Vous ne lancerez pas votre start-up en travaillant le soir sur votre grande idée

Publié le 12/09/2016 à 15:26

Vous ne lancerez pas votre start-up en travaillant le soir sur votre grande idée

Publié le 12/09/2016 à 15:26

Développer une app ou un site Web ne coûte plus rien en 2016. Malheureusement, on ne peut pas en dire autant du loyer de mon appartement et des bagels de Fairmont dont je m’alimente depuis que Hardbacon a déménagé à La Gare. Plusieurs entrepreneurs avec qui j’ai discuté au courant des dernières semaines, connaissant ma situation, m’ont d’ailleurs suggéré de me trouver un emploi d’une journée ou deux par semaine pour éviter de manquer d’argent.

Le premier m’a confié être passé proche de la dépression en se mettant la pression de générer des revenus avec sa start-up tout en refusant de réaliser des contrats alimentaires. Depuis qu’il a un travail d’une journée par semaine, sa start-up se porte mieux, puisqu’il ressent moins de pression et peut désormais investir quelques dollars dans son entreprise chaque semaine.

Le second, quant à lui, m’a confié qu’avoir un emploi à temps partiel permet de vivre mieux le stress qui vient avec les rondes successives de financement dans une start-up. Obtenir du financement prend généralement plus de temps que prévu et ce n’est pas en étant désespéré qu’on est capable de négocier les meilleures ententes qui soient avec des investisseurs. 

Je pense qu’ils ont raison et c’est clair que je ne dirais pas non à un contrat de consultation payé 100$ l’heure à raison de 8 heures par semaine. Pour l’instant, mon seul «emploi» à temps partiel est la publication de ce billet hebdomadaire et d’une chronique bi-hebdomadaire sur les médias sur urbania.ca. J’écris ces textes uniquement la fin de semaine, de sorte que je consacre 100% de mon temps durant la semaine à bâtir mon empire.

Possible de lancer une start-up à temps partiel?

Ce qui m’amène au second argument de ce billet. Ce n’est pas vraiment possible de lancer une start-up à temps partiel. Je ne dis pas que c’est tout à fait impossible, mais presque. Ces derniers temps, je rencontre beaucoup de professionnels qui sont intéressés par l’univers des fintechs, mais qui voudraient s’y lancer sans quitter leur emploi, histoire de tester la température de l’eau avec leur gros orteil avant de plonger.

Je ne dis pas qu’on ne peut pas faire des recherches, et même bâtir un produit minimum viable tout en ayant un emploi à temps plein de jour. C’est d’ailleurs la proposition de programmes comme le Founder Institute. Après tout, j’avais moi-même démontré que c’était possible de lancer une startup en 7 jours à l’époque où j’étais encore journaliste à Les Affaires

Mais il y a une mer de différence entre lancer quelque chose et bâtir une entreprise pérenne et profitable. Si c’est tout à fait rationnel d’aller valider certains aspects de son idée avant de quitter son boulot, c’est irréaliste de penser que vous allez générer assez de revenus avec votre start-up pour rendre votre démission tout à fait rationnelle.

En fait, le scénario le plus probable est que votre idée fera du surplace, car vous n’aurez pas assez de temps à y consacrer, et que vous abandonnerez le combat sans jamais savoir si vous aviez ce qu’il faut pour transformer votre idée en entreprise viable. C’est du moins mon expérience, lorsque j’étais journaliste à Les Affaires et que j’essayais, le soir venu, de faire avancer des projets de start-ups. 

La triste réalité, c’est qu’il faut une bonne dose d’irrationalité pour démarrer une start-up et que ça implique immanquablement de prendre un risque immense. Dans mon cas, mon investissement est essentiellement mon temps et ma réputation, tandis que d’autres entrepreneurs mettront de l’argent sur la table ou hypothéqueront leur maison.

Tout ça pour vous dire qu’être entrepreneur à temps partiel, ce n’est pas une option. Et ce n’est pas vrai qu’avec la bonne idée, ou le bon plan d’affaires, un investisseur vous signera un chèque qui vous permettra de passer d’employé à entrepreneur sans prendre de risque. Si vous trouvez que c’est trop risqué, félicitations; vous êtes quelqu’un de rationnel. Dans le cas contraire, je suis désolé de vous l’apprendre, mais vous êtes probablement un entrepreneur.

Principales réalisations:

  • Signature d’un partenariat avec RateHub
  • Réalisation d’un AMA sur Reddit
  • Ajout d’une page d’archives sur Hardbacon
  • Implantation d’un nouveau système de captures de leads

Mesures de croissance:

  • Revenu: 350$ (total: 1250$, croissance hebdo: 39%)
  • Nouveaux abonnés à l’infolettre : 108 (total: 2355, croissance hebdo: 5%)
  • Nouveaux abonnés sur Snapchat : 3 (total 119, croissance hebdo: 3%)
  • Nouveaux abonnés sur Instagram : 17 (total: 431, croissance hebdo: 4%)
  • Nouveaux J’aime sur Facebook : 32 (total: 1702, croissance hebdo:2%)

À propos de ce blogue

DE ZÉRO À UN MILLION est le blogue de Julien Brault, qui a fondé la start-up Hardbacon en juin 2016. L’ancien journaliste de Les Affaires relate ici chaque semaine comment il transforme une idée en entreprise. Dans ce blogue, Julien Brault dévoile notamment chaque semaine ses revenus. Une démarche sans précédent qui est cohérente avec les aspirations de Hardbacon, qui vise à aider les gens à investir intelligemment en faisant voler en éclat le tabou de l’argent. Ce blogue sera ainsi alimenté jusqu’à ce que Hardbacon, qui n’avait aucun revenu lors de la publication du premier billet, génère un million de dollars en revenu annuel.

Julien Brault

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