Holvi, la start-up finlandaise qui veut remplacer les banques

Publié le 31/08/2014 à 14:36

Holvi, la start-up finlandaise qui veut remplacer les banques

Publié le 31/08/2014 à 14:36

Kristoffer Lawson, co-fondateur de Holvi, a accepté de nous parler de sa start-up dans le café du Cable Factory, à Helsinki.

Kristoffer Lawson, co-fondateur de Holvi, n’a pas l’air d’un banquier. Les cheveux longs, il a fait de son képi et de son franc-parler sa marque de commerce. Pourtant, la start-up qu’il a fondée en 2011 est ni plus ni moins qu’une banque en ligne, qui se démarque en automatisant la comptabilité de ses clients. Même s’il a quitté Holvi au printemps, il a accepté de me parler de son bébé dans le café du Cable Factory, un immeuble d’Helsinki où Nokia fabriquait littéralement des câbles à une autre époque.

Pour Kristoffer Lawson, le fait que les banques n’intègrent pas de logiciels de comptabilité à leur offre en ligne est une anomalie : « La seule raison pour laquelle ces deux activités sont distinctes est qu’elles ont été inventées avant l’ordinateur. »

Le service créé par Holvi à l’ère des ordinateurs permet pour sa part de générer des factures et peut même prendre en charge les transactions sur le site Web de ses clients. Et comme le logiciel fait aussi la comptabilité, on peut y voir en un coup d’œil quels clients ont payé leurs factures, de même que le bilan financier de l’organisation. Holvi est ainsi un hybride unique entre PayPal, Tangerine (anciennement ING Direct) et FreshBooks.

Selon Kristoffer Lawson, les banques générant la part de lion de leurs revenus en accordant des prêts, elles ne se soucient pas d’améliorer l’expérience utilisateur de ses dépositaires. Holvi, pour sa part, peut offrir tous les services qu’offre une banque, à l’exception d’accorder des prêts tirés des fonds de ses clients. « Notre modèle d’affaires est basé sur les frais de transactions; on consacre ainsi beaucoup d’effort à l’interface d’utilisation », explique Lawson.

Le service bancaire est pour l’instant offert en Finlande, ainsi qu’en bêta en Irlande et en Autriche. Il devrait être offert dans 19 pays de l’Union européenne d’ici la fin de l’année. Même si quiconque peut s’y inscrire, il cible avant tout les organisateurs d’événements et les organismes sans but lucratif.

C’est d’ailleurs en raison de ses difficultés à gérer les finances d’un festival que Kristoffer Lawson et ses amis ont décidé de lancer Holvi. « À l’époque, nous ne savions pas ce qui se passait avec nos finances avant que l’événement ne soit terminé depuis plusieurs semaines et c’était stupide, relate Lawson. Je pensais aussi que les petites entreprises pourraient aussi bénéficier d’un tel service. »

Holvi attend d’avoir ajouté une fonction permettant de gérer les taxes avant de cibler les petites entreprises. La start-up ne compte qu’une douzaine d’employés et, si elle semble sur la bonne voie, elle n’est pas sans rappeler la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf.

Kristoffer Lawson, pour sa part, se désole qu’il n’y ait pas davantage de start-ups dans le créneau des services bancaires, car selon lui, c’est une industrie mûre pour être révolutionnée. « Ce n’est que mon opinion personnelle, mais lors de la crise bancaire en Europe, plutôt que laisser les mauvaises banques mourir et de plus innovatrices les remplacer, les régulateurs ont sauvé les premières et resserré la réglementation, ce qui a rend l’entrée sur ce marché plus difficile pour les nouveaux joueurs. »

À propos de ce blogue

DE ZÉRO À UN MILLION est le blogue de Julien Brault, qui a fondé la start-up Hardbacon en juin 2016. L’ancien journaliste de Les Affaires relate ici chaque semaine comment il transforme une idée en entreprise. Dans ce blogue, Julien Brault dévoile notamment chaque semaine ses revenus. Une démarche sans précédent qui est cohérente avec les aspirations de Hardbacon, qui vise à aider les gens à investir intelligemment en faisant voler en éclat le tabou de l’argent. Ce blogue sera ainsi alimenté jusqu’à ce que Hardbacon, qui n’avait aucun revenu lors de la publication du premier billet, génère un million de dollars en revenu annuel.

Julien Brault

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