Les marchés sont-ils trop chers?

Publié le 27/09/2019 à 13:52

Les marchés sont-ils trop chers?

Publié le 27/09/2019 à 13:52

Une baisse des taux d'intérêt

Pendant que la Bourse est à des sommets, les taux d'intérêt sont au plancher. (Photo: 123RF)

BLOGUE INVITÉ. Les grands indices nord-américains sont à quelques points de leurs sommets de tous les temps. Pendant ce temps, les taux d’intérêt mondiaux sont à un plancher historique. Plus de 16 billions de dollars (16 000 milliards de dollars) d’obligations dans le monde se négocient à des taux d’intérêt négatifs. Le prix des maisons au Canada ne cesse d’augmenter. Que se passe-t-il?

Tous ces éléments sont étroitement reliés. Le facteur commun se trouve à être les taux d’intérêt. Avec des taux d’intérêt au niveau actuel, il n’est pas surprenant de constater que les prix des actifs nous paraissent élevés. Ils le sont, car historiquement nous sommes habitués d’évaluer des actifs dans un contexte de taux d’intérêt plus élevés.

À consulter également: BALADO. Les obligations à rendement négatif sont à éviter à tout prix

Finance 101

En finance, le prix d’un actif représente la valeur, en date d’aujourd’hui, des profits qu’il peut générer dans le futur. Or, les profits futurs sont incertains. Il faut donc réduire la valeur de l'actif d’un certain montant pour compenser cette incertitude. Ce facteur de compensation s’exprime sous forme d’un taux d’intérêt qui tient compte de cette incertitude et des options disponibles aux investisseurs.

Ainsi, un actif qui générerait un profit probable de 10$ par année pendant 10 ans actualisé à un taux d’intérêt de 10% vaudrait aujourd’hui 61,45$, moins que la valeur des 100$ de profits prévus au cours des 10 prochaines années, pour tenir compte du risque qu’ils ne se concrétisent pas. Avec un taux d’intérêt de 5%, au lieu de 10%, ce même actif vaudrait 77.21$, soit 26% de plus. Plus le taux d’intérêt baisse, plus la valeur d’un actif augmente. C’est donc sans surprise qu’avec des taux historiquement bas, le prix des actifs puisse nous paraître élevé.

Un environnement normal?

Ce qui est surprenant, dans le contexte actuel, c’est que les taux d’intérêt sont très faibles alors que l’économie se porte bien et que les profits des entreprises demeurent élevés. En temps «normal», les taux d’intérêt seraient à la baisse afin de stimuler une économie au ralenti dans laquelle les profits des entreprises sont plus faibles, ce qui viendrait stabiliser la valeur des actifs et, par conséquent, des marchés boursiers.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer pourquoi les taux d’intérêt sont si bas mondialement. L’injection massive de liquidités par les banques centrales depuis de nombreuses années. Le faible niveau de croissance des pays développés dans un environnement économique aussi favorable. L’achat massif d’obligations par certains investisseurs institutionnels, notamment les fonds de pension, de même que l’impact déflationniste important de l’automatisation et de la technologie sur l’économie.

Bref, tout peut s’expliquer, mais ça ne veut pas dire que la situation actuelle est normale et sans risque. Si les taux d’intérêt remontent rapidement, ce cycle vertueux pourrait s’arrêter abruptement. À l’inverse, si les taux d’intérêt continuent de baisser, d’autres conséquences inattendues pourraient secouer les marchés. Enfin, le contexte économique pourrait aussi demeurer stable encore longtemps. À défaut d’avoir une boule de cristal, mieux vaut ne pas tenter de prévoir les variations à court terme des marchés.

N’hésitez pas à m’écrire si vous souhaitez que j’aborde un sujet particulier dans ce blogue. Suivez-nous aussi sur Facebook.

À propos de ce blogue

Ian Gascon est président de Placements Idema (www.idema.ca), un gestionnaire de portefeuille qui propose des solutions de placements personnalisées, à faible coût et utilisant des fonds négociés en bourse (FNB). «Les FNB démystifiés» est le premier blogue francophone dédié aux fonds négociés en bourse au Canada et Placements Idema est la première société au Canada à avoir lancé un service en ligne de gestion de portefeuille, maintenant mieux connu sous le terme «robot-conseiller».

Ian Gascon

Blogues similaires

Le secret de la réussite en Bourse

Édition du 20 Juin 2015 | Bernard Mooney

BLOGUE. Il y a deux semaines, j'ai annoncé aux dirigeants de Les Affaires que cette chronique serait ma dernière. Il ...

Canada Goose : le coup de froid

Édition du 26 Janvier 2019 | François Pouliot

CHRONIQUE. Le Canada a bon nom à l'étranger. Utilisons-le pour tenter de donner du levier à nos produits. Bonne ...

La Bourse toujours aussi ambivalente

BLOGUE. L'emploi rassure tout comme la Fed, mais tous les yeux sont fixés sur la visite de Liu He à Washington.