Les équipes hétéroclites sont les plus novatrices

Publié le 05/09/2019 à 10:48

Les équipes hétéroclites sont les plus novatrices

Publié le 05/09/2019 à 10:48

Deux femmes sur une terrasse sur le toit

Helena de Oliveira, jusqu’à tout récemment chef de l’approvisionnement des biens et services indirects pour les Amériques chez Bombardier, et Ève Laurier, directrice générale chez Edelman Montréal. (Photo: courtoisie)

BLOGUE INVITÉ. Alors que leur formation d’un an avec l’International Women’s Forum (IWF) tire à sa fin, Helena de Oliveira, jusqu’à tout récemment chef de l’approvisionnement des biens et services indirects pour les Amériques chez Bombardier, et Ève Laurier, directrice générale de Edelman Montréal, sont confiantes qu’elles ont forgé un lien qui durera toute leur vie avec les 34 autres participantes au programme.

Le programme sélectionne une poignée de femmes parmi les plus performantes de la planète pour les connecter entre elles, ainsi qu’avec d’autres femmes dirigeantes et membres de l’IWF, à travers du mentorat, des formations, et l’exécution d’un projet de succession. La formation à la direction inclut des modules d’éducation de la Harvard Business School et de l’INSEAD qui sont conçus spécifiquement pour les femmes à la tête d’entreprises.

« Le programme avec l’IWF force les membres à entrer en collaboration si vite et avec une telle intensité, que je peux garantir que même si je ne vois aucune de ces femmes pendant trois ans, je pourrais décrocher le téléphone et leur dire que j’ai besoin de leur avis, et la conversation sera aussi naturelle que si on s’était vues hier », illustre Mme Laurier.

Les membres de la cohorte actuelle sont originaires de 12 pays différents, dont les États-Unis, la Turquie, et la Jamaïque. Le caractère international du groupe ne les empêche pas d’avoir formé une connexion qui dépasse leurs différences culturelles.

« D’être avec d’autres femmes dans la même position [que soit], cela fait développer un lien intime entre nous, dit Mme de Oliveira. Nous nous soutenons toutes énormément parce que nous voyons que nous faisons face aux mêmes obstacles à travers le monde. »

Ces partenariats sincères sont d’une valeur inestimable dans la vie professionnelle tout comme la vie personnelle de ces femmes. Ève Laurier pense qu’il est impératif de s’investir pleinement dans ses relations en étant curieux et honnête—une croyance que le programme de mentorat mis en place par l’IWF a renforcée.

« C’est tellement important de construire de vraies relations avec des gens qui vont être généreux et avec qui on peut avoir une connexion, explique-t-elle. Et éventuellement on peut les aider à son tour et leur renvoyer l’ascenseur. Mais ce n’est pas un simple échange, c’est une relation dans laquelle on investit. »

Mme de Oliveira apprécie elle aussi le pouvoir transcendantal des relations sérieuses au travail. Sa vision du leadership distingue l’effet de son rôle de directrice de celui de gestionnaire sur les membres d’une équipe : gérer permet simplement d’accomplir une tâche, alors que diriger peut encourager certains à s’investir plus en profondeur.

« Ce programme m’a fait comprendre qu’il est important de se concentrer non seulement sur le travail, mais aussi d’exploiter le capital que l’on obtient en travaillant pour faire avancer des causes sociales comme la diversité », songe Helena de Oliveira.

Le projet de succession que chaque participante complète fait progresser l’agenda social auquel la direction des femmes peut contribuer. Mme de Oliveira travaille avec une professeure de son alma mater, l’École Polytechnique Montréal, pour encourager plus de femmes à accéder à des postes de professeures et dirigeantes à Polytechnique.

« La beauté de la diversité c’est d’amener un élément nouveau, élabore-t-elle. Ce qu’il nous faut, c’est des personnes de différents genres, générations et cultures qui collaborent. C’est de cette manière-là qu’on peut tirer le meilleur d’un groupe, mais c’est difficile d’assembler ce genre d’équipe. C’est pour cela que le projet de succession nous aide à utiliser notre capital social et notre pouvoir pour contribuer à la société à notre façon. »

Les deux femmes apprécient le lien que le programme a créé entre les participantes, cependant elles remarquent qu’un environnement constitué uniquement de femmes illumine la nécessité de la diversité des sexes dans le lieu de travail.

« Nous nous trouvions souvent en train de nous dire que la perspective des hommes serait utile dans telle ou telle situation, dit-elle. Un lieu de travail avec seulement des hommes ou seulement des femmes n’est pas équilibré. Les hommes sont typiquement meilleurs quand il faut prendre des risques, mais ils vont trop vite. Les femmes se fient aux faits. Donc, ce dont on a besoin c’est quelqu’un qui peut dire “on y va”, mais aussi une personne qui peut prendre son temps et considérer les angles morts d’une décision. C’est ce mélange qui forme une bonne équipe. »

Malgré leurs illustres carrières, Helena de Oliveira et Ève Laurier restent humbles. En faisant le tour des campus de Harvard et de l’INSEAD pendant sa formation, Mme Laurier a enregistré des vidéos pour envoyer à sa famille comme geste de remerciement pour leur encouragement qui lui a permis de se rendre à deux des meilleures écoles de business au monde.

« Si on arrête de se pincer dans la vie, c’est le moment où on cesse d’être un bon leader, dit Ève Laurier. On ne peut rien tenir pour acquis. Les positions de dirigeants sont remplies d’opportunités et il faut toujours se montrer reconnaissant. »

Lien vers le balado (en anglais seulement)

Le présent article est une transcription condensée et modifiée d’une entrevue animée par Karl Moore, professeur agrégé à l’Université McGill, dans le cadre de l’émission The CEO Series, présentée sur les ondes de CJAD et produite par Marie Labrosse, étudiante à la maîtrise en langue et littérature anglaises à l’Université McGill.. L’entrevue intégrale fait partie de la plus récente saison de The CEO Series et est disponible en baladodiffusion.

 

À propos de ce blogue

Chaque semaine, Karl Moore, professeur agrégé à la Faculté de gestion Desautels de l’Université McGill, s’entretient avec des dirigeants d’entreprise de calibre mondiale au sujet de leur parcours, les dernières tendances dans le monde des affaires et l’équilibre travail-famille, notamment.

Karl Moore