les nouvelles recrues qui viennent de se joindre à une équipe.

De plus, les études sont claires sur un point: le présentiel est plus efficace que le virtuel pour faciliter le développement de liens interpersonnels riches et positifs.

Mais, est-ce que le simple fait de rappeler les employés au bureau est suffisant pour améliorer leur engagement?

Rien n’est moins sûr!

La raison est fort simple: l’engagement des employés repose sur une combinaison de facteurs qui s’influencent mutuellement comme l'appréciation des tâches à accomplir, la latitude décisionnelle, la reconnaissance, l’environnement de travail, etc.

Autrement dit, même si le retour au bureau peut contribuer au développement de liens sociaux positifs, il n’est pas la seule condition pour créer de l’engagement.

Par exemple, si les employés entrent au bureau pour s'isoler et accomplir les mêmes tâches qu'ils effectuaient à distance, cela n’aidera pas à développer des relations sociales positives.

Pire encore, si les employés sont obligés d'entrer au bureau contre leur gré pour effectuer des tâches qu'ils valorisent peu au sein d'un environnement de travail toxique, cela risque de générer un sentiment d’aliénation et de frustration.

Dans pareilles circonstances, le simple retour au bureau ne semble pas être la clé du succès. En fait, il pourrait même devenir la parfaite clé de l'échec.

Donc, au lieu de focaliser sur un nombre minimum de journées obligatoires au bureau, il serait mieux avisé de penser à la façon dont ces journées en présentiel seront vécues et utilisées par les employés.

 

Profonde réflexion

Le retour au bureau dans le cadre d’une stratégie de travail hybride peut favoriser l’engagement des employés, mais, pour que cela se produise, il est important d’effectuer une profonde réflexion pour s’assurer que ces journées soient réellement profitables aux employés, à leur équipe de travail et à l’organisation en général.

Par exemple, lorsque vous rassemblerez toute l’équipe au bureau, demandez aux employés de prévoir uniquement des rencontres et des tâches qui n’impliquent pas de concentration afin de les aider à socialiser et collaborer. Prévoyez également des moments qui faciliteront les échanges informels (lunchs en commun, activités de team building, réunions d’équipe, formations, etc.).

Bref, à l’heure des choix, il est important de concevoir le retour au bureau dans le cadre d’une stratégie globale. Pour ce faire, il est intéressant de commencer par consulter les employés pour savoir ce qui les motiverait à revenir au bureau et à côtoyer davantage leurs collègues.

Car, au final, et bien avant le présentiel, la communication, l’écoute et le respect des désirs des employés demeurent les véritables clés de leur engagement.

 

À propos de ce blogue

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