La montre intelligente Galaxy Gear est un mauvais compromis

Publié le 23/12/2013 à 13:39

La montre intelligente Galaxy Gear est un mauvais compromis

Publié le 23/12/2013 à 13:39

J’avais eu l’occasion de manipuler la Galaxy Gear de Samsung auparavant, mais quelques minutes n’étaient pas suffisantes pour déterminer si la montre intelligente pouvait véritablement me faciliter la vie. La semaine dernière, j’ai toutefois eu l’occasion d’essayer la montre avec un Galaxy Note III, l’un des téléphones compatibles avec la Galaxy Gear. Malheureusement, sans être un mauvais produit, la Galaxy Gear est un mauvais compromis.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore le produit, rappelons que la Galaxy Gear ne fonctionne qu’avec une poignée de téléphones Samsung compatibles, avec lesquels elle se synchronise via Bluetooth. Contrairement à ses concurrentes Sony Smarwatch et Pebble, qui ont elles aussi besoin d’être liées à un téléphone, la Galaxy Gear offre beaucoup plus qu’un second écran qui affiche des notifications, sans pour autant être beaucoup plus utile.

Samsung Galaxy Gear : l’aspect matériel

Vendue 329 $ au Canada, la montre de Samsung est dotée d’un écran Super AMOLED, d’un micro, d’un haut-parleur et même d’un appareil photo de 1,9 mega pixels. On peut ainsi l’utiliser pour parler au téléphone et pour prendre des photos. Notons que cette dernière fonctionnalité fait gagner à l’utilisateur quelques précieuses secondes lorsqu’une scène digne d’être partagée se présente. Malheureusement, il n’y a aucun moyen de partager une photo prise avec la Galaxy Gear sans passer par son téléphone.

La montre renferme également un podomètre qui pourrait plaire au sportif, mais je ne suis pas sûr si ces derniers préféreront la Gear à un bracelet Nike Fuel Band ou Fitbit. 

Tandis que la Pebble a une autonomie d’une semaine, l’autonomie de la Galaxy Gear n’est que de 25 heures. Personnellement, j’ai pu attendre trois jours avant de recharger la Galaxy Gear, ce qui représente une meilleure autonomie que celle mise de l’avant par Samsung. Cela dit, je n’ai pas beaucoup utilisé l’appareil durant ces trois jours.

Lorsque c’est le temps de recharger la montre, il faut l’insérer dans une coque (qu’on peut voir à gauche, dans la photo ci-dessus) qu’on peut ensuite brancher grâce à un câble micro-USB. Cette étape supplémentaire qu’on impose à l’utilisateur a sans doute permis à Samsung de miniaturiser la montre de quelques millimètres cubes supplémentaires. Personnellement, je m’en serais passé. 

Samsung Galaxy Gear : l’aspect logiciel

Je reçois beaucoup de notifications de Twitter, mais la plupart d’entre elles ne nécessitent pas une réponse de ma part. En théorie, la Galaxy Gear aurait pu me permettre de sortir mon téléphone moins souvent de mes poches. Or, tout ce que la montre fait, c’est de m’avertir que j’ai une notification en provenance de Twitter. Je peux ensuite cliquer sur cette dernière pour faire apparaître la notification en question… sur mon Galaxy Note III, que je dois ainsi sortir de mes poches pour savoir de quoi il s’agit. Pour moi, il n’y a là aucun bénéfice. 

Du côté des applications, le choix est limité, puisque les applications compatibles doivent avoir été conçues spécifiquement pour la Galaxy Gear. On trouve malgré tout plus de 200 applications compatibles. Étonnamment, même si on ne peut pas lire un «tweet» en entier sur la montre, on peut lire des résumés d’articles par l’entremise d’applications comme celle du site de nouvelles financières MarketWatch.

D’autres applications de nouvelles, comme Zite, ne permettent que de lire les titres, puis d’afficher les articles qui nous intéressent sur notre téléphone. Cette dernière approche n’offre aucune valeur ajoutée, mais je dois reconnaître que lire sur un écran de 1,63 pouce n’est pas idéal.

L’application «Mémo vocal» de la montre est probablement la seule dont on ne peut que reconnaître la supériorité par rapport aux alternatives. En effet, lorsqu’on prend des notes, on est parfois au milieu d’une conversation ou d’une activité qu’on ne souhaite pas interrompre trop longtemps. Dans ce contexte, pouvoir prendre une note sur sa montre constitue un réel bénéfice. Qui plus est, les notes audio prises grâce à l’application «Mémo vocal» sont automatiquement converties en texte (en Français comme en Anglais), avec une fiabilité dépassant mes attentes.

Bien que Samsung nous ait habitués à des produits supérieurs à la compétition, sa montre ne nous offre malheureusement qu’un mauvais compromis entre un accessoire élégant (et donc, pas trop gros) et un véritable ordinateur. Pour ceux qui veulent un accessoire, la Pebble est sans doute un meilleur choix. Pour ceux qui veulent porter un véritable ordinateur autour de leur poignet, la montre québécoise Neptune Pine, dont la campagne sur Kickstarter vient d’amasser 800 000 $, est sans doute un meilleur choix malgré sa taille intimidante.

À propos de ce blogue

DE ZÉRO À UN MILLION est le blogue de Julien Brault, qui a fondé la start-up Hardbacon en juin 2016. L’ancien journaliste de Les Affaires relate ici chaque semaine comment il transforme une idée en entreprise. Dans ce blogue, Julien Brault dévoile notamment chaque semaine ses revenus. Une démarche sans précédent qui est cohérente avec les aspirations de Hardbacon, qui vise à aider les gens à investir intelligemment en faisant voler en éclat le tabou de l’argent. Ce blogue sera ainsi alimenté jusqu’à ce que Hardbacon, qui n’avait aucun revenu lors de la publication du premier billet, génère un million de dollars en revenu annuel.

Julien Brault

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