Pourquoi Facebook vaut 100 milliards

Publié le 30/01/2012 à 23:22, mis à jour le 31/01/2012 à 08:04

Pourquoi Facebook vaut 100 milliards

Publié le 30/01/2012 à 23:22, mis à jour le 31/01/2012 à 08:04

Le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg. Photo : Bloomberg.

BLOGUE. Cent milliards de dollars, ce n'est pas une somme dont on entend parler tous les jours. Pourtant, en une semaine, voilà deux fois que cette somme est avancée dans le domaine des technos 

La semaine dernière, on apprenait que c'est la valeur des avoirs liquides d'Apple.

Cette semaine, toute l'attention est tournée vers le possible dépôt par Facebook de ses documents d'entrée en bourse. Selon la rumeur, ceux-ci évalueraient l'entreprise à 100 G$.

Si vous êtes comme moi, avant même de connaître le bilan et l'état des résultats de Facebook, vous avez peut-être un petit réflexe qui vous dit que c'est beaucoup trop. Disons que les appels publics à l'épargne de compagnie du secteur techno n'ont pas toujours été réalistes, ce qui a probablement aiguisé la méfiance.

On dit que l'entreprise réalise déjà des bénéfices d'exploitation de l'ordre de 1,5 G$ par année. C'est beaucoup, mais loin d'être assez pour justifier une évaluation de 100 G$. À moins, bien sûr, de croire à une forte augmentation de ces profits au cours des prochaines années.

Le magazine Business Insider a justement identifié quatre arguments pouvant laisser croire que de telles hausses de profits sont possibles.

Le premier, c'est que Facebook commence à prendre de plus en plus de place dans le domaine très crucial de la génération de trafic. Si Google est aussi puissant, c'est qu'il s'agit, de loin, de la plus grande source de visiteurs sur les sites Internet. Si vous avez un site et qu'il est invisible ou qu'il « sort mal » sur Google, vous allez être le seul à y naviguer.

Pour cette raison, l'influence de Google se fait sentir partout sur le Web, de la façon dont les maquettes sont conçues jusqu'à celle dont les articles sont écrits.

Mais de plus en plus, les liens placés par vos amis sur Facebook deviennent eux aussi une source de trafic intéressante. Sur le Web, le pouvoir vient dans la capacité d'attirer des visiteurs et avec ce pouvoir vient comme toujours l'argent.

Le deuxième argument est que Facebook détient des tonnes d'informations personnelles sur vous et sur 800 millions d'autres utilisateurs. J'en parlais en début d'année. Ces renseignements ont bien sûr une valeur commerciale, mais Business Insider y voit avec justesse une valeur supplémentaire.

Partout où vous allez sur le Net, on vous demande de vous créer un compte. Et souvent, vous utilisez un faux nom, alors que le site Internet aimerait bien, pour des raisons commerciales, légales ou simplement de légitimité, avoir votre vrai. Or il y a un endroit où vous utilisez votre vrai nom, avec en boni votre vraie photo et probablement votre vraie date de naissance: Facebook.

On commence déjà à voir plusieurs sites permettre de vous enregistrer directement grâce à votre compte Facebook. Il y a là une manne pour l'entreprise.

Les deux derniers ont rapport avec la pérennité de Facebook.

On ne peut présumer de rien en termes de pérennité. La faillite récente de Kodak et les difficultés de RIM en témoignent. Mais Facebook est bien placé.

Combien d'autres sites ont tenté jusqu'à présent d’accaparer le marché de Facebook? Des dizaines. Google elle-même a tenté le coup avec son réseau social Google+, qu'à peu près plus personne n'utilise.

Ce qui rend Facebook difficile à remplacer, c'est qu'il s'agit d'un réseau et qui dit « réseau » dit nécessairement « masse critique ». Avec 800 millions d'abonnés, Facebook a depuis longtemps dépassé le seuil de la masse critique. Vos amis, vos parents, vos enfants savent ce qu'est Facebook et y sont probablement abonnés. Quand un nouveau site du même genre sort, même si vous êtes très volontaire et que vous vous y inscrivez, vous y êtes souvent très seul.

Or, quand on est seul sur un réseau social, on n'y trouve forcément pas de contenu qui nous intéresse, comme ce que font et pensent nos amis. Alors on s'en lasse et on passe à autre chose.

Bref, la barrière à l'entrée est très difficile à surmonter pour un concurrent. En fait, on peut penser que tant que Facebook ne donnera pas de raison à ses utilisateurs de se détourner d'elle, avec un abus ou une gaffe majeure par exemple, elle est pratiquement intouchable dans son créneau. Voilà qui, encore une fois, a de la valeur.

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