Les milliards se cachent dans les nuages

Publié le 23/03/2011 à 19:29, mis à jour le 25/03/2011 à 13:47

Les milliards se cachent dans les nuages

Publié le 23/03/2011 à 19:29, mis à jour le 25/03/2011 à 13:47

Le terme « informatique en nuages » ou « cloud computing » en anglais n’étant pas sans irriter plusieurs professionnels des TI, on pourrait croire qu’il est surtout relayé par les journalistes. Rien n’est plus faux. Certes, les détracteurs du terme ont en partie raison d’affirmer que l’informatique en nuages est une expression valise qui regroupe plusieurs technologies qui, dans certains cas, existent depuis longtemps. Cependant, si on peut accuser les journalistes d’apprécier le terme en raison des mauvais jeux de mots qu’il rend possibles, les investisseurs et ceux qui bénéficient de leurs fonds ont des milliards de bonnes raisons d’aimer les nuages.

Les nuages attirent le capital de risque

Les entreprises en démarrage Box.net, Dropbox et Evernote ont chacune fait l’objet d’investissements de plusieurs dizaines de millions de dollars et un rachat ou un appel public à l’épargne pourrait, du moins selon cet article de Businessweek, leur conférer une valeur qui se chiffrerait en milliards de dollars. Le succès phénoménal de ces entreprises en démarrage auprès des investisseurs rejoint le propos d’un entrepreneur québécois du domaine, qui m’expliquait, avec un soupçon de dédain dans la voix, qu’une entreprise de la Silicon Valley n’avait qu’à se qualifier de « cloud computing company » pour aller chercher des millions en capital de risque.

Si les attentes des investisseurs face à l’énorme potentiel de l’informatique en nuages sont peut-être exagérées, il ne faudrait pas pour autant croire que les entreprises qui s’en réclament sont des coquilles vides. Les trois entreprises mentionnées plus haut ont d’ailleurs une importante base d’utilisateurs et génèrent des revenus tout aussi respectables.

Les nuages cotés en bourse

Du côté des entreprises publiques, le succès de SalesForce.com, qui génère un chiffre d’affaires annuel de plus d’un milliard de dollars en commercialisant ses logiciels en nuages, n’est pas sans susciter l’envie. Bien qu’impliqués dans de nombreuses autres activités, Google (Google Apps) et Amazon (Amazon Web Services) ont été des précurseurs en la matière et on ne peut pas dire que leur action a fait du surplace ces dernières années.

Tandis que Microsoft occupe le marché depuis quelques années et accélère le pas cette année, notamment avec le lancement imminent de Microsoft Office 365, un fabricant d’ordinateurs et de serveurs, Hewlett-Packard, a récemment dévoilé son plan visant à devenir un joueur important en matière d’informatique en nuages. L’entreprise a beau être le premier fabricant d’ordinateurs dans le monde, sa décision stratégique semble, du moins à première vue, peu cohérente avec sa mission d’entreprise. Que diriez-vous, si Bombardier (ou Boeing) souhaitait adjoindre à ses activités de constructeur d’avions, celles d’opérateur d’une ligne aérienne concurrente… de ses clients. Vous diriez probablement que les opérations de Bombardier devraient se dérouler dans ses usines… et non dans les nuages.

 

À propos de ce blogue

DE ZÉRO À UN MILLION est le blogue de Julien Brault, qui a fondé la start-up Hardbacon en juin 2016. L’ancien journaliste de Les Affaires relate ici chaque semaine comment il transforme une idée en entreprise. Dans ce blogue, Julien Brault dévoile notamment chaque semaine ses revenus. Une démarche sans précédent qui est cohérente avec les aspirations de Hardbacon, qui vise à aider les gens à investir intelligemment en faisant voler en éclat le tabou de l’argent. Ce blogue sera ainsi alimenté jusqu’à ce que Hardbacon, qui n’avait aucun revenu lors de la publication du premier billet, génère un million de dollars en revenu annuel.

Julien Brault

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