SNC-Lavalin dans le trouble


Édition du 28 Février 2015

SNC-Lavalin dans le trouble


Édition du 28 Février 2015

La GRC porte des accusations criminelles. Il n'en fallait pas plus pour que le titre de SNC-Lavalin retourne à son creux de la dernière année. Les actionnaires devraient-ils trembler ?

Il y a réellement matière à préoccupation.

Particulièrement sous deux chefs.

1 - Advenant une condamnation, quelle serait l'ampleur des pénalités financières ?

2 - Toujours advenant une condamnation, l'entreprise pourrait-elle continuer à soumissionner sur des contrats publics au Canada et à l'étranger ?

Voyons chacune des questions.

Quelle serait l'ampleur d'éventuelles pénalités ?

Dans l'éventualité d'une condamnation, SNC-Lavalin devrait payer certains montants en amendes criminelles. Rien ne garantit que l'affaire s'arrêterait là, puisqu'il pourrait également y avoir des recours civils.

D'autant que SNC a aussi été éclaboussée par la commission Charbonneau pour certains de ses agissements et que les autorités chercheront peut-être à récupérer de l'argent au nom des contribuables dans ces dossiers.

Maxim Sytchev, de Dundee, croit que toute pénalité de moins de 300 M$ pourrait être vue positivement par le marché. Sa recension des règlements intervenus dans d'autres grandes affaires de corruption fait état d'une médiane de règlement à 1,9 fois la valeur du pot-de-vin. Les accusations portées contre SNC totalisent 176 M$, ce qui pourrait placer la pénalité à 350 M$.

Des pénalités de 300 à 400 M$ ne représentent qu'environ 5 % de la valeur boursière de SNC, et cette valeur boursière semble déjà tenir compte d'une pénalité de cette ampleur.

Il y a le risque d'autres poursuites civiles, mais quelque chose nous dit que les autorités locales, à tout le moins, ne voudront pas mettre trop de pression sur SNC.

Sur ce chef donc, la menace semble déjà comprise dans les cours.

À propos de ce blogue

Diplômé en droit de l'Université Laval, François Pouliot est avocat et commente depuis plusieurs années l'actualité économique et financière. Il a été chroniqueur au Journal Le Soleil, a collaboré au Globe and Mail et dirigé les sections économiques des différentes unités de Quebecor Media, notamment la chaîne Argent. Au cours de sa carrière, il a aussi fait du journalisme d'enquête ce qui lui a valu quelques distinctions, dont le prix Judith Jasmin. La Bourse Southam lui a notamment permis de parfaire son savoir économique à l'Université de Toronto. François a de même été administrateur de quelques organismes et fondation. Il est un mordu des marchés financiers et nous livre son analyse et son point de vue sur diverses sociétés cotées en bourse. Québec inc. sera particulièrement dans sa mire.

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