Cet avocat veut remplacer les huissiers de justice par une application

Publié le 17/02/2016 à 13:30

Cet avocat veut remplacer les huissiers de justice par une application

Publié le 17/02/2016 à 13:30

Amir Tajkarimi, pdg de Lexop, a dû abandonner le premier produit conçu par sa start-up en raison de la réticence des avocats à adopter de nouvelles technologies. [Photo : Julien Brault]

Amir Tajkarimi, pdg de Lexop, veut aider les avocats québécois à faire leur entrée au 21e siècle. Après un premier échec, il veut maintenant s’en prendre au fax et à son concurrent dans le milieu juridique : le huissier. Ce n’est pas une faute de frappe. Dans le monde parallèle des grands cabinets d’avocat, le fax et la livraison par huissiers sont la norme.

Cette situation est pour le moins étrange, surtout si on considère que nous sommes en 2016 et que le Québec n’est pas une région du Japon. La source de cette anomalie est un détail juridique, qui fait en sorte que l’envoi d’un document par courriel ne constitue pas une preuve admissible en cour que ledit document a été transmis, contrairement à la confirmation d’envoi d’un télécopieur ou d’un huissier.

Depuis le mois de janvier, toutefois, un assouplissement de la réglementation permet dorénavant la signification de documents par voie électronique. Un simple courriel ne suffit toutefois pas aux exigences de la loi, d’où l’idée d’Amir Tajkarimi de lancer un module pour Outlook permettant aux avocats de signifier des documents par courriel.

«Les avocats détestent utiliser de nouveaux logiciels et c’est difficile de modifier leur manière de travailler», explique Amir Tajkarimi, pour expliquer son choix technologique pour le moins étonnant à l’ère de Gmail, Dropbox et cie.

L’avocat qui travaille de jour pour la Banque Nationale en sait quelque chose, puisqu’a dû abandonner le premier produit conçu par Lexop. Il s’agissait d’un outil de gestion d’échéanciers destiné aux avocats qui, faute d’adoption, a dû être mis au rancart par Amir Tajkarimi et ses associés, qui y travaillaient les soirs et la fin de semaine depuis 2012: «Ça a fait mal au début, ça a vraiment fait chier, mais c’est la meilleure chose qui aurait pu nous arriver», lance-t-il aujourd’hui.

Le module Outlook de Lexop a été lancé cette semaine avec une clientèle initiale d’une vingtaine de cabinets d’avocats québécois. Amir Tajkarimi fait ainsi le pari qu’à 5$ du document, son outil convaincra les cabinets d’avocats de diminuer leur dépendance au bon vieux fax et aux huissiers.

Les huissiers, du reste, devraient s’en tirer indemne, puisque la livraison de documents juridiques ne constitue qu’une faible part des services qu’ils rendent. Entre autres choses, c’est encore eux qu’on enverra saisir des biens et aller signifier la partie adverse avant le début des procédures. Pour les amateurs de cinéma américain, il est à noter que cette tâche est communément illustrée au grand écran par une poursuite haletante qui se termine par un «You’ve been served!» bien senti. La réalité, comme toujours, serait moins spectaculaire, m'a confié Amir Tajkarimi.

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À propos de ce blogue

DE ZÉRO À UN MILLION est le blogue de Julien Brault, qui a fondé la start-up Hardbacon en juin 2016. L’ancien journaliste de Les Affaires relate ici chaque semaine comment il transforme une idée en entreprise. Dans ce blogue, Julien Brault dévoile notamment chaque semaine ses revenus. Une démarche sans précédent qui est cohérente avec les aspirations de Hardbacon, qui vise à aider les gens à investir intelligemment en faisant voler en éclat le tabou de l’argent. Ce blogue sera ainsi alimenté jusqu’à ce que Hardbacon, qui n’avait aucun revenu lors de la publication du premier billet, génère un million de dollars en revenu annuel.

Julien Brault

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