Solu, l'ordinateur du futur qui vous permet de transporter le Web dans votre poche

Publié le 12/11/2015 à 08:29

Solu, l'ordinateur du futur qui vous permet de transporter le Web dans votre poche

Publié le 12/11/2015 à 08:29

Kristoffer Lawson, le pdg de Solu, est un entrepreneur qui ne connaît pas le mot «impossible». [Photo : Julien Brault]

HELSINKI – Il y a des gens qui se plaignent du statu quo et il y en a d’autres qui ne peuvent s’empêcher de lui opposer une alternative. L’entrepreneur finlandais Kristoffer Lawson fait partie de la deuxième catégorie. Je le connaissais déjà pour avoir lancé une banque en ligne innovatrice automatisant la comptabilité des PME, dont j’avais déjà traité sur mon blogue. Aussi, lorsque j’ai appris qu’il voulait réinventer l’ordinateur avec Solu, je savais qu’il ne s’agissait pas que de paroles creuses et je n’ai pas manqué de l’interviewer à l’occasion de la conférence Slush.

«C’est une idée que j’ai depuis 15 ans, mais les conditions sont réunies aujourd’hui pour en faire une réalité», m’a confié Kristoffer Lawson, en me présentant le Solu, un ordinateur de la taille d’un sous-verre doté de fonctionnalités étonnantes. Comme un Mac mini, l’ordinateur a été conçu pour être branché à un écran d’ordinateur. Il est toutefois doté d’un écran tactile qui en fait une micro-tablette (en bois finlandais!) qui peut être utilisée de manière indépendante ou servir d’écran secondaire.

L’aspect matériel du Solu est toutefois secondaire. Dans les faits, s’il a retenu mon attention, c’est parce qu’il redéfinit la frontière entre les applications en ligne et locales que le Solu se démarque. Pour Kristoffer Lawson, les systèmes d’exploitation comme Windows et Linux (une autre invention finlandaise) ont été conçus à une époque où le Web n’existait pas et, par conséquent, ne sont pas adaptés à la nouvelle réalité d'Internet.

Alors qu’un nombre grandissant de nos outils prennent la forme d’applications en ligne comme Gmail, Facebook, Salesforce ou Slack, Kristoffer Lawson a voulu créer un ordinateur conçu pour le Web, mais capable d’accéder à ces outils même lorsqu’une connexion Internet n’est pas accessible. Sa vision rejoint en partie celle qui a mené à la conception des Chromebook de Google, des ordinateurs qui sont limités à l’utilisation d’applications en ligne par l’entremise du navigateur Chrome.

SoluOS, le système d’exploitation de l’appareil, est basé sur Linux et Android et il permet de faire rouler des applications Android localement. Toutefois, Kristoffer Lawson a développé son système d’exploitation afin de faire rouler des applications HTML 5 pouvant autant être utilisées en ligne que localement. Une fois le Solu branché à Internet, les tâches effectuées hors ligne seront aussitôt transmises à la version hébergée de l’application.

La beauté de la technologie de Solu est que cette capacité de travailler hors ligne avec des applications en ligne ne sera pas exclusive aux applications développées pour le SoluOS. En fait, SoluOs a été conçu de manière à enregistrer localement (en cache) un maximum de documents Web, de sorte que l’utilisateur pourra accéder à une version partielle de ses sites Webs préférés. Le Solu, par exemple, devrait permettre d’envoyer des messages Facebook dans un avion sans Wi-FI, lesquels seront acheminés dès que le Solu sera branché à Internet.

Comme le Chromobook, le Solu pourrait intéresser les marchés de l’entreprise et de l’éducation, qui pourrait y voir un moyen d’économiser en frais de support informatique. En effet, le Solu ayant été conçu pour utiliser des applications en ligne, on parle d’un appareil qui n’a pas vraiment besoin de support informatique. Et comme toutes les données emmagasinées sur le Solu seront hébergées sur Internet, égarer ou briser l’appareil ne sera pas lourd de conséquences.

Finalement, le Solu se démarque aussi du Chromebook, qui est associé à Google Drive, en cela que toutes les données hébergées par l’entreprise le seront en Finlande, dont les lois en matière de vie privée sont parmi les plus robustes dans le monde… ce qui est loin d’être le cas des États-Unis. Qui plus est, Kristoffer Lawson m’assure que la technologie de cryptage qu’il a choisi d’utiliser l’empêcherait d’accéder aux données de ses utilisateurs.

Le Solu est un projet innovateur sur plusieurs plans. La start-up apporte ainsi un vent de fraicheur dans un secteur où on a vu peu de produits innovateurs au courant des dernières années, peut-être à l’exception des Surface de Microsoft. Son talon d’Achille est toutefois son prix assez dispendieux. On peut se procurer le Solu pour 349 euros (499 $CA) sur Kickstarter, un prix qui devrait passer à 449 euros (642 $CA) lors de son lancement au printemps. Le prix du Solu inclut un abonnement de trois mois au service d’hébergement associé, sans lequel l’appareil ne sert pas à grand-chose. Ensuite, l’abonnement coûtera 19$US par mois pour 2000 Go de stockage.

À propos de ce blogue

DE ZÉRO À UN MILLION est le blogue de Julien Brault, qui a fondé la start-up Hardbacon en juin 2016. L’ancien journaliste de Les Affaires relate ici chaque semaine comment il transforme une idée en entreprise. Dans ce blogue, Julien Brault dévoile notamment chaque semaine ses revenus. Une démarche sans précédent qui est cohérente avec les aspirations de Hardbacon, qui vise à aider les gens à investir intelligemment en faisant voler en éclat le tabou de l’argent. Ce blogue sera ainsi alimenté jusqu’à ce que Hardbacon, qui n’avait aucun revenu lors de la publication du premier billet, génère un million de dollars en revenu annuel.

Julien Brault

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