Chronogolf, une start-up lancée avec un PowerPoint, obtient un financement de 1,5 million

Publié le 15/02/2016 à 09:09

Chronogolf, une start-up lancée avec un PowerPoint, obtient un financement de 1,5 million

Publié le 15/02/2016 à 09:09

Guillaume Jacquet (au fond, en dessous du O) et Jean-David Saint-Martin (au fond, en dessous du L) ont travaillé sur Chronogolf pendant près de deux ans les soirs et la fin de semaine, tout en travaillant à temps plein pour Teralys Capital.

La start-up montréalaise Chronogolf, qui aspire à devenir l’OpenTable du golf, vient de boucler une nouvelle ronde de financement de 1,5 million. Cette ronde, qui porte son financement total à 2,9 millions, a été dirigée par iNovia Capital, avec la participation de Telegraph Hill Capital, d’Anges Québec et de la BDC.


Ce financement permettra à Chronogolf d’accélérer son expansion, qui semble ne pas avoir dérougi depuis que la start-up a obtenu un premier financement de 1,2 million en 2014. À l’époque, seulement 10 terrains de golf avaient adopté l’outil de réservation en ligne de Chronogolf, un nombre qui s’élève aujourd’hui à 200. La start-up, toutefois, n’avait pas a eu besoin de financement pour recruter ses premiers clients, puisque ses co-fondateurs ont commencé à vendre leur produit avant même d’avoir écrit une première ligne de code.


«On est allé à l’Expo Golf de Laval avec quelques feuilles de papier et un pitch bien préparé et on a réussi à signer trois clubs de golf et, ensuite, on n’a pas eu le choix de développer le produit», relate Guillaume Jacquet, co-pdg de Chronogolf.


Suite à cette percée réalisée à peu de frais, Guillaume Jacquet et Jean-David Saint-Martin, alors professionnels de l’investissement pour le fonds de fonds Teralys Capital, se sont mis à la tâche. Sans pour autant quitter leur emploi, ils se sont associés à programmeur, et ont mis au point une première version de leur application à temps pour l’ouverture de la saison de golf.


Pour eux, ces trois premiers terrains de golf étaient avant tout un tremplin pour peaufiner leur produit avant d’aller conquérir le monde. En effet, si Guillaume Jacquet et Jean-David Saint-Martin ne savaient pas programmer, ils savaient comment identifier un marché ayant du potentiel pour une start-up grâce à leur expérience chez Teralys.


Pour eux, l’idée derrière Chronogolf n’était pas tant une mission qu’un moyen de passer du monde du capital de risque à celui de l’entrepreneuriat. C’est en quelque sorte par hasard, suite à une conversation avec son frère, un instructeur de golf, que Guillaume Jacquet a eu la puce à l’oreille. «On s’est rendu compte que l’industrie du golf était comme l’industrie des systèmes de points de vente il y a 10 ans, lance Guillaume Jacquet. En faisant nos recherches, on a appris que 40% des clubs de golf en Amérique du Nord continuaient à gérer leur club avec Excel.»


Ce ne fut toutefois pas une transition facile à concrétiser pour les deux co-pdg de Chronogolf qui, pendant près de deux ans, ont dû partager leur temps entre un emploi à temps plein et une start-up à faible croissance. «Je ne dis pas que notre logiciel n’avait pas quelques bogues, mais au moins, on était dans le marché, ce qui nous permettait d’itérer très rapidement en travaillant les soirs et les fins de semaine», relate Guillaume Jacquet. 


En décembre 2013, ils finissent par quitter Teralys Capital pour travailler sur Chronogolf à temps plein. Le saut, qui paraissait incertain à l’époque, semble aujourd’hui aller de soit. La start-up de 8 employés a aujourd’hui 220 000 utilisateurs qui ont réservé 2,5 millions rondes de golf via leur site Web.


Chronogolf est encore beaucoup plus petite que le géant américain GolfNow, qui permet de réserver auprès de 6 000 terrains de golf. Du reste, Guillaume Jacquet considère que Chronogolf a un avantage en raison de la facilité d’adoption de sa solution, qui est entièrement en ligne, contrairement à celle de son concurrent. Aussi, Chronogolf vise à croître à l’extérieur de l’Amérique du Nord, où GolfNow est très peu présent. La start-up travaille ainsi avec des terrains de golf en France et au Maroc, même si son marché principal demeure le Canada et les États-Unis.


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À propos de ce blogue

DE ZÉRO À UN MILLION est le blogue de Julien Brault, qui a fondé la start-up Hardbacon en juin 2016. L’ancien journaliste de Les Affaires relate ici chaque semaine comment il transforme une idée en entreprise. Dans ce blogue, Julien Brault dévoile notamment chaque semaine ses revenus. Une démarche sans précédent qui est cohérente avec les aspirations de Hardbacon, qui vise à aider les gens à investir intelligemment en faisant voler en éclat le tabou de l’argent. Ce blogue sera ainsi alimenté jusqu’à ce que Hardbacon, qui n’avait aucun revenu lors de la publication du premier billet, génère un million de dollars en revenu annuel.

Julien Brault

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