J'arrête de compter quand je nourris mon intellect auprès de vrais humains

Offert par Les Affaires


Édition du 06 Avril 2019

J'arrête de compter quand je nourris mon intellect auprès de vrais humains

Offert par Les Affaires


Édition du 06 Avril 2019

[Photo: 123RF]

Sérendipité. Commençons par la définition, le terme n’étant pas d’un usage quotidien : «découverte heureuse d’une chose totalement inattendue et d’importance capitale, souvent alors qu’on cherchait autre chose», nous dit l’Antidote de Druide.

Ce concept a-t-il sa place en affaires ? Il faudrait bien, puisqu’on parle «d’une chose d’importance capitale». Mais en ce siècle dominé par l’intelligence d’affaires, faire de la place à l’inattendu, ça se planifie.

Qu’on ne se méprenne pas, je suis partisane de la mesure. Femme de mots, je n’ai pas peur des chiffres, parce qu’ils racontent eux aussi des histoires, quand on sait les lire. Qu’il est confortable d’avoir des chiffres (et des tableurs, et des graphiques) sur lesquels se reposer quand vient le temps de prendre une décision !

Aujourd’hui, (très) rares sont les domaines qui résistent encore à la déferlante de la science des données. Je pensais que le réseautage faisait partie de ces exceptions. Que je suis naïve, parfois... Même cette discipline peut-être optimisée. C’est en tout cas la promesse de vente du BNI, qui fait l’objet d’un reportage d’Olivier Schmouker à lire ici. BNI, pour Business Network International, est un immense réseau mondial d’entrepreneurs et de professionnels qui a érigé le référencement mutuel en machine à générer des revenus. Au cours des 12 derniers mois, l’organisation affirme avoir permis à ses membres de conclure des transactions totalisant 15,3 milliards de dollars américains. Généralement, ses méthodes étonnent. Pour plusieurs, elles évoquent même tantôt l’armée, tantôt une secte. Une chose est sure, elles se concentrent exclusivement sur l’aspect quantitatif et mesurable de la relation d’affaires. Exit créativité et spontanéité. Cependant, pour qui ne poursuit qu’un seul objectif en réseautant, le rendement du temps investi, l’approche peut séduire. Une heure par semaine pour augmenter son chiffre d’affaires de 20%, qui dirait non ?

Pour ma part, j’ai fait le décompte : j’ai passé près de 17h sur le terrain, autrement dit en réseautage, au cours des deux dernières semaines. Rendement immédiat : un sujet de couverture en béton. Rendement futur : dur à dire. Mais en cette ère où tout se compte et se mesure, où LinkedIn me laisse croire que je peux faire des affaires avec «500+» personnes sous prétexte qu’elles sont dans mon réseau, j’adore nourrir mon intellect auprès de vrais humains, avec de vraies histoires, de vraies motivations, de vraies passions. C’est pour ça que je mets ces événements à mon agenda, pour m’exposer à la chance de faire une découverte «totalement inattendue et d’importance capitale».

En passant, ce n’est pas assise à mon ordinateur que j’ai entendu parler de BNI, un secret jusque là bien gardé. C’est au détour d’une vraie conversation avec quelqu’un que je connais vraiment.

Julie Cailliau
Éditrice adjointe et rédactrice en chef, Groupe Les Affaires
julie.cailliau@tc.tc
@julie140c

À propos de ce blogue

Julie Cailliau est éditrice adjointe et rédactrice en chef du Groupe Les Affaires, dont l’équipe de journalistes chevronnés publie le journal Les Affaires, le site lesaffaires.com et le magazine Les Affaires Plus. Elle est également présidente du conseil d’administration de la Fondation des prix pour les médias canadiens. Diplômée de l’École supérieure de journalisme de Lille, en France, Julie a pratiqué le métier de journaliste au sein de plusieurs publications françaises et québécoises. Dans une vie précédente, elle a œuvré à titre d’ingénieure en biotechnologies. Son « why », c’est d’apprendre et d’informer afin de nous permettre de faire les bons choix. La prise de conscience de l’urgence environnementale et l’émergence de l’entrepreneuriat social comptent pour elle parmi les tendances les plus réjouissantes actuellement.

Julie Cailliau

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