Le sommeil et les vacances, les clés de la performance

Publié le 11/03/2019 à 11:58

Le sommeil et les vacances, les clés de la performance

Publié le 11/03/2019 à 11:58

Un homme se tient la tête devant son ordinateur.

(Photo: 123RF)

BLOGUE INVITÉ. Peut-être faites-vous partie des heureux élus à avoir pu profiter de la semaine de relâche scolaire afin de vous reposer à la maison ? Et si c’était la semaine la plus rentable de votre année ? Vacances et sommeil ne sont pas les premiers mots qui nous viennent à l’esprit lorsqu’on pense à la performance. Et pourtant !


Redonnons-nous un peu de perspective. Le succès de l’ère industrielle est majoritairement défini en termes d’efficacité : la vitesse et la quantité composent l’ADN de la performance. Faire plus avec moins, et plus vite !


La création de valeur dans l’économie actuelle repose cependant sur des facteurs différents : non plus travailler vite, mais travailler autrement. L’idée que d’exécuter une heure de plus de votre besogne correspond à une heure de productivité n’est plus vraie dans ce contexte.


La performance et le sommeil


Imaginez gérer votre entreprise en étant constamment sous l’effet de l’alcool, avec des collègues et employés qui le sont tout autant. Impensable ! Pourtant, les études démontrent que les effets du manque de repos sur la qualité de la prise de décisions sont similaires ! C’est sans compter ses répercussions sur la santé mentale, le système immunitaire et la santé cardiaque. « Nous sommes au sommeil ce que nous avons été pour la cigarette il y a 50 ans : les données sont claires, mais le public n’est pas conscient », de dire le neuroscientifique de l’Université de Californie à Berkeley, Matthew Walker.


Le manque de sommeil affecte même les comportements non éthiques, comme si nous n’avions plus les ressources pour agir moralement ! (Barnes et al., 2011) Par ailleurs, moins le patron dort, plus sa relation avec les employés se détériore. Lorsqu’il arrive au bureau privé d’une bonne nuit de sommeil, il tend à perdre patience plus rapidement, à agir de façon abusive, et à être perçu comme moins charismatique (Barnes, 2018).


Les gestionnaires sont souvent inconscients des conséquences du manque de sommeil sur leur leadership. C’est d’autant plus vrai dans une société où être occupé et ne pas dormir peut être assimilé à une force et au succès, témoignant de notre statut important. Mais négliger le repos pour travailler plus est souvent synonyme d’activation et d’agitation, pas nécessairement de performance.


On attribue à Monsieur Talleyrand, ancien homme politique français, la citation « Va doucement, je suis pressé ! ». Dans le domaine de sportif, on traite d’ailleurs beaucoup plus sérieusement aujourd’hui la période de récupération, au même titre que celle de l’entraînement. Dans l’économie actuelle, où tout va si vite, la capacité à ralentir deviendra potentiellement un atout stratégique indéniable pour les organisations ! Qui sait si l’on ne parlera pas dans le futur non pas du droit à la déconnexion, mais du devoir de déconnexion !


Alors pour 2019, prendrez-vous votre sommeil et vos vacances au sérieux ? Pensez-y, la nuit porte conseil !


Pour poursuivre la réflexion :


-Is Not Sleeping the New Smoking? (www.bluezones.com/2019/01/is-not-sleeping-the-new-smoking/)


-Barnes, Christopher & Schaubroeck, John & Huth, Megan & Ghumman, Sonia. (2011). Lack of sleep and unethical conduct. Organizational Behavior and Human Decision Processes. 115. 169-180.


-Barnes (2018), Sleep Better, Lead Better, HBR, September-October Issue.


 

À propos de ce blogue

Ce blogue est une invitation à questionner notre rapport avec la performance à l’ère 4.0. Le monde a changé, mais est-ce que notre façon d’envisager le succès au travail a suffisamment évolué? Consultant en développement organisationnel, spécialiste du monde du travail, enseignant à HEC Montréal, et conférencier, Jean-François Bertholet met tout son cœur à explorer de grands principes, parfois contre-intuitifs, afin d’optimiser votre propre performance et celle de vos collaborateurs.

Jean-François Bertholet