Le mastodonte américain WeWork occupera deux étages de la Place Ville Marie

Publié le 03/03/2016 à 16:27

Le mastodonte américain WeWork occupera deux étages de la Place Ville Marie

Publié le 03/03/2016 à 16:27

[Photo : Julien Brault]

C’était l’un des secrets les moins bien gardés à Montréal en raison du battage sur les médias sociaux. Il faut dire qu’avec 60 000 pieds carrés répartis sur deux étages de la Place Ville Marie, WeWork n’aura d’autre choix que de faire du bruit pour atteindre ses objectifs de location.


Pour l’instant, WeWork n’a aménagé que la moitié du 4e étage de la Place Ville Marie, où une poignée de locataires montréalais travaillent depuis le 1er mars. En septembre, toutefois, deux étages entiers devraient être aménagés, permettant à l’espace de coworking d’accueillir pas moins de 1 200 locataires.


Comme d’autres espaces de coworking, WeWork Montréal permet aux travailleurs autonomes et aux entreprises de louer des espaces de travail réservés sur des tables communes ou des bureaux fermés. Tous ses locataires auront accès à un réseau Wi-Fi, à des salles de réunion et, chose non négligeable, à du café et la bière à volonté. 


[Photo : Julien Brault]


À un tarif de 350 $ par mois par travailleur (pour les espaces de travail réservés), WeWork Montréal affiche des tarifs identiques à ceux de Station C (350$), mais légèrement supérieurs à ceux d’Espaces Nexus (219$) et La Gare (295$), mais à partir d’un emplacement beaucoup plus central. «On a choisi la Place Ville Marie, car c’est vraiment central et accessible; il y a deux lignes de métro et même le train», m’a expliqué Heather McCuen, directrice de la communauté de WeWork Montréal.


WeWork Montréal a déjà plusieurs locataires bien connus dans la communauté techno, dont l’école de programmation Decode MTL et le Founder Institute. Toutefois, lors de ma visite de ce matin, l’espace était loin de fonctionner à pleine capacité. Il n’y a là rien d’anormal, puisque l’ouverture officielle de WeWork Montréal est prévue pour le 1er avril.


Valorisé à 10 milliards de dollars US, WeWork se démarque toutefois de ses concurrents locaux grâce à son réseau international d’une cinquantaine d’espaces, qui abritent des locataires comme Snapchat, Instacart et General Assembly aux États-Unis.


Le mastodonte new-yorkais des espaces de coworking compte ainsi 45 000 membres à l’échelle du monde, que les locataires de chacun de ses espaces peuvent contacter grâce à son application mobile. Aux travailleurs mobiles, WeWork offre aussi l’avantage d’être en mesure de réserver une salle de réunion ou d’aller travailler dans les aires communes des autres espaces du réseau, notamment implanté à New York, San Francisco, Berlin, Londres et Tel-Aviv.


Surcapacité?


L’arrivée de WeWork à Montréal ne fera pas que des heureux. Même si la demande pour les espaces de coworking est à la hausse, mes sources m’indiquent qu’il est difficile de rentabiliser de tels espaces à Montréal.


L’arrivée des 60 000 pieds carrés de WeWork Montréal dans un marché difficile coïncide notamment avec l’ouverture de Crew Collectif & Café dans l’ancien siège social de la Banque Royale au centre-ville et de Fabrik 8, un espace de coworking de 32 000 pieds carrés situé dans le Mile-Ex.


Bref, le créneau des espaces de coworking à Montréal est appelé à devenir ultra-compétitif en 2016. On peut donc s'attendre à ce que les espaces de coworking les plus fragiles soient affectés. « C’est un marché très volatil avec des hauts et des bas; il y a beaucoup de roulement de locataires», relève Sylvain Boissé, co-fondateur d’Espace Nexus, un espace de coworking situé sur le Plateau-Mont-Royal. Ce dernier ne s’inquiète toutefois pas de la concurrence de WeWork dont les prix ne se comparent pas à ceux d’Espace Nexus, qui serait rentable.


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À propos de ce blogue

DE ZÉRO À UN MILLION est le blogue de Julien Brault, qui a fondé la start-up Hardbacon en juin 2016. L’ancien journaliste de Les Affaires relate ici chaque semaine comment il transforme une idée en entreprise. Dans ce blogue, Julien Brault dévoile notamment chaque semaine ses revenus. Une démarche sans précédent qui est cohérente avec les aspirations de Hardbacon, qui vise à aider les gens à investir intelligemment en faisant voler en éclat le tabou de l’argent. Ce blogue sera ainsi alimenté jusqu’à ce que Hardbacon, qui n’avait aucun revenu lors de la publication du premier billet, génère un million de dollars en revenu annuel.

Julien Brault

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