Rise Kombucha vise les États-Unis

Publié le 14/05/2019 à 14:15

Rise Kombucha vise les États-Unis

Publié le 14/05/2019 à 14:15

Des bouteilles de RISE Kombucha.

(Photo: courtoisie)

AVEC DAN SCHECHNER

BLOGUE INVITÉ. Julian Giacomelli, président de RISE Kombucha, estime que son état d’esprit actuel, il le doit principalement à l’année qu’il a passée à parcourir l’Asie. 

«Quand on voyage pendant un an avec un simple sac à dos, on se rend compte qu’il faut bien peu de choses pour être heureux. Même si je vis bien différemment aujourd’hui, cette impression ne m’a jamais quitté.»

Pour un grand nombre de jeunes diplômés, les voyages à l’étranger sont une belle occasion d’apprendre à profiter des petites choses et de se préparer pour leur carrière. Pour sa part, Julian Giacomelli a pris une année sabbatique alors que sa carrière était déjà bien entamée.

«J’étais à Londres à l’époque. J’ai donné tous mes complets, sauf un, j’ai rempli mon sac à dos et je suis parti découvrir l’Asie pendant un an. J’ai fait le choix de ne prendre aucune décision sur mon avenir avant au moins six mois. Pendant ce temps, les gens de mon entourage passaient d’un emploi à l’autre, démarraient des entreprises et faisaient de gros investissements. Moi, j’essayais de découvrir ce que je voulais faire de ma vie.» 

Après avoir obtenu un diplôme en génie de McGill et avoir travaillé en génie-conseil pendant quelques années, Julian Giacomelli s’est aperçu que son emploi ne le passionnait plus. Il a donc fait un MBA à l’INSEAD et s’est tourné vers le monde des affaires, mais son poste de conseiller en gestion a ravivé ses doutes.

«J’étais en train de perdre toutes mes illusions: le travail était pénible, les journées étaient longues et plus je progressais dans la hiérarchie, plus mes responsabilités augmentaient. J’ai vu ce que cette carrière me réservait, et j’en ai conclu que ce n’était pas pour moi.»

Ce temps d’arrêt a donné à Julian Giacomelli le temps de réfléchir à ce qu’il voulait vraiment faire de sa vie. Il s’est rendu compte que le travail entrepreneurial et indépendant lui correspondrait mieux qu’une carrière de consultant. À son retour à Montréal, ville qu’il adore pour son coût de la vie peu élevé et sa culture bouillonnante, il a rencontré deux entrepreneurs dont les ambitions étaient compatibles avec les siennes. 

«Les fondateurs de RISE Kombucha voulaient présenter au grand public des produits qu’on retrouvait habituellement dans les milieux hippies, et je crois que nous avons réussi à faire ça. Aujourd’hui, joindre d’autres personnes qui souhaitent mieux manger et mieux boire est toujours au centre de notre mission.» 

Pour Julian Giacomelli, améliorer la valeur nutritionnelle des produits que les gens consomment était un objectif simple qui lui convenait parfaitement. Et son entrée dans ce secteur s’est faite à un bon moment.

«Face au problème de l’obésité et au fait qu’une grande partie du secteur de l’alimentation en Amérique du Nord se préoccupe peu de la santé, les gens étaient prêts à revoir leur façon de s’alimenter.» 

L’entreprise est toujours fidèle à l’esprit original insufflé par ses fondateurs, mais sa croissance amène de nouveaux défis pour Julian Giacomelli et son personnel. En grandissant, l’entreprise a vu sa culture se transformer.

«Au départ, l’embouteillage se faisait à la main. Nous pouvions compter sur un grand nombre d’artistes et de musiciens, heureux d’avoir un bon emploi, et sur quelques scientifiques. Lorsque nous avons automatisé nos processus, la nature de notre effectif a complètement changé. Nous avons maintenant un groupe beaucoup plus petit composé de gens très qualifiés et d’ingénieurs. Et nos équipes des ventes et du marketing ont su rajeunir et dynamiser notre image auprès des consommateurs.» 

L’automne dernier, RISE Kombucha a fait une incursion aux États-Unis. La compagnie est bien connue dans la région de Montréal, et elle doit acquérir la même réputation au sud de la frontière. 

«Nous ne pouvons pas compter sur notre statut de marque pionnière pour nous implanter dans un endroit où personne ne nous connaît. Ce n’est pas facile. Nous devons reproduire ce que nous avons fait à Montréal il y a sept ou huit ans. Que faire pour nous démarquer? Il y a de la place pour beaucoup de joueurs, mais les grosses entreprises sont déjà sur les tablettes. Nous avons du pain sur la planche.»

 

Lien vers le balado (en anglais seulement)

Le présent article est une transcription condensée et modifiée d’une entrevue animée par Karl Moore, professeur agrégé à l’Université McGill, dans le cadre de l’émission The CEO Series, présentée sur les ondes de CJAD et produite par Maria Power, récemment diplômée au baccalauréat en commerce de l’Université McGill. L’entrevue intégrale fait partie de la plus récente saison de The CEO Series et est disponible en baladodiffusion.

 

À propos de ce blogue

Chaque semaine, Karl Moore, professeur agrégé à la Faculté de gestion Desautels de l’Université McGill, s’entretient avec des dirigeants d’entreprise de calibre mondiale au sujet de leur parcours, les dernières tendances dans le monde des affaires et l’équilibre travail-famille, notamment.

Karl Moore