L'intégrité d'AdBlock est à vendre : un modèle d'affaires qui a de l'avenir?

Publié le 08/07/2013 à 11:34, mis à jour le 08/07/2013 à 12:00

L'intégrité d'AdBlock est à vendre : un modèle d'affaires qui a de l'avenir?

Publié le 08/07/2013 à 11:34, mis à jour le 08/07/2013 à 12:00

[Photo : Bloomberg]

BLOGUE. Selon Salon, tout porte à croire que Google verse de l’argent à AdBlock de manière à ce que les nombreux internautes qui ont installé sa populaire extension soient exposés aux publicités du géant de Mountain View. Compatible avec Firefox, Chrome, Opera et Android, AdBlock Plus permet de bloquer les publicités et les pop-ups. Or, par défaut, la fonction «Acceptable Ads» est activée, affichant par conséquent un certain nombre de publicités jugées acceptables. C’est afin que leurs publicités soient classées dans cette catégorie que Google et d’autres éditeurs paieraient AdBlock. 

La majorité des revenus de Google proviennent de la publicité et il va sans dire que le produit d’AdBlock ne peut qu’avoir un impact négatif sur ses activités. Le géant de Mountain View a d’ailleurs banni AdBlock Plus de Google Play, la boutique officielle d’applications associée à Android.

Que Google soit prêt à payer pour minimiser l’impact d’AdBlock sur ses activités n’a rien d’étonnant. Ce qui l’est, c’est le modèle d’affaires d’AdBlock, dont les clients deviennent les mêmes entreprises contre lesquelles elle protège en quelque sorte ses utilisateurs. Elle est aussi en conflit d’intérêts, car plus sa clientèle corporative grandira, moins son produit n’aura de valeurs pour ses utilisateurs.

Ce modèle d’affaires pour le moins tortueux n’est pas unique à AdBlock. Le site de dénonciation RipoffReport.com permet aux marchands critiqués de payer quelques milliers de dollars afin de placer un texte en haut des critiques négatives, à condition de résoudre au préalable les différends mis de l’avant par les utilisateurs.

RipoffReport.com va même plus loin, en permettant à n’importe quel marchand d’être qualifié de «Business You Can Trust » contre 90$ par mois. En échange du paiement mensuel, le marchand obtient que les commentaires de ses clients s’estimant lésés soient maintenus hors ligne durant une période de 14 jours, un délai qui vise à lui permettre de résoudre les différends avant leur mise en ligne.

Ce modèle d’affaires permet à RipoffReport.com d’être extrêmement rentable, mais le conflit d’intérêts qu’il suscite n’est pas sans soulever des questions. Après tous, les clients de l’entreprise ne sont pas les consommateurs que son site Web a pour mission de protéger, mais des marchands qui sont ou bien peu scrupuleux ou bien victimes de diffamation.

Faire payer les entreprises auxquelles on nuit; un modèle d’affaires ingénieux ou une pente dangereuse?

À propos de ce blogue

DE ZÉRO À UN MILLION est le blogue de Julien Brault, qui a fondé la start-up Hardbacon en juin 2016. L’ancien journaliste de Les Affaires relate ici chaque semaine comment il transforme une idée en entreprise. Dans ce blogue, Julien Brault dévoile notamment chaque semaine ses revenus. Une démarche sans précédent qui est cohérente avec les aspirations de Hardbacon, qui vise à aider les gens à investir intelligemment en faisant voler en éclat le tabou de l’argent. Ce blogue sera ainsi alimenté jusqu’à ce que Hardbacon, qui n’avait aucun revenu lors de la publication du premier billet, génère un million de dollars en revenu annuel.

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