Le «Premières Nations inc.» progresse à une vitesse accélérée

Publié le 05/09/2023 à 16:30

Le «Premières Nations inc.» progresse à une vitesse accélérée

Publié le 05/09/2023 à 16:30

«C’est un bel échantillon de ce Premières Nations inc. que j’ai eu la fierté d’accueillir récemment dans le cadre du tout premier programme de formation pour entrepreneurs et dirigeants d’entreprise à l’EDPN.» (Photo: Courtoisie / EDPN)

EXPERT INVITÉ. C’est avec un grand plaisir que j’ai accepté de prendre la plume afin d’alimenter cette chronique dans le journal Les Affaires avec l’ambition de faire découvrir différents aspects de l’univers économique autochtone. Au fil de ces billets, je souhaite faire connaître ce que je désigne comme le «Premières Nations inc.», qui progresse à une vitesse accélérée. L’École des dirigeants des Premières Nations (EDPN) vient y contribuer avec son programme dédié aux entrepreneurs et dirigeants d’entreprises autochtones, que j’ai l’honneur de diriger.

Je ne surprendrai personne ici en affirmant que les Premières Nations ont d’importants défis à relever en matière de développement économique. Pour des raisons évidentes, liées à l’imposition de la Loi sur les Indiens et de longues années de politiques d’assimilation comme les pensionnats, on a tué l’esprit entrepreneurial. Il n’y a pas si longtemps, l’économie des Premières Nations au Canada se limitait au financement gouvernemental et à quelques initiatives du conseil de bande. 

Aujourd’hui, il existe encore plusieurs communautés dont le développement économique dépend largement du financement de l’État. Heureusement, la situation change. Et, ce changement se produit rapidement. En quelques années seulement, comme directeur général de la Société de développement économique Uashat Mak Mani-Utenam, j’ai pu constater un dynamisme économique en forte croissance.

Cette croissance repose évidemment sur des changements importants dans les politiques, notamment de financement, pour nos communautés. Mais, ce que j’observe, c’est aussi une croissance qui s’accélère grâce à un nombre de plus en plus grand d’entrepreneurs au sein de nos communautés.

Leur nombre et l’étendue des secteurs d’activités sont devenus tellement importants, que l’on peut sans se tromper évoquer un «Premières Nations inc.», au même titre que l’on peut parler de «Québec inc.».

C’est un bel échantillon de ce «Premières Nations inc.» que j’ai eu la fierté d’accueillir récemment dans le cadre du tout premier programme de formation pour entrepreneurs et dirigeants d’entreprise à l’EDPN.

Au cours de ce programme, une vingtaine d’entrepreneurs et de dirigeants d’entreprise ont reçu des formations adaptées par et pour les Premières Nations sur le leadership, les habiletés de direction, la négociation, les finances, la création de valeur et l’innovation. Des connaissances leur ont été transmises par des formateurs issus des Premières Nations, jumelés à des formateurs de l’École des dirigeants HEC Montréal.

Surtout, ils ont partagé leurs savoirs et leurs expériences entre eux, l’EDPN misant beaucoup sur la transmission par les pairs, sur la création de réseaux et les échanges. De ces échanges transpirait une fraternité collective, une valeur qui distingue ce «Premières Nations inc.».  

Puis, chacun est reparti dans sa communauté avec une ambition renouvelée de faire prospérer leurs affaires, pas seulement pour eux, mais aussi pour leur population. Car, un autre élément distinctif de «Premières Nations inc.», c’est le devoir de créer un impact concret dans les communautés. Que ce soit dans le secteur des ressources naturelles, de la construction ou des services, les modèles d’affaires diffèrent, mais ils reposent tous sur les mêmes valeurs ancestrales qui nous ont permis de survivre sur nos Nitassinan respectifs depuis des temps immémoriaux.

Permettez-moi, dans les prochains textes, de vous présenter ceux et celles qui composent ce «Premières Nations inc.», ainsi que ses impacts pour nos peuples et sur la société québécoise.

À propos de ce blogue

Innu, Uashat Mak Mani-utenam. Ken Rock est avocat. Me Ken Rock a agi à titre de négociateur en chef et de directeur pour le Bureau de la protection des droits et du territoire de sa communauté lors de la signature de trois ententes sur les répercussions et avantages et de deux sur l’exploration minière avec des compagnies minières. Il est actuellement directeur général de la Société de développement économique d’Uashat Mak Mani-Utenam (SDEUM). Il est titulaire d’un EMBA McGill-HEC Montréal. En plus d’être le co-initiateur de l’École des dirigeants des Premières Nations, Ken Rock occupe également le poste de Directeur des initiatives entrepreneuriales de l’école.

Ken Rock

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