Des pdg le paient pour qu'il les personnifie sur des sites de rencontre

Publié le 19/01/2015 à 12:08

Des pdg le paient pour qu'il les personnifie sur des sites de rencontre

Publié le 19/01/2015 à 12:08

Guillaume Dumas, de Datective, fréquente les sites de rencontre pour séduire des femmes sous les traits d’hommes qui ont plus d’argent que de temps. [Photo : capture d'écran]

Sociologue de formation, le Montréalais Guillaume Dumas passe la plupart de son temps sur des sites de rencontre tels que OkCupid ou Réseau Contact. Pour le fondateur de Datective, il ne s’agit pas de trouver l’âme sœur, mais de séduire des femmes sous les traits d’hommes d’affaires et de professionnels qui ont plus d’argent que de temps.

« Tout a commencé lors d’une soirée en 2012, lorsqu’un de mes meilleurs amis me parlait de ses problèmes à faire des rencontres, notamment par manque de temps. À la blague, je lui ai proposé de lui trouver des dates, puis il m’a dit qu’il me paierait volontiers pour ça. » D’autres clients se sont par la suite ajoutés, si bien que Guillaume Dumas a décidé de fonder Datective en 2013. Il travaille désormais à temps plein pour Datective et retient même les services de sous-traitants pour combler la demande.

Les forfaits de services de Datective commencent à 395$. Ils comprennent tous la rédaction d’un profil et la sélection de photos. M. Dumas réalise ainsi une entrevue téléphonique avec ses nouveaux clients afin d’en savoir assez sur eux pour dresser leur profil sur les sites de rencontre les plus appropriés et les personnifier par la suite.

«Je prends des notes et j’essaie vraiment de me baser sur la personnalité du client dans les échanges», explique Guillaume Dumas. 

Ensuite, l’entrepreneur envoie des messages aux femmes qui correspondent au profil recherché par le nouveau client. Il converse ensuite avec elles jusqu’à ce qu’elles acceptent de rencontrer le client pour une date. Il rédige ensuite un résumé des échanges qui y ont eu lieu en ligne pour son client, puis ce dernier prend la relève en personne.

Pour ceux qui en ont besoin, Guillaume Dumas offre aussi des séances de coaching. Il s’agit d’aider ses clients à faire bonne impression lors des rencontres, durant lesquelles le Cyrano moderne n’est pas là pour leur susurrer des réparties piquantes à l’oreille. 

Même s’il a déjà eu quelques clientes, la part de lion de ses clients est constituée d’hommes accomplis professionnellement, qui ont souvent des critères de sélection assez précis. «J’ai des clients qui sont très sociables, pour qui j’organise entre deux et cinq rendez-vous par mois ; d’autres sont plus sévères et c’est plus long à leur trouver des dates. Par exemple, j’ai eu un client qui voulait des athlètes, comme des femmes qui pratiquent le lancer du poids.» 

Guillaume Dumas soutient qu’à sa connaissance, aucune femme n’a découvert que l’homme avec qui elle parlait n’était pas le même que celui avec lequel elle avait correspondu. « Ça se camoufle dans le fait que c’est difficile d’évaluer si ça va connecter ou non en ligne », explique-t-il. 

L’un des clients de Guillaume Dumas a toutefois fait la gaffe de dévoiler le pot aux roses de sa propre initiative. «Ça faisait quelques semaines qu’ils se fréquentaient et ça a causé la fin de la relation, relate-t-il. Je pense que c’est quelque chose qui se dirait après quelques années, mais pas nécessairement après quelques semaines.»

À propos de ce blogue

DE ZÉRO À UN MILLION est le blogue de Julien Brault, qui a fondé la start-up Hardbacon en juin 2016. L’ancien journaliste de Les Affaires relate ici chaque semaine comment il transforme une idée en entreprise. Dans ce blogue, Julien Brault dévoile notamment chaque semaine ses revenus. Une démarche sans précédent qui est cohérente avec les aspirations de Hardbacon, qui vise à aider les gens à investir intelligemment en faisant voler en éclat le tabou de l’argent. Ce blogue sera ainsi alimenté jusqu’à ce que Hardbacon, qui n’avait aucun revenu lors de la publication du premier billet, génère un million de dollars en revenu annuel.

Julien Brault

Sur le même sujet

À la une: certifié Québec

Édition du 15 Juin 2019 | Les Affaires

Cette semaine, la naissance divers programmes de promotion d'achat local, comme la certification «Bien fait ici».

À la une: le promoteur qui voulait construire autrement

Édition du 01 Juin 2019 | Les Affaires

Cette semaine, KnightsBridge est déterminée à révolutionner l’industrie de la construction.

Blogues similaires

Les salutations de Jacques Ménard... ainsi que les miennes

Édition du 30 Juin 2018 | René Vézina

CHRONIQUE. C'est vraiment la fin d'une époque chez BMO Groupe financier, Québec... et le début d'une nouvelle. ...

Comment Impak Finance a adapté sa stratégie à la réalité

26/06/2019 | Diane Bérard

BLOGUE. Cette fintech voulait lancer une banque pour financer l'économie d'impact. Il a fallu trouver un autre chemin.

Comment (enfin) savourer vos congés d'été?

21/06/2019 | Olivier Schmouker

BLOGUE. C'est qu'étrangement les Québécois ont le chic pour... rater leurs vacances!