Que penser des parts permanentes Desjardins?

Publié le 20/06/2012 à 09:17, mis à jour le 20/06/2012 à 09:17

Que penser des parts permanentes Desjardins?

Publié le 20/06/2012 à 09:17, mis à jour le 20/06/2012 à 09:17

[Photo : Benjamin Nantel, LesAffaires.com]

BLOGUE. Le Mouvement Desjardins y va de la plus importante émission de parts permanentes de son histoire. Devrait-on souscrire à l'émission de 1,2 G$?

La question nous a turlupiné un bon moment.

Un mot d'abord sur le pourquoi de l'émission.

Le communiqué de presse laisse entendre qu'elle a principalement pour but de permettre à la Fédération des caisses Desjardins d'augmenter ses ratios de capitalisation et de se conformer aux nouvelles ententes de Bâle III.

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Il y a de cela. Les ratios de Desjardins sont déjà nettement au-dessus de ce qui sera requis par Bâle III. Mais certaines filiales, notamment dans l'assurance, pourraient avoir besoin de plus de fonds propres dans l'avenir. D'une discussion avec la direction, on comprend qu'il y a aussi quelques projets d'acquisition dans l'air.

Fin du pourquoi. Passons maintenant au côté placement.

Est-ce intéressant pour l'investisseur?

Le versement d'un taux d'intérêt sur la part n'est pas garanti. Ni le capital qu'on y met. Il ne s'agit pas d'un certificat de dépôt.

Le produit ressemble à une action privilégiée, à l'exception qu'elle n'a pas d'échéance.

Intéressant?

Tout dépend de comment on décide d'y regarder, mais il faut bien réfléchir et on est personnellement hésitant.

Desjardins a actuellement pour politique de verser un taux d'intérêt de 4,25%. Si les taux descendent, il est possible que le taux soit abaissé. La décision est discrétionnaire. À titre de comparaison, les taux d'intérêt 5 ans et 10 ans du gouvernement du Canada sont respectivement à 1,23% et 1,69%.

Le taux de rendement est nettement plus intéressant dans le produit Desjardins.

C'est bon jusqu'à maintenant. Poursuivons.

Le Mouvement indique (à nous, pas dans le prospectus) qu'il veut aussi suivre le rendement des obligations cinq ans si jamais le rendement de celles-ci vient à rattraper le 4,25% et même à le dépasser.

Toujours intéressant. Le produit devrait normalement faire mieux que les obligations cinq ans pour un temps, et, au pire, faire la même chose par la suite.

Le problème en est cependant un de sortie. Si les taux d'intérêt des obligations canadiennes (cinq ans) viennent à grimper et à dépasser le 4,25% actuellement offert.

À ce jour, le marché secondaire des premières parts permanentes de Desjardins fonctionne bien. La part offre un rendement nettement supérieur à l'obligation, ce qui facilite grandement le recrutement d'un acheteur de part (10$) lorsqu'un investisseur veut vendre. À rendement égaux cependant, il risque de se trouver pas mal moins d'acheteurs intéressés. Et transformer sa part en argent sonnant et trébuchant devenir beaucoup plus difficile.

On ne dit pas impossible, mais chacun peut entrevoir l'importance du risque. Il y aura notamment des actions privilégiées d'autres sociétés qui, elles, continueront à offrir des rendements plus élevés que les obligations et seront plus attrayantes.

Attention, cela ne veut pas dire qu'un investissement dans une part n'est pas intéressant. Si l'on croit que les taux demeureront encore faibles pour quelques années, il y a possibilité de jouer le produit et de sortir avant que les taux ne montent trop.

L'approche est cependant de nature spéculative et n'est pas appropriée pour tous les investisseurs et tous les portefeuilles.

Un autre repère: l'Indutrielle Alliance

À propos de ce blogue

Diplômé en droit de l'Université Laval, François Pouliot est avocat et commente depuis plusieurs années l'actualité économique et financière. Il a été chroniqueur au Journal Le Soleil, a collaboré au Globe and Mail et dirigé les sections économiques des différentes unités de Quebecor Media, notamment la chaîne Argent. Au cours de sa carrière, il a aussi fait du journalisme d'enquête ce qui lui a valu quelques distinctions, dont le prix Judith Jasmin. La Bourse Southam lui a notamment permis de parfaire son savoir économique à l'Université de Toronto. François a de même été administrateur de quelques organismes et fondation. Il est un mordu des marchés financiers et nous livre son analyse et son point de vue sur diverses sociétés cotées en bourse. Québec inc. sera particulièrement dans sa mire.

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