Faisons de la conciliation travail-famille une priorité de société

Offert par Les Affaires


Édition du 18 Mai 2019

Faisons de la conciliation travail-famille une priorité de société

Offert par Les Affaires


Édition du 18 Mai 2019

(Photo: 123RF)

COURRIER DES LECTEURS. Ce n'est pas un secret : la recherche d'équilibre entre le rôle de parent et le travail est un défi important pour de nombreux Québécois. Dans un contexte de rareté de main-d'oeuvre, où l'attraction de nouveaux talents de même que la rétention des employés sont devenues incontournables, les mesures de conciliation travail-famille permettent aux organisations de se démarquer sur le marché de l'emploi. La mise en place de ces mesures engendre des bienfaits non seulement sociaux et psychologiques, mais aussi économiques. Concrètement, elles permettent de diminuer l'absentéisme, d'améliorer la productivité et la motivation des employés, en plus de favoriser la diminution du stress parental. Les parents peuvent ainsi se rendre plus disponibles pour leur famille, ce qui contribue au bon développement des enfants.

En tant que société, nous devrions agir pour que tous les Québécois puissent avoir accès à ces mesures et se sentent moins déchirés entre leurs responsabilités familiales et professionnelles.

Déjà, un grand nombre d'employeurs offrent des mesures de conciliation travail-famille. Cependant, même si une majorité de parents disent y avoir accès, plusieurs d'entre eux semblent réticents à les utiliser. Pourquoi donc ? Sont-elles adaptées à leurs besoins ? Seront-ils mal perçus d'en bénéficier ? Plus que jamais, il importe de favoriser un climat d'ouverture et d'écoute dans les organisations, pour que les parents se sentent respectés lorsque vient le temps d'avoir recours aux mesures qui leur sont offertes, lorsqu'elles le sont. Il serait d'autant plus pertinent de concevoir le travail en fonction des objectifs atteints plutôt que du nombre d'heures travaillées, pour offrir aux parents une plus grande flexibilité d'horaires. Notons aussi qu'un grand nombre de travailleurs doivent composer avec des horaires atypiques et n'ont pas accès à des mesures de conciliation travail-famille.

Cela dit, valoriser et soutenir la conciliation travail-famille ne relève pas seulement des employeurs. Bien au contraire, il s'agit d'un enjeu qui concerne l'ensemble de la société et nous pouvons tous agir pour améliorer les choses. D'ailleurs, selon un sondage commandé par l'Observatoire des tout-petits, 86 % des Québécois sont d'accord avec le fait que le gouvernement et les municipalités devraient en faire plus pour encourager la mise en place de telles mesures.

Nous savons aussi qu'en moyenne, les parents québécois consacrent 63 minutes chaque jour au transport, et ce sont 44 % des parents qui y accordent plus d'une heure. Il faudrait réfléchir à des pistes de solution telles que la mobilité des travailleurs, l'implantation accrue du télétravail et la création de villes où les quartiers peuvent être des milieux de vie complets et mixtes. Qu'en est-il des horaires de nos services publics (municipaux, communautaires, santé, services sociaux) ? Ils pourraient certainement être mieux adaptés à la réalité du travail. D'ailleurs, c'est ce que veulent 44 % des Québécois, toujours selon un sondage commandé par l'Observatoire des tout-petits. Évidemment, il pourrait aussi être envisagé que le gouvernement encadre les entreprises par des lois pour s'assurer que tous les parents peuvent bénéficier de mesures, peu importe leur horaire de travail ou leur niveau de scolarité. Finalement, les employés doivent eux aussi prendre part à la discussion en exprimant leurs besoins de façon claire à leurs employeurs.

Quant à nous, peu importe notre position dans une organisation, nous devons être conscients de l'impact que nous pouvons avoir sur nos collègues. Faisons-nous preuve de jugement, même inconsciemment, à l'égard de nos collègues parents ?

Offrons aux Québécois un marché du travail qui permet de mieux concilier famille et emploi. Y contribuer, chacun d'entre nous, c'est offrir mieux aux familles, aux enfants, aux travailleurs, pour faire du Québec une société plus forte et plus prospère.

Stéphane Boyer, maire suppléant et conseiller municipal de la Ville de Laval

Maximilien Roy, président du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec

Manon Poirier, directrice générale de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés du Québec

Marie-Eve Brunet, directrice de la Fédération québécoise des organismes communautaires Famille

Marie Pier Germain, directrice des opérations, Groupe Germain Hôtels

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