Le plongeon

Offert par Les Affaires


Édition du 21 Février 2015

Le plongeon

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Édition du 21 Février 2015

Photo: Shutterstock

J'ai rencontré France-Élaine Duranceau l'automne dernier. Elle avait quitté son emploi au cours de l'hiver précédent. À l'époque, elle cherchait activement une entreprise à acheter. Elle était enthousiaste et très motivée.

Je l'ai rappelée la semaine dernière. Elle était toujours enjouée. Les semaines et les mois de recherche avaient toutefois teinté son discours : « C'est difficile. Il faut vraiment de la passion et de la conviction », m'a-t-elle confié.

Pourtant, elle se considère comme privilégiée. Elle est CPA, CA, détentrice d'une maîtrise en fiscalité. Son réseau est très large. Elle a directement accès aux intermédiaires financiers qui travaillent sur les opérations d'acquisition. Et pourtant. Il y a beaucoup de gens qui cherchent, a-t-elle constaté. Et il y a un décalage entre ceux qui veulent céder le flambeau au gros prix et les plus jeunes qui veulent acheter, mais qui n'ont pas les poches assez profondes ou qui jugent le prix trop élevé. Ce constat, elle l'a fait après avoir analysé le marché. Elle a rencontré plusieurs chefs d'entreprise, pris des cafés avec beaucoup de monde.

Puis à l'automne dernier, une entreprise a retenu son attention. Elle a eu la chance de tomber sur un propriétaire plutôt sympathique : «Viens passer du temps avec nous, et si tu penses que tu es capable de mettre de l'avant tes idées, je te vends l'entreprise». C'est ce qu'elle a fait. Finalement, après analyse, elle a décidé de ne pas aller de l'avant. Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Le propriétaire sympathique a beaucoup aimé l'attitude de cette «jeune entrepreneure» chez qui il a décelé de grandes qualités de communication. Il lui a alors proposé un autre deal : être partenaire avec lui dans le domaine de l'immobilier commercial. Oui, oui, le monsieur est aussi très actif dans ce domaine...

Finalement, en janvier, soit un an après avoir commencé sa recherche, France-Élaine a accepté de «se jeter dans le précipice», comme elle dit. «Il fallait que je saute. Sinon, je serais toujours en train de prendre des cafés et de rencontrer du monde», raconte-t-elle en riant.

La morale de l'histoire? Passez à l'action. Cela ne vous conduira peut-être pas là où vous pensez. Mais quoiqu'il arrive, vous apprendrez quelque chose de votre plongeon. Et surtout, vous n'aurez aucun regret. Quant à l'économie du Québec, il y a fort à parier qu'elle soit plus prospère si nous sommes plus nombreux à plonger.

Géraldine Martin
Éditrice adjointe et rédactrice en chef,
Groupe Les Affaires
geraldine.martin@tc.tc

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