Les manufacturiers québécois boudent-ils le commerce électronique?

Publié le 18/05/2011 à 23:49, mis à jour le 20/05/2011 à 13:26

Les manufacturiers québécois boudent-ils le commerce électronique?

Publié le 18/05/2011 à 23:49, mis à jour le 20/05/2011 à 13:26

[Photo : Renaud-Bray]

Un nouveau sondage SOM révèle que 72 % des entreprises manufacturières québécoises demeurent imperméables à toute forme de commerce électronique, que ce soit par l’entremise de leur site Internet ou d’un réseau échange de données informatisées (EDI). Dévoilé à l’occasion du Salon eCom Montréal 2011, qui s’est déroulé le mercredi 18 mai au Palais des congrès de Montréal, le sondage démontre que plusieurs entreprises lèvent le nez sur une source de revenus incontournable… tandis que d’autres en profitent.

Alors que plus de 70 % des entreprises manufacturières ayant recours au commerce électronique sont satisfaites de leur expérience, 63 % de celles qui ont renoncé à le faire n’ont pas l’intention de revenir sur leur décision au courant des cinq prochaines années. Le sondage, mené auprès de quelque 209 entreprises manufacturières québécoises réalisant un chiffre d’affaires annuel de plus de 10 millions de dollars, révèle ainsi une inertie inquiétante au sein des entreprises québécoises.

Les entreprises expliquent, toujours selon le même sondage, leur désintérêt pour le commerce électronique en invoquant notamment que leur produit « s’y prête mal » ou que leur « clientèle n’est pas prête ». Si la vente au détail de chaussures en ligne peut rapporter plus d’un milliard (Zappos.com) et si un site de rencontres destiné aux fermiers peut attirer des dizaines de milliers d’utilisateurs payants (FarmersOnly.com), le commerce électronique est sans contredit pour tout le monde. Bref, avant de pointer leurs clients, les entreprises manufacturières devraient se livrer à une sérieuse introspection.

Du reste, puisque l’adage veut que seuls les fous ne changent pas d’idée, il y a une lueur d’espoir. L’une des conférences proposées à l’occasion du Salon eCom portait justement sur une entreprise dont la direction a changé d’idée. Il s’agit de la chaîne de librairies Renaud-Bray, dont l’actuel directeur général, Blaise Renaud, me confiait il y a quelques années que les ventes en ligne n’étaient pas vraiment stratégiques pour l’entreprise, puisqu’elles représentaient moins de 1 % du chiffre d’affaires du détaillant. Aujourd’hui, après avoir investi dans un nouveau site Internet et dans un centre de distribution dédié aux commandes en ligne de 40 000 pieds carrés, Renaud-Bray réalise un chiffre d’affaires en ligne de quelque 6,5 millions de dollars, ce qui représente 5 % du chiffre d’affaires de la chaîne!

À propos de ce blogue

DE ZÉRO À UN MILLION est le blogue de Julien Brault, qui a fondé la start-up Hardbacon en juin 2016. L’ancien journaliste de Les Affaires relate ici chaque semaine comment il transforme une idée en entreprise. Dans ce blogue, Julien Brault dévoile notamment chaque semaine ses revenus. Une démarche sans précédent qui est cohérente avec les aspirations de Hardbacon, qui vise à aider les gens à investir intelligemment en faisant voler en éclat le tabou de l’argent. Ce blogue sera ainsi alimenté jusqu’à ce que Hardbacon, qui n’avait aucun revenu lors de la publication du premier billet, génère un million de dollars en revenu annuel.

Julien Brault

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