Nightcrawler ou comment faire un MBA sans aller à l'université

Publié le 21/05/2015 à 11:45

Nightcrawler ou comment faire un MBA sans aller à l'université

Publié le 21/05/2015 à 11:45

[Photo : capture d'écran]

Pour ceux qui n’ont pas vu le film, Nightcrawler met en scène Louis Bloom (Jake Gyllenhaal), un voleur de Los Angeles qui aspire à un emploi légal. Il finit toutefois par créer son propre emploi suite à une rencontre fortuite avec un caméraman spécialisé en scènes de crime. Louis Bloom n’est pas éduqué, mais il connaît un succès en affaires, qu’il semble autant devoir à des cours de gestion qu’il a suivi en ligne qu’à son mépris pour les lois et l’éthique.

Si le scénario de Nightcrawler n’est pas sans faille, il n’en illustre pas moins une nouvelle réalité : il est plus facile que jamais d’aller chercher les compétences qui nous manquent pour se lancer en affaires grâce aux cours en ligne ouverts et massifs (MOOC). De fait, l’offre de MOOC dans les créneaux de l’entrepreneuriat, des finances et de la gestion est telle que Laurie Pickard, une Américaine de 33 ans vivant au Rwanda, a décidé de compléter l’équivalent d’un MBA grâce à ces cours en ligne et documente son expérience sur son blogue No-Pay MBA.

Si ces cours ne sont pas crédités, ils sont reconnus par certains employeurs et viennent peupler la rubrique «Éducation» d’un nombre grandissant de profils LinkedIn. Pour ajouter une légitimité supplémentaire à ses cours, la plateforme Coursera offre la possibilité de payer pour obtenir des certificats vérifiés, qui authentifient l’identité de l’étudiant et peuvent être consultés en ligne. En déboursant 55 $, j’ai donc obtenu un certificat vérifié pour Developing Innovative Ideas for New Companies: The First Step in Entrepreneurship! de l’Université du Maryland.

Coursera offre aussi des spécialisations, qui nécessitent l’obtention de plusieurs certificats vérifiés ainsi que de compléter un projet. Parmi les spécialisations qui recoupent des disciplines du MBA, mentionnons Business Foundations de Wharton, dont les 50 meilleurs étudiants auront la chance d’appliquer gratuitement au véritable programme de MBA de la célèbre université (qui lui, est loin d’être gratuit).

De nombreuses autres options s’offrent à ceux qui veulent étoffer leur expertise en affaires, dont la plateforme edX, qui offre elle aussi des certificats vérifiés, et la plateforme NovoEd. Sur cette dernière, j’ai notamment suivi Technology Entrepreneurship offert par Stanford, une formation axée sur l’entrepreneuriat tel que pratiqué dans la Silicon Valley.

S’il ne débouche pas sur un certificat vérifié, ce dernier cours a l’avantage d’exiger la formation d’équipes. Plusieurs forment des équipes internationales, ce qui permet de tisser des liens avec des contacts à l’étranger, mais j’ai pour ma part formé une équipe locale. De cette manière, nous pouvions nous réunir chaque semaine et discuter du cours. L’apprentissage ne venait ainsi plus seulement des vidéos et des lectures imposées par le cours, mais aussi, des échanges entre les divers membres du groupe, qui avaient chacun des expertises différentes.

Dans les faits, même pour les cours n’impliquant pas de travail d’équipe, former une équipe est toujours une option plus intéressante. Qui plus est, c’est une occasion de réseauter, et il va sans dire que les occasions de réseautage sont une partie importante de la proposition de valeur d’un MBA.

En français, l’offre est plus limitée, mais HEC Montréal vient de dévoiler une offre de MOOC assez étoffée offerte sur sa plateforme EDUlib. Parmi les cours offerts, mentionnons Introduction au marketing, Réussir sa création d’entreprise - L'approche SynOpp et Comprendre les états financiers. Ailleurs dans la francophonie, HEC Paris a offert quelques cours sur Coursera, mais aucune date de reprise n’a encore été dévoilée pour ses cours. L’École de commerce ESSEC, pour sa part, y offre en tout temps Changer le monde : passons à l'action!.

Compte tenu de toutes les ressources disponibles gratuitement en ligne, pensez-vous que les MBA traditionnels en valent toujours la peine? Après tout, même les universités traditionnelles recourent de plus en plus aux vidéos et à l’apprentissage en ligne. Pour revenir au film Nightcrawler, j’ai appris en cherchant un extrait pour ce blogue qu’un cours sur la négociation offert à la School of Business and Management Institut Teknologi Bandung (SBM ITB), en Indonésie, basait un de ses devoirs sur la scène ci-dessous. Comme quoi en matière de négociation, la combinaison de l’université de la rue et d’un MOOC constitue une combinaison redoutable...

 

À propos de ce blogue

DE ZÉRO À UN MILLION est le blogue de Julien Brault, qui a fondé la start-up Hardbacon en juin 2016. L’ancien journaliste de Les Affaires relate ici chaque semaine comment il transforme une idée en entreprise. Dans ce blogue, Julien Brault dévoile notamment chaque semaine ses revenus. Une démarche sans précédent qui est cohérente avec les aspirations de Hardbacon, qui vise à aider les gens à investir intelligemment en faisant voler en éclat le tabou de l’argent. Ce blogue sera ainsi alimenté jusqu’à ce que Hardbacon, qui n’avait aucun revenu lors de la publication du premier billet, génère un million de dollars en revenu annuel.

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