Le financement participatif en capital, une aubaine pour les start-ups québécoises?

Publié le 15/05/2015 à 13:52

Le financement participatif en capital, une aubaine pour les start-ups québécoises?

Publié le 15/05/2015 à 13:52

Une source de financement intéressante?

Maxime Lévesque, qui avait pris part aux consultations de l’AMF lorsqu’il était pdg du site de financement participatif Fundo.ca, est surpris de la rapidité à laquelle l’AMF a agi dans ce dossier. Néanmoins, il déplore le plafond de 250 000 $ par campagne et de 1500 $ par contribution : « Je pense qu’un plafond de 250 000$, c’est très bas pour une start-up qui souhaite se financer; avec un million, on aurait vraiment créé une alternative intéressante au capital de risque», m’a-t-il expliqué.

Sylvain Théberge, pour sa part, explique que la présente dispense vise spécifiquement les micro-entreprises et les start-ups : « Pour ces entreprises, avec la possibilité de faire deux campagnes par années, ce qui ressort de nos consultations est que c’est un montant intéressant », explique-t-il. Aussi, il précise qu’il faut mettre en perspective ce plafond, puisqu’une seconde dispense visant des entreprises plus matures devrait entrer en vigueur d’ici l’automne. Bien entendu, il faut également s’attendre à ce que les exigences réglementaires associées soient plus lourdes.

Même pour une start-up qui n’a besoin que de 250 000$, la preuve reste à faire qu’une campagne financement participatif en capital lui sera providentielle. En effet, de nombreux membres d’Anges Québec sont disposés à signer un tel chèque à une start-up à très grand potentiel, tout comme les fonds d’amorçage comme Real Ventures.

Or, ces investisseurs offrent généralement du mentorat aux start-ups qu’ils appuient et ont l’avantage de constituer un seul interlocuteur. Or, à raison de 1500$ par contributeur, une start-up qui obtient un financement de 250 000$ en faisant une campagne de financement participatif en capital se retrouvera avec un minimum de 167 actionnaires.

Scott Loong, avocat chez Gowlings et membre du conseil d’administration de la National Crowdfunding Association of Canada, soutient qu’avoir autant d’actionnaires aura un coût : « Même s’ils parlent d’une dispense pour les start-ups, ça demeure un processus sophistiqué en matière de réglementation et de comptabilité, explique-t-il. Malgré la dispense, les entrepreneurs qui empruntent ce chemin devront avoir une compréhension de base des lois sur les valeurs mobilières. »

Selon lui, le financement participatif en capital ne conviendra qu’à un certain type de projet et pas nécessairement à ceux qui peuvent se faire financer par des capital-risqueurs. Cela ne veut pas dire pour autant que les capital-risqueurs ne se trompent jamais ni qu’il est impossible qu’une licorne finisse par être engendrée par cette forme de financement.

Cela dit, tout indique que les projets qui recourront à cette nouvelle forme de financement auront un potentiel trop limité pour les capital-risqueurs, mais potentiellement, un impact local, social ou communautaire attrayant. Par exemple, un gym de quartier pourrait être financé par les résidents des environs qui souhaitent s’y inscrire ou une boutique en ligne spécialisée dans la vente d’articles désignés au Québec pourrait l’être par des designeurs québécois.

À propos de ce blogue

DE ZÉRO À UN MILLION est le blogue de Julien Brault, qui a fondé la start-up Hardbacon en juin 2016. L’ancien journaliste de Les Affaires relate ici chaque semaine comment il transforme une idée en entreprise. Dans ce blogue, Julien Brault dévoile notamment chaque semaine ses revenus. Une démarche sans précédent qui est cohérente avec les aspirations de Hardbacon, qui vise à aider les gens à investir intelligemment en faisant voler en éclat le tabou de l’argent. Ce blogue sera ainsi alimenté jusqu’à ce que Hardbacon, qui n’avait aucun revenu lors de la publication du premier billet, génère un million de dollars en revenu annuel.

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