On exige plus des administrateurs des OSBL en philanthropie

Publié le 22/12/2020 à 14:51

On exige plus des administrateurs des OSBL en philanthropie

Publié le 22/12/2020 à 14:51

Des mains qui entourent un coeur

(Photo: 123RF)

BLOGUE. Alors que la saine gestion financière des organismes sans but lucratif (OSBL) est primordiale pour leur survie, cette responsabilité est encore plus cruciale et exigeante pour les organismes oeuvrant en philanthropie. Cette obligation incombe d’ailleurs à leurs administrateurs, qui sont les fiduciaires de ces organisations.

«Ce que les administrateurs doivent comprendre, c’est que l’organisme caritatif qu’ils gouvernent a besoin de leurs talents, de leur temps et de leur argent». Qui plus est, «ceux qui sollicitent des dons, petits et grands, doivent pouvoir confirmer aux donateurs potentiels qui leur posent la question que tous les administrateurs soutiennent l’organisme sur le plan financier. Les gens les plus proches doivent prêcher par l’exemple.»

Ces messages sont issus du nouveau livre de Daniel Lapointe, qui compte une trentaine d’années en gestion et en financement philanthropique. Intitulé La gestion philanthropique, Guide pratique pour la collecte de fonds, ce livre, qui compte 232 pages, est publié par les Presses de l’Université.

En plus d’enseigner la gestion philanthropique à l’Université de Montréal, Daniel Lapointe a dirigé d’importants OSBL nationaux, dont l’Institut canadien des actuaires, la Société canadienne de l’hémophilie, Katimavik et la Fondation du Centre universitaire de santé McGill, dont il a piloté la fusion avec la Fondation de l’hôpital Royal Victoria.

(Divulgation : Daniel Lapointe est aussi le co-auteur du livre Améliorez la gouvernance de votre OSBL, tel qu’indiqué au bas de cet article.)

Conscient que les francophones et les anglophones voient la philanthropie de façon différente, Daniel Lapointe rappelle la maxime «Give, Get or Get off» bien présente dans la communauté anglophone et qui vise à encourager les administrateurs à faire un don à l’organisme dont ils assurent la gouvernance. L’auteur ajoute même que certains organismes de bienfaisance ont une politique interne «selon laquelle tout administrateur doit faire un don» selon sa capacité de payer.

 

Guide pratique

Le nouveau livre de Daniel Lapointe fourmille de conseils et de bonnes pratiques en matière de gestion philanthropique. C’est aussi un bref état des lieux de la philanthropie au Québec (secteurs en vogue, structure de l’industrie, dons versés selon différents critères, etc.) et une revue des notions de base (pyramide des donateurs, cycle du donateur, culture philanthropique, gestion des bénévoles, etc.).

On y traite notamment de la relation étroite et authentique qui doit exister entre l’organisme de bienfaisance et ses donateurs et des moyens d’entretenir celle-ci, des éléments de base d’une demande de financement, des différents techniques de marketing (publipostage, télémarketing, etc.), de la mise en place d’un programme de dons planifiés et des conditions de succès de différentes activités de financement (événements-bénéfice, campagnes majeures, partenariats commerciaux, commandites d’entreprise, etc.).

La campagne majeure, qui vise à faire de gros financements, fait l’objet d’un chapitre d’une vingtaine de pages, qui décrit les différentes phases de la démarche nécessaire pour en faire une réussite : les études de marché et de faisabilité, la capacité de réalisation de l’organisme, le cabinet de campagne, l’argumentaire, le budget, le calendrier d’exécution, le programme de reconnaissance, le recrutement des donateurs, le suivi, etc.

L’ouvrage traite aussi du cadre administratif des organismes de bienfaisance (obligations légales, exigences réglementaires, fiscalité, politiques internes, responsabilités des administrateurs, etc.), des attentes et des exigences des grands donateurs et des fondations, de l’utilisation des médias sociaux (Facebook, LinkedIn, etc.), des attentes de la population à l’égard des organismes de bienfaisance (utilisation des fonds, ratio des frais de gestion, etc.) et de la professionnalisation de la philanthropie.

Enfin, ce livre présente en annexe des modèles de lettres et de formulaires de sollicitation, de dépliants d’information, d’argumentaires, de cabinets de campagne et de politiques (acceptation des dons, charte des droits du donateur, programme de reconnaissance des donateurs).

La philanthropie est un domaine compétitif, qui se développe aussi bien au Québec que dans l’ensemble du pays (il y avait 86 234 organismes de bienfaisance en 2018 selon l’Agence du revenu du Canada), et dans lequel on ne peut pas improviser si l’on veut y avoir du succès.

Grâce à sa grande portée, cet ouvrage est un outil aussi bien pour les administrateurs d’organismes de bienfaisance et les professionnels du secteur que pour les bénévoles qui y œuvrent et les non-initiés qui veulent s’instruire sur ce secteur et qui songent à s’y engager.

 

* Jean-Paul Gagné est co-auteur, avec Daniel Lapointe, de l'ouvrage «Améliorez la gouvernance de votre OSBL : un guide pratique» (Les Éditions Transcontinental, 2019, 282 pages)

Blogues similaires

Le Québec doit déjà se préparer à la prochaine pandémie

22/01/2021 | François Normand

ANALYSE - On a recensé l’éclosion de plus de 300 maladies infectieuses dans le monde entre 1940 et 2004, dont l'Ebola.

Voici le Top 10 de la chronique «Espressonomie» en 2020!

21/12/2020 | Olivier Schmouker

CHRONIQUE. Retour sur les sujets qui vous ont passionnés durant l'année écoulée. (Attendez-vous à quelques surprises...)

Quelques souhaits personnalisés pour 2021

Édition du 09 Décembre 2020 | Robert Dutton

CHRONIQUE. Je ne suis ni le premier ni le dernier à le dire : pour la majorité des gens, 2020 est une année à oublier.