Cirque du Soleil: «on recherche ce qui nous fait plaisir»

Publié le 20/08/2019 à 14:05

Cirque du Soleil: «on recherche ce qui nous fait plaisir»

Publié le 20/08/2019 à 14:05

Le premier vice-président, Filiales, Groupe Cirque du Soleil, et directeur du Blue Man Group, Davide Pisanu.

Le premier vice-président, Filiales, Groupe Cirque du Soleil, et directeur du Blue Man Group, Davide Pisanu. (Photo: courtoisie)

BLOGUE INVITÉ. Davide Pisanu, premier vice-président, Filiales, Groupe Cirque du Soleil, et directeur du Blue Man Group, a endossé de nombreux rôles depuis son arrivée il y a trois ans au sein de l’entreprise de réputation mondiale spécialisée dans l’univers du spectacle. Outre son travail auprès des entreprises que le Cirque du Soleil a acquises dernièrement, il a supervisé l’équipe de stratégie et de transformation et vient de passer quelques mois à Las Vegas, à titre de premier vice-président par intérim de la Division des spectacles permanents. 

Cette montagne de responsabilités dans une entreprise qui compte plus de 4 500 employés dans ses multiples divisions et filiales n’a rien de simple, mais M. Pisanu est véritablement l’homme de la situation. Il adore la gymnastique mentale qu’exige la gestion des divers portefeuilles relevant de lui, et cet enthousiasme est, sans conteste, la clé de son succès auprès du Groupe Cirque du Soleil.

«Au fond, on recherche ce qui nous apporte du plaisir et nous insuffle de l’énergie, explique M. Pisanu. Le succès, c’est un amalgame de travail acharné, de compétences fondamentales et de plaisir. Pour ma part, je tire une énergie débordante de la résolution de problèmes complexes, de la transformation d’organisations et de la préparation de leur expansion.» 

Montréalais d’origine, M. Pisanu tire en partie son plaisir au travail de sa participation à une grande réussite québécoise. Le Groupe Cirque du Soleil est né d’une troupe d’artistes de cirque, Les Échassiers, qui a sillonné le Québec en 1980 pour devenir le chef de file mondial du spectacle sur scène. 

«La participation à une entreprise plus grande que moi et si importante pour notre ville, notre province et notre pays a joué un rôle de premier plan dans ma décision [de me joindre au Cirque du Soleil]», précise M. Pisanu. 

La convergence des cultures francophone et anglophone, si caractéristique de la ville où la troupe s’est épanouie, est également au cœur du succès commercial de cette dernière. Aux yeux de Davide Pisanu, l’entreprise multiculturelle du Groupe a fait de Montréal un pôle créatif du même calibre que New York et Los Angeles.

«Les produits emblématiques du Cirque du Soleil ont véritablement subi l’influence du contact entre deux cultures: celle du cirque européen classique et celle du cirque itinérant nord-américain [sous un chapiteau], ajoute-t-il. C’est la rencontre d’un esthétisme et d’un modèle d’affaires uniques, et Montréal, ville aux cultures si diversifiées, est probablement le seul endroit où elle pouvait avoir lieu.»

Si on compte son passage de trois ans chez McKinsey & Company, M. Pisanu a trois carrières à son actif, soit celles d’avocat, de consultant et de cadre supérieur. Il attribue ces multiples carrières à son besoin perpétuel de relever des défis, et il se considère comme un penseur critique qui cherche à créer le changement et la transformation plutôt que comme un adepte du statu quo. 

«Je gravite autour des entreprises en période de changement, constate M. Pisanu. L’enthousiasme et l’intensité que suscite la transformation me motivent, tout comme les équipes et les collègues avec qui je travaille.» 

M. Pisanu croit que les trajectoires indirectes comme la sienne constituent une tendance qui point dans le monde actuel marqué par l’incertitude. Plutôt que de gravir peu à peu les échelons au sein d’une entreprise, les professionnels actuels doivent toujours demeurer à l’affût de nouvelles occasions à saisir. 

«Contrairement à la situation qui avait cours il y a 30 ans, personne ne sait de quoi notre monde sera fait dans deux ans, souligne Davide Pisanu. Les jeunes d’aujourd’hui doivent se préparer à se réinventer continuellement.» 

Ajoutons que les imprévus du monde des affaires ont changé les styles de gestion. Les dirigeants doivent accepter de délaisser les modèles et les techniques classiques, tels que les plans d’expansion à long terme, en faveur de l’adaptation.

«De nos jours, nous prenons des décisions constamment, fait observer M. Pisanu. À titre de haut dirigeant, je ne prends pour ainsi dire jamais de décisions qui auront une portée dans cinq ans, puisque tant notre secteur d’activités que les besoins commerciaux sont en constante évolution. Bien sûr, il faut élaborer une stratégie pour avoir un point de repère, mais il faut également être assez souple et agile pour réviser ses positions à intervalles réguliers.»

Le bon côté de la chose, c’est que la souplesse des leaders devant l’incertitude est propice à l’application d’un modèle commercial davantage axé sur la participation, même dans de grandes entreprises comme le Groupe Cirque du Soleil. M. Pisanu reconnaît qu’il faut du courage pour proposer de nouvelles idées, que ce soit à titre d’employé débutant ou de nouveau venu dans un secteur d’activités. Mais, insiste-t-il, le jeu en vaut la chandelle.

«Les gens ont peur d’être jugés s’ils commettent un impair en exprimant le fond de leur pensée, fait observer M. Pisanu. Mais il faut s’habituer à formuler des idées, à prendre sa place et à essayer de nouvelles façons de faire. Tout ça s’additionne en cours de carrière. S’il est un moment propice pour prendre des risques et se tromper, c’est bien au tout début.» 

 

Lien vers le balado (en anglais seulement)

Le présent article est une transcription condensée et modifiée d’une entrevue animée par Karl Moore, professeur agrégé à l’Université McGill, dans le cadre de l’émission The CEO Series, présentée sur les ondes de CJAD et produite par Marie Labrosse, étudiante à la maîtrise en langue et littérature anglaises à l’Université McGill.. L’entrevue intégrale fait partie de la plus récente saison de The CEO Series et est disponible en baladodiffusion.

 

À propos de ce blogue

Chaque semaine, Karl Moore, professeur agrégé à la Faculté de gestion Desautels de l’Université McGill, s’entretient avec des dirigeants d’entreprise de calibre mondiale au sujet de leur parcours, les dernières tendances dans le monde des affaires et l’équilibre travail-famille, notamment.

Karl Moore