La recette du succès selon le président du CA de Daimler AG, Ola Källenius

Publié le 09/03/2021 à 09:34

La recette du succès selon le président du CA de Daimler AG, Ola Källenius

Publié le 09/03/2021 à 09:34

Ola Källenius

« En affaires, vous ne pouvez pas vous reposer sur vos lauriers», affirme Ola Källenius, président du conseil d’administration de Daimler AG et de Mercedes-Benz AG. (Photo: Getty Images)

BLOGUE INVITÉ. Lorsqu’on commence sa carrière à la sortie de l’université, il peut sembler extrême de s’imaginer à la tête de l’entreprise. Ola Källenius, président du conseil d’administration de Daimler AG et de Mercedes-Benz AG, a commencé chez Daimler comme stagiaire à la fin de sa maîtrise. À l’époque il ne s’imaginait peut-être pas éventuellement gérer le groupe, mais au cours de ses 28 ans de carrière, il n’a cessé de gravir les échelons jusqu’à atteindre le plus haut poste de direction de l’organisation.

M. Källenius s’est positionné comme un leader toujours prêt à apprendre et à s’adapter, une compétence qui a clairement facilité sa croissance au sein de l’organisation. Il est attentif aux réactions de ses employés et adapte son style de gestion en conséquence. L’ouverture et l’inclusion sont les principes centraux de sa philosophie de gestion, tout comme la conviction qu’une équipe plus diversifiée conduit à de meilleurs résultats.

« Les entreprises portent une responsabilité, explique M. Källenius. La plupart des études sur les entreprises ayant une équipe de direction plus diversifiée et qui mettent en évidence des idées et des cultures différentes montrent toujours la même chose : une équipe diversifiée produit de meilleurs résultats commerciaux. En tant qu’entreprise, votre stratégie commerciale devrait donc consister à promouvoir cela. »

En conséquence, les dirigeants non allemands occupent un quart des postes de direction de Mercedes. En outre, l’entreprise s’est engagée à poursuivre l’égalité des sexes et s’est fixé comme objectif d’augmenter chaque année la proportion de femmes dirigeantes, qui est déjà passée de 6 % au début des années 2000 à 20 % en 2020.

M. Källenius est devenu un leader mondial dans le vrai sens du terme. Il encourage un environnement inclusif, mais il a également fait un effort pour adapter subtilement son propre style de gestion aux normes allemandes tout en restant fidèle à ses racines suédoises. 

L’équilibre que M. Källenius parvient à trouver entre son passé et son présent se traduit par sa stratégie qui consiste à adopter une vision moderne pour Mercedes tout en continuant à défendre les valeurs qui en ont fait une entreprise hors du commun depuis un siècle. Sa capacité à rester ouvert a permis à M. Källenius de faciliter la progression d’un géant de l’industrie automobile dans le 21e siècle. Compte tenu des perturbations du secteur et du fait que la définition du luxe ne cesse d’évoluer, rester pertinent signifie embrasser le changement plutôt que de simplement survivre grâce à son historique de succès.

« En affaires, vous ne pouvez pas vous reposer sur vos lauriers et être simplement fier de votre héritage, affirme M. Källenius. Il faut constamment réinventer l’invention. Il faut aussi réinventer la promesse de votre marque. » 

M. Källenius décrit les changements qui se produisent dans l’industrie automobile concernent principalement les avancées technologiques et la durabilité. Pour Mercedes, faire face à ces changements signifie s’efforcer de développer des véhicules de haute technologie à bilan carbone neutre tout en maintenant l’expérience de conduite supérieure pour laquelle la marque est connue.

« Compte tenu de l’évolution actuelle de l’industrie automobile, nous sommes en pleine mutation vers de nouvelles technologies, nous passons des moteurs à combustion à l’électrification, dit M. Källenius. La voiture devient une architecture logicielle et un système d’exploitation sur roues. C’est incroyable la puissance de calcul que nous pouvons mettre dans un véhicule aujourd’hui par rapport à il y a dix ans. » 

La vision de l’avenir réimaginée par Mercedes va au-delà des capacités logicielles : le constructeur automobile prévoit une production neutre en carbone dans toutes les usines de voitures et de fourgonnettes Mercedes-Benz à partir de 2022 et, à terme, d’électrifier l’ensemble de son parc automobile. Selon M. Källenius, l’avenir du luxe exige une réflexion de fond sur la durabilité. 

« Nous prenons l’accord de Paris très au sérieux, dit-il. Nous ne nous contentons pas d’inverser la tendance mentale, nous avons fait des transformations au niveau de l’allocation de capital. Nous sommes sur une voie où nous allons réduire l’empreinte de CO2 de nos produits et de nos usines de production pour finalement devenir complètement neutres en CO2. »

Daimler est bien placé pour assumer une telle tâche, car son équipe semble toujours être en avance sur son temps. Ayant effectué un exercice de crise aléatoire centré autour d’un scénario de pandémie en 2019, l’équipe de gestion de crise était prête lorsque la COVID-19 a frappé. L’équipe s’est inspirée de sa formation ainsi que des protocoles internes qu’elle a dû élaborer en Chine au début de la pandémie pour survivre au choc qui a balayé le monde entier. L’unité mondiale de l’entreprise et sa capacité à planifier lui ont permis d’atténuer les pertes causées par les perturbations de la chaîne d’approvisionnement. 

En restant fidèle à cette culture d’entreprise communicative, diverse et unie, avec un regard cohérent sur l’avenir, Mercedes est prête à relever les défis à venir tout en restant attachée à ses valeurs.

« Nous traversons une période où il faut beaucoup écouter, prendre le pouls et comprendre ce qui se passe dans le monde et dans les différents marchés, dit M. Källenius. »

Grâce à cette capacité démontrée à prêter une oreille attentive aux besoins de son équipe et du marché, il ne fait aucun doute que M. Källenius réussira à faire entrer Mercedes dans une nouvelle ère de marques héritées qui résistent à l’épreuve du temps.

Karl Moore et Haley Crawford. Karl est professeur agrégé dans la Faculté de gestion Desautels de l’Université McGill et Haley est étudiante en maîtrise à la Ivey Business School.

 

 

 

 

À propos de ce blogue

Chaque semaine, Karl Moore, professeur agrégé à la Faculté de gestion Desautels de l’Université McGill, s’entretient avec des dirigeants d’entreprise de calibre mondiale au sujet de leur parcours, les dernières tendances dans le monde des affaires et l’équilibre travail-famille, notamment.

Karl Moore

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