Une bulle technologique dans le S&P500? (la suite)

Publié le 23/10/2020 à 13:29

Une bulle technologique dans le S&P500? (la suite)

Publié le 23/10/2020 à 13:29

Les applications sur un téléphone

(Photo: Getty Images)

BLOGUE INVITÉ. Vous avez probablement lu récemment plusieurs articles concernant le poids démesuré des titres technologiques dans le S&P500. Cette réalité n’est pas nouvelle, mais elle est clairement amplifiée actuellement. Il y a plus de 3 ans, j’ai écrit ce billet (Y a-t-il une bulle techno dans le S&P500?) sur le même sujet. À l’époque, les FAAMG (Facebook, Apple, Amazon, Microsoft et Google) représentaient 12% du S&P500. Une proportion déjà considérée comme très élevée. Imaginez, aujourd’hui c’est 22,5%! C'est presque le double. Un bel exemple qui illustre que ce qui semble anormal ou exagéré peut durer longtemps, défier la patience de n’importe quel investisseur et finalement, avec le recul, ne pas s’avérer si anormal ou exagéré.

Certains comparent la situation actuelle à la bulle technologique de l’an 2000. Plusieurs éléments sont en effet similaires comme la part des titres technologiques dans le S&P500, mais d’autres, complètement différents. On a qu’à penser aux énormes liquidités qu’accumulent ces entreprises trimestre après trimestre, à leur niveau de profitabilité enviable ou encore à l’importance de leurs activités dans notre vie de tous les jours.

Certes les évaluations sont élevées, mais elles reflètent l’effet de levier sur les profits potentiels de leur modèle d’affaires, une domination sans équivoque dans leurs secteurs respectifs (pour Facebook, Google et Amazon), un environnement de faible taux d’intérêt et un changement majeur dans l’organisation du travail depuis le début de la pandémie.

Il est tout à fait possible que l’on soit dans une sorte de bulle et que celle-ci se dégonfle rapidement avec, par exemple, l’arrivée d’un vaccin pour la COVID-19. Il est aussi possible que la représentativité actuelle des titres technologiques dans le S&P500 reflète l’importance grandissante de ce secteur dans l’économie pour les années à venir. Peu importe le scénario, quel pourrait être l’impact sur votre portefeuille d’une implosion des titres technologiques? Voici quelques chiffres pour mettre le tout en perspective.

Supposons qu’une bulle technologique existe et qu’elle est attribuable uniquement aux FAAMG (soit 22,5% du S&P 500). Supposons maintenant que ces titres sont surévalués de 30% et que le reste du marché est valorisé correctement. Supposons aussi que vous détenez un portefeuille équilibré 60% actions, 40% obligations et que votre allocation en actions américaines représente le quart de votre portefeuille d’actions. Un simple calcul montre qu’un retour à la « normale » impliquerait une perte d’environ 1,01% sur l’ensemble de votre portefeuille, soit (60% actions * 25% de S&P 500 * 22,5% de FAAMG * 30% correction). Est-ce que cette supposée bulle vous empêchera encore de dormir?

Ça ne veut pas dire qu’il faut ignorer l’état actuel du marché. Mais, il est important d’avoir une vue d’ensemble de son portefeuille. Une éventuelle correction dans le secteur technologique pourrait entraîner l’ensemble du marché dans une nouvelle correction boursière. L’impact sur votre portefeuille pourrait alors être beaucoup plus substantiel. Afin de réduire l’impact d’une éventuelle correction, et puisqu’il est très difficile de prévoir les variations à court terme des marchés, assurez-vous surtout d’avoir un portefeuille bien diversifié en tout temps.

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À propos de ce blogue

Ian Gascon est président de Placements Idema (www.idema.ca), un gestionnaire de portefeuille qui propose des solutions de placements personnalisées, à faible coût et utilisant des fonds négociés en bourse (FNB). «Les FNB démystifiés» est le premier blogue francophone dédié aux fonds négociés en bourse au Canada et Placements Idema est la première société au Canada à avoir lancé un service en ligne de gestion de portefeuille, maintenant mieux connu sous le terme «robot-conseiller».

Ian Gascon

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